Cimer

Valls annonce une société du grand Marseille pour les transports

À la une
Julien Vinzent_
4 Nov 2016 4

À la demande de la métropole, le plan d'investissement pour les transports devrait être mené par un outil dédié, sur le modèle de la Société du Grand Paris. En visite à Marseille, le premier ministre Manuel Valls a annoncé ce vendredi avoir donné son feu vert.

Depuis des années, les élus marseillais regardent avec envie les milliards d’euros déployés pour le réseau de transports de la capitale, le Grand Paris express. Au moment de plancher sur leur propre réseau métropolitain, dont l’ébauche a été révélée début octobre par Marsactu, ils l’ont même baptisé Métro express. Poussant plus loin le parallélisme, ils ont imaginé que ce plan d’investissement de 3 milliards d’euros sur les transports d’Aix-Marseille Provence repose sur le même outil : un établissement public dédié, à l’image de la Société du Grand Paris (SGP) qui doit servir d’accélérateur.

L’idée ne date pas d’hier. Fin 2014, la mission interministérielle confiée au préfet Laurent Théry faisait déjà du modèle francilien une source d’inspiration possible. En visite à Marseille ce vendredi, Manuel Valls a dit banco. « J’ai donné mon accord, une mission interministérielle est attelée à cette tâche », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. A six mois des élections présidentielle et législatives, l’annonce n’est certainement pas dénuée d’intérêt électoral pour une majorité qui a fait depuis 2012 de Marseille une ville symbole de son volontarisme. Elle ne s’accompagne pas d’un coup de pouce financier exceptionnel attendu de longue date.

Le principe d’une société dédiée a été défendue le 9 septembre par Jean-Claude Gaudin, lors d’un déjeuner de travail entre le premier ministre et l’exécutif métropolitain. Pour le reste, difficile d’en savoir plus sur cette future Société du Grand Marseille… qui ne portera d’ailleurs pas forcément ce nom, susceptibilités aixoises obligent. À la métropole, on précise que l’on en reste au stade de « l’intention » de la part de l’État.

À Paris, des taxes et des ventes de terrains

On peut toutefois dessiner des hypothèses à partir de la grande sœur parisienne. Côté finances, la SGP bénéficie de 500 millions d’euros de recettes annuelles venant de plusieurs taxes locales, notamment sur les locaux des entreprises. Cette idée d’une « taxe bureaux » pour la métropole marseillaise – elle n’existe aujourd’hui qu’en Île-de-France – avait été évoquée en 2013 par Patrick Mennucci (PS). Autre source de recettes, qui donne aussi une idée de l’ampleur de son rôle : la vente de terrains. En effet, cet établissement public ne se contente pas de créer des gares RER mais participe aussi à des projets immobiliers aux alentours, à l’image d’Euroméditerranée à Marseille. Rien n’interdit d’ailleurs d’élargir le champ d’action de la copie marseillaise de la SGP à d’autres aspects du projet métropolitain.

Pour voir le jour, la société parisienne a nécessité une loi spécifique, votée en 2010, pour naître .À cette occasion, elle a fait l’objet d’âpres débats entre l’État et les élus locaux pour la composition de son conseil de surveillance, c’est-à-dire son contrôle politique. Au final, malgré les accusations de recentralisation, l’État a gardé la majorité des sièges mais c’est un élu local, en l’occurrence André Santini, qui occupe celui de président.

Ceci explique peut-être pourquoi Manuel Valls est pour l’heure resté flou sur le calendrier de naissance de ce nouvel outil. « L’État attend la première mouture du projet métropolitain annoncée par le président Gaudin pour le printemps 2017 », s’est-il contenté de préciser. Un premier jalon sera posé à la fin du mois avec la présentation de l’agenda métropolitain des transports, c’est-à-dire du fameux Métro Express. Mais si la métropole et le gouvernement veulent réellement pousser le parallélisme, il leur faudra mener 4 mois de débat public sur ce projet, pour l’instant confiné aux élus et techniciens.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE SPECIALE – 2 MOIS pour 2€

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.


A la une

Crédit : Feriel Alouti
Ce musée colonial que personne ne visitera pendant les journées du patrimoine
On pourrait le surnommer le "musée caché". Pour le dénicher, il faut, derrière la gare Saint-Charles, passer les grilles de l'université Aix-Marseille, atteindre la...
Stéphane Ravier (RN) profite de la cacophonie ambiante pour lancer sa campagne municipale
Il est "candidat depuis cinq ans et demi" et il en est fier. Le soir de son élection à la tête de la mairie...
« Si on agit sur toutes les cités en même temps, on est sûr de ne rien faire »
Où en est-on du plan Intiative Copropriétés, lancé il y a près d'un an par Julien Denormandie à Marseille ? À lire Bâtiactu, ce...
La station de métro Gèze n’ouvrira pas en septembre
Martine Vassal avait raison de se refuser à avancer la moindre date. Mais son vice-président délégué aux transports Roland Blum n'a pas eu cette...
Bus secret de la RTM : on l’appelait « la clandestine »
"Je te conseille plus de prudence quant aux dates de mise en service que tu annonces." La réponse émane d'Eugène Caselli, ancien président socialiste...
Un chantier ferroviaire lyonnais éloigne le port de Marseille de ses clients
Aller vite et être fiable. Voici pour résumer le credo des ports européens pour devenir le point d'entrée des marchandises venues d'autres continents. Un...

Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire