Transports : la métropole propose son agenda express à l’État

Actualité
Julien Vinzent_
2 Déc 2016 7

Après six mois de débats internes, la métropole a finalisé son agenda de la mobilité. Ce document, publié par Marsactu, a été présenté au ministre des transports mardi. L'État doit indiquer en mars comment il compte aider l'émergence de ce projet à plus de 3 milliards d'euros, d'ici 2025.

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Photo Charlotte Ayache

Photo Charlotte Ayache

La balle est désormais dans le camp de l’État. Mardi, le président de la métropole Jean-Claude Gaudin et son vice-président aux transports Jean-Pierre Serrus ont rencontré le ministre des Transports Alain Vidalies. Objet unique de la réunion : lui soumettre l’agenda de la mobilité métropolitaine, qui sera soumis au vote du conseil métropolitain le 15 décembre après 6 mois d’un chantier mené à rythme soutenu. “À plusieurs reprises, au sommet de l’État, on nous a dit « on va aider la métropole, mais présentez nous un projet construit », rappelait ce vendredi Jean-Pierre Serrus en conférence de presse. Le voilà !”

L’objectif affiché est ambitieux : “Doubler l’usage des transports en commun d’échelle métropolitaine et augmenter de 50% celui des transports locaux”, le tout d’ici 2025. Pour l’heure, la métropole ne souhaitait communiquer que les grandes lignes de ce document, via un dossier de presse de 10 pages… Mais le voilà, une nouvelle fois, ici !

Au fil des 84 pages, on trouve détaillé ce que Marsactu avait déjà esquissé ces dernières semaines. L’agenda vise à structurer un réseau “premium” de lignes métropolitaines – dix par car, trois en train et une en tram-train – ce qui nécessitera d’importants travaux d’infrastructures (3,45 milliards d’euros d’ici 2025, sans compter la voirie). À plus court terme, l’agenda se concentre sur la simplification pour les usagers d’un système aujourd’hui très éclaté (dénominations, agences commerciales, tarifications…). Mais qui se projette jusqu’en 2030, brasse large, entre calculateur de trajets pour les vélos, covoiturage, et même voitures sans chauffeur…

Les grandes phases de l'agenda de la mobilité.
Les grandes phases de l’agenda de la mobilité.

De l’argent, mais aussi des ingénieurs

De manière plus inédite, la dernière partie de l’agenda s’attarde sur les moyens nécessaires à la réalisation de ce plan. On pense bien évidemment aux moyens financiers, puisque la métropole est en capacité “d’investir dans le domaine des transports une centaine de millions d’euros par an”. Or, “il faut mobiliser environ trois fois ce montant pour réaliser l’Agenda”. Mais le “double défi” de l’ingénierie, des moyens humains et techniques, n’est pas à négliger :

La métropole n’est pas organisée pour réaliser dans des délais resserrés une telle quantité et une telle diversité de projets d’infrastructures. Le projet exposé par le présent Agenda est en effet d’une ampleur inédite sur le territoire métropolitain, en tous cas depuis les grands travaux qui ont accompagné l’industrialisation du littoral dans les années 60, période majeure de constitution de notre patrimoine d’infrastructures actuel.

Derrière la référence à la zone industrialo-portuaire de Fos, héritée de l’époque de l’État aménageur de Pompidou, c’est celle plus récente du Grand Paris qui est développée. “Placé face à une même double contrainte pour mettre en œuvre le projet de transport du Grand Paris, l’État l’a doté d’une structure de maîtrise d’ouvrage et de financement, la Société du Grand Paris [qui] s’apprête à réaliser en une quinzaine d’années un des plus gros chantiers de l’histoire des transports urbains en Europe”, rappelle le document. Pour lui, “sans nécessairement le dupliquer sur le périmètre de la Métropole Aix-Marseille-Provence, ce montage est une source d’inspiration”.

“Nous avons obtenu l’engagement d’être traités selon la même procédure que la métropole parisienne”, a insisté Jean-Pierre Serrus en conférence de presse. Plus qu’un gros chèque, c’est donc un ensemble qu’attend l’exécutif métropolitain si l’on en croit l’agenda : une structure dédiée, créée “sans doute par la loi”, avec “des ressources fiscales assez importantes pour couvrir les besoins dans la durée” et qui pourrait intervenir sur les autoroutes d’État afin d’y aménager des pôles d’échange et des voies réservées aux transports en commun, l’un des grands volets de l’agenda.

Calendrier express

Désormais, le dossier est entre les mains des grands corps d’État – l’inspection générale des finances, celle de l’administration et celle de l’équipement. “Une mission interministérielle, composé d’inspecteurs généraux va travailler sur la base de notre agenda et rendra un rapport d’étape au mois de mars”, a indiqué le vice-président aux transports. S’il se défend de tout doute sur la continuité de l’État, la métropole marseillaise tente assurément d’obtenir le maximum d’engagement avant l’élection présidentielle.

Quitte à zapper pour l’instant la phase du débat public, qui avait été organisé pour le Grand Paris. “Nous avons, nous les élus, la légitimité du suffrage universel pour pouvoir prendre en main dès la première année de la construction métropolitaine ce sujet qui empoisonne la vie des habitants, balaye Jean-Pierre Serrus. On aurait passé un an de plus à demander ce qui ne va pas pour aboutir aux mêmes réponses. On assume.”

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