V Marseille, un nouveau magazine à Marseille

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Pierre Boucaud
4 Jan 2013 8

A la différence d'autres grandes métropoles françaises, comme Lyon, Toulouse ou Rennes, Marseille n'a pas de magazine mensuel généraliste indépendant. Mars Mag a été arrêté il y a quelques années, et depuis rien n'est sorti, crise de la presse et arrivée du numérique obligent. Le courageux Ravi est un mensuel indépendant mais fait plus dans la satire et la politique que dans le news mag généraliste. On peut trouver quelques gratuits mais spécialisés dans la culture, comme 8ème Art, dans le people et la mode comme Côte et Toutma. Méridien Mag et Objectif Méditerranée sont eux payants et spécialisés dans l'économie régionale, et on passera vite sur Gens du sud édités par La Provence.

Du coup 5 jeunes journalistes, deux filles et trois garçons, issus de l'IUT en communication et journalisme de Lannion ont pensé qu'il y avait peut-être une place à prendre, sur la trace de leurs aînés bretons du Mensuel de Rennes. Et ont préféré le print au web : "on n'a toujours pas vu de modèle économique". L'idée est donc de proposer chaque mois (11 numéros par an), un magazine généraliste (politique, société, culture, quartier…) de 80 pages, pour 3,50 euros, sur l'actualité marseillaise et de sa région, distribué en kiosque et dans quelques libraires indépendantes.

DJ Djel de la Fonky Family et qui vit aujourd'hui aux Cinq avenues, fait la une de ce premier numéro et une belle interview où il balance pas mal sur le rap, sur Marseille 2013 : "le in et le off c'est une espèce de 69 culturel que je ne supporte pas", et sur Marseille "je vais me casser. A Paris, peut-être même hors de France (…) Mais j'ai une famille et je suis attaché à cette ville. Le Marseillais a un problème, même quand il se barre, il revient. Je suis né à Belsunce et ça me manque". La culture est assez présente, avec notamment un agenda très complet. Mennucci, Endoume, les puces sont aussi au programme de ce premier V Marseille.

C'est propre, c'est carré, un peu classique mais ça fait le job. Et ça donne envie d'acheter le prochain. Malgré tout le pari reste risqué. Les 5 fondateurs se sont regroupés au sein d'une société coopérative, une Scop afin de garantir leur indépendance. "V Marseille appartient à 100% à ses associés, tous journalistes" nous a expliqué Eric Besatti, qui vise entre 3 et 5000 exemplaires avec une dizaine de pages de publicité (2500 euros la page) pour pouvoir être à peu près rentables. "Si on arrivait à tous se payer un Smic ça serait le nirvana". C'est tout le mal qu'on leur souhaite. 

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