Soutenue par Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal espère éviter la « guerre des droites »

Actualité
le 13 Sep 2019
11

La présidente de la métropole et du conseil départemental a présenté vendredi ses premiers projets pour Marseille en tant que candidate au poste de maire. Même sans investiture LR, elle l'assure, elle ira "jusqu'au bout". Comme l'autre candidat déclaré Bruno Gilles, avec qui elle le promet, elle ne veut ni d'une "querelle", ni d'une "guerre des droites".

Crédit : Raphaëlle Denis

Crédit : Raphaëlle Denis

Le secret de polichinelle n’en est plus un. Après plusieurs mois de faux suspens, Martine Vassal a annoncé sa candidature aux élections municipales, vendredi lors d’une conférence de presse organisée au musée Regards de Provence. « Je suis candidate pour l’élection du maire de Marseille 2020, déclare-t-elle, la voix tremblante. J’ai envie de me lancer, j’ai envie de servir ma ville. » Cette ville qu’elle ressent, dit-elle, « au fond des tripes » et qui a « tous les atouts pour jouer un rôle majeur ». « Mais ça ne sera pas facile, il faudra de la détermination, du courage, de la volonté d’agir et de faire », poursuit-elle après avoir plusieurs fois exprimé sa « passion » pour Marseille.

Pour le prouver, bien qu’elle n’ait pas encore dévoilé un programme précis, Martine Vassal a toutefois présenté ses premiers projets, à savoir : étendre le parc Borély jusqu’à la mer, renforcer la police municipale pour « mettre fin aux incivilités », « agir pour l’emploi » en développant notamment les nouveaux métiers liés à la transition écologique, « se réapproprier le littoral » en créant un « parc balnéaire » autour du Quai de la Lave à L’Estaque et reconstruire l’hôpital La Timone. Des projets qui font échos aux quatre axes de travail dévoilés cet été lors d’un rassemblement au Silo : « travailler, partager, respirer, protéger ». Et aux propositions des deux candidats déclarés de La République en Marche, (LREM), Saïd Ahamada et Yvon Berland. 

« Un grand renouvellement »

Jeudi soir, celle qui n’était pas encore officiellement candidate a d’ailleurs reçu les contributions de ses groupes d’experts qui affichent 300 personnes et 500 propositions. Si celles-ci se contentent de principes très généraux, elles permettent tout de même de comprendre les deux axes que la candidate entend mettre en avant lors de la campagne. La sécurité tout d’abord, « au centre de tous nos projets », précise son conseiller, le général de gendarmerie David Galtier, et le développement durable, ce dernier entendant notamment « combattre la logique du tout béton ». Ces deux thèmes ont l’avantage de coller aux discours des deux formations qui ont le vent en poupe depuis les Européennes, le Rassemblement national et Europe écologie-les Verts.

« Si j’ai demandé à ces groupes d’experts de travailler, c’est parce que je souhaitais avoir le retour de ce qu’on appelle la société civile, en réalité d’avoir le retour des gens », explique Martine Vassal. Car la candidate, qui se dit sensible au concept de « démocratie participative », le promet, il y aura « un grand renouvellement » au moment de la constitution de ses listes.

« J’y vais pour gagner »

C’est l’image d’une femme libre et indépendante qu’a tenu à mettre en avant celle qui est à la fois présidente de la métropole et du conseil départemental. Débarrassée de la logique des partis – « Marseille n’en est pas un », a-t-elle martelé -, Martine Vassal a affirmé qu’elle irait « jusqu’au bout » de la campagne, même sans le soutien des Républicains. « Je ne cherche pas une investiture« , dit-elle. En attendant, elle peut déjà compter sur le soutien du maire sortant.

Aussitôt cette candidature annoncée, Jean-Claude Gaudin a tranché en se mettant du côté de celle qui « porte pour Marseille une vision et une ambition qui la désignent clairement pour conduire au succès une liste républicaine de vaste rassemblement ». On se souvient désormais de cette phrase du maire, prononcée il y a plusieurs mois en marge d’un conseil métropolitain : « Je soutiendrai celui ou celle qui comptera le plus de mes amis sur ses listes« . Il y a quelques jours, Martine Vassal recevait le soutien de la députée LR Valérie Boyer et une contribution d’Yves Moraine, maire des 6e et 8e arrondissements.

Interrogée sur une alliance dès le premier tour avec La République en Marche (LREM), Martine Vassal n’a pas fermé la porte malgré le refus des marcheurs de sceller un accord avec Les Républicains. « Aujourd’hui, j’y vais pour gagner. Après, on verra. » D’autant que la candidate sait qu’elle se trouve sur un sentier politique étroit, avec d’un côté, Bruno Gilles, candidat du même parti avec lequel elle aura du mal à pointer des différences idéologiques, et de l’autre, un parti, certes jeune, mais qui profite d’un élan national.

Le bilan, « c’est celui de Gaudin »

Pour ce qui est des Républicains, Jean-Claude Gaudin semble vouloir ramener au plus vite la paix au sein de sa famille politique. Le maire de Marseille estime ainsi qu’« un accord doit être trouvé entre elle et Bruno Gilles [candidat déclaré depuis un an] pour que toutes nos forces soient unies ». Et d’imaginer une porte de sortie honorable pour le candidat. Sénateur depuis 2008 sur les listes conduites par Jean-Claude Gaudin, Bruno Gilles pourrait, comme lot de consolation, mener la campagne des sénatoriales de septembre 2020. « Je ne cherche pas une querelle ni une guerre des droites », promet Martine Vassal. « Bruno Gilles a fait le choix d’une carrière nationale, il est parti au Sénat et a laissé la mairie. Moi, j’ai fait du local », souligne-t-elle.

Mais l’intéressé se dit « plus déterminé que jamais », et pointe déjà par voie de communiqué le conflit d’intérêts que constitue l’entrée en campagne d’une élue déjà à la tête de deux collectivités. Ce qui est certain, c’est que Martine Vassal possède grâce à ses mandats une force de frappe sans commune mesure avec celle de Bruno Gilles. Et peut profiter des son agenda de présidente du département et de la métropole pour se faire davantage connaître et, qui sait, glisser un mot sur sa candidature…

Par ailleurs sensible au soutien du maire sortant, la candidate de droite refuse pourtant de se poser en héritière et d’assumer le bilan de la majorité. « Ce n’est pas le mien, c’est celui de Jean-Claude Gaudin, a-t-elle insisté face aux journalistes. Moi, je n’ai pas à rougir de ce que j’ai fait dans le cadre de mes délégations. » Pas même lorsque le maire de Marseille « bétonnait » volontiers « sa » ville.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Feriel Alouti
Jean-Marie Leforestier
Journaliste

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Brallaisse Brallaisse

    Servir et surtout se servir
    Pas de programme
    Je ne suis pour rien dans le bilan de Jean Claude
    C’est bien la ‘fille’, de Gaudin, c’est pas moi c’est les autres et distribution de postes à venir.

    Signaler
  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Madame Vassal, adjointe au maire « déléguée aux emplacements publics, aux marchés alimentaires et forains et aux foires et kermesses » de 2001 à 2008, puis adjointe au maire « déléguée à la qualité de la ville, l’espace public, la propreté, le pluvial, les emplacements et marchés, la gestion urbaine, le mobilier urbain et la publicité » de 2008 à 2014, puis adjointe au maire « déléguée aux relations internationales et européennes » de 2014 à 2015 n’est donc pour rien dans le bilan de Jean-Claude Gaudin.

    Donc acte. Conclusion : il faut sortir ces élu·e·s qui se vantent de n’avoir rien fait de leur mandat municipal, voire de leur délégation durant le règne du patriarche. On n’a pas besoin d’élus qui regardent et qui se défaussent, mais d’élus qui travaillent. Et qui sont cohérents avec leurs convictions, plutôt que de se découvrir une passion de dernière minute pour l’écologie, la démocratie participative, voire l’habitat indigne quand toute leur oeuvre passée n’en contient pas une trace.

    Signaler
    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      J’ajoute que lorsque je lis que le groupe « d’experts » lui a remis 500 propositions, auxquelles s’ajoute la centaine d’idées de Monsieur Moraine, je frémis : en 2014, nous avons ainsi eu droit à des myriades de propositions en forme de promesses, qui sont quasiment toutes restées lettre morte. Un programme ne se juge pas au poids et au nombre de pages, mais à sa cohérence et à ses priorités.

      Quelles sont les priorités de Madame Vassal ? Comment voit-elle Marseille dans vingt ans ? Ce sont les seules questions auxquelles elle doit répondre. Le nombre d’hectares du parc Borély ou le nombre d’agents de police municipaux, ça ne fait pas une vision globale.

      Signaler
  3. Brallaisse Brallaisse

    Rien à redire, le tableau est malheureusement exact

    Signaler
  4. Brallaisse Brallaisse

    Et j’ajoute quelle est sa position vis à vis de FO ?

    Signaler
    • Palissade Palissade

      C’est assez clair au regard de ce qu’elle fait à la Métropole : en première ligne, au côté de son DGS, et de Gaudin et Gondard, au dernier congrès du syndicat ..

      Signaler
  5. skan skan

    +1 à tout ça. Adjointe de Gaudin de 2001 à 2015, qu’elle le veuille ou non il faudra qu’elle assume le bilan de JC avant de nous enfumer avec un parc Borely jusqu’à la mer!

    Signaler
    • leravidemilo leravidemilo

      D’autant que ça risquerait de coûter un bras en matière de dépense publique, alors qu’il conviendrait de réserver celle ci aux priorités effectives et dramatiques de notre ville, par exemple les écoles, l’habitat, les transports en commun… qui ne figurent pas dans sa déclaration de candidature (pas plus que dans celle du doyen universitaire qui vient de se mettre en marche avec la gourde et le bâton).
      Pour ce qui est d’étendre le parc Borély jusqu’à la mer, nous pourrions attendre sagement que celle ci le rejoigne où il est déjà, ce qui risque d’advenir dans des délais raisonnables, et gratis!
      Et puisqu’il faut payer de sa personne, je propose que la liste unitaire gauche/collectifs citoyens ( que nous attendons de tous nos voeux), inscrive cette proposition dans son programme. Celui ci pourrait d’ailleurs débuter par un bref chapitre : »ce que nous ne ferons pas » (PPP;DSP à 35 ans; Parking longchamps, rocades supplémentaires, bétonnage …) avant d’enchainer sur les 4 ou 5 priorités à traiter, sans faire croire qu’ils pourront faire ça, et le reste!

      Signaler
  6. Raymond Dayet Raymond Dayet

    On prend les mêmes et on recommence! Madame Vassal a beau jouer les indépendantes, elle nous propose de nous retaper les Moraine, Boyer, Royer-Perraut, Bernasconi et leurs copains. Elle peut dire ce qu’elle veut, tourner les formules dans tous les sens, ce sont tous des bébés Gaudin. Ils sont tous co-responsables du bilan Gaudin et de la situation catastrophique de cette ville. Il faut quand même une sacrée dose de mauvaise foi et d’ingratitude pour dire, après 15 ans de poste d’adjoint, qu’on est responsable de rien! De 2 choses l’une; soit pendant toutes ces années elle était d’accord avec la politique Gaudin, soit elle n’était pas d’accord mais n’a rien dit par confort et suivisme aveugle? Dans les 2 cas, ce n’est pas rassurant pour l’avenir…

    Signaler
  7. Malaguena/Jeannine Malaguena/Jeannine

    elle refuse d’assumer le bilan de la majorité mais elle est bien conseillère municipale!! je l’ai écoutée sur france 3 PACA, le journaliste lui pose des questions mais rien sur son programme logement
    VASSAL : gaudin sort de ce corps

    Signaler
  8. Brallaisse Brallaisse

    Thierry Bezert a été plus brillant dans le passé. Cet entretien avec Vassal gentille de gentille

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire