Le tribunal de commerce doit examiner les quatre offres de reprise de la SNCM. Après un nouveau report la semaine dernière, les projets n'ont pas été modifiés. Emploi, flotte, financement, Marsactu les récapitule à nouveau pour vous.

Mercredi dernier, le tribunal de commerce de Marseille devait examiner les quatre offres de reprise de la compagnie maritime. L’audience n’avait finalement pas eu lieu du fait de la grève des avocats. Placée en redressement judiciaire le 28 novembre 2014, la SNCM approche dangereusement de la fin de sa période d’observation.

— Ce papier reprend les éléments de notre article du 28 octobre —

Si le tribunal de commerce ne valide aucun des plans de reprise présentés, cela pourrait aboutir à la liquidation. En juin, le tribunal avait rejeté les trois offres déposées et lancé un nouvel appel d’offres. Les candidats à la reprise avaient jusqu’au 2 septembre pour déposer un dossier. L’audience a été par deux fois repoussée. Le dernier report en date, prononcé le 14 octobre, a été demandé par le procureur alors qu’un des candidats “historiques” à la reprise, Daniel Berrebi, peinait à boucler son dossier, suite au désistement de son partenaire, la Stef.

Dans un rapport des administrateurs judiciaires de préparation de l’audience, ces derniers estiment que les quatre offres sont dignes d’être examinées par le tribunal mais qu’elles “continuent de présenter des défauts importants”. Ils évoquent notamment la faiblesse du volet social et le prix de cession trop bas. Pour tenter d’y voir plus clair dans ce dossier, Marsactu présente les points forts et faibles de chacune des offres.

Les candidats à la reprise

L’entreprise norvégienne Siem, le danois DFDS, un entrepreneur suisse, la reprise de la SNCM aura intéressé bien des groupes étrangers. Après avoir peiné à trouver des partenaires, Christian Garin revient avec un allié grec, le groupe maritime Arista, qui finalement prendrait les trois-quarts de la société créée. Après le désistement du groupe de logistique Stef, propriétaire de la compagnie qui assurait la DSP avec la SNCM, La Méridionale, Daniel Berrebi fait à nouveau cavalier seul. Seul l’offre du groupe Rocca conserve l’intégralité de la compagnie dans une même structure. L’offre Arista/Garin prévoit au contraire de la diviser entre quatre sociétés à créer. Voici le profil de chaque porteur de projet accompagné du montage futur présenté au tribunal.

 

Candidats-4

Le financement

Les montants proposés au tribunal pour racheter la compagnie maritime restent assez bas : de 3,7 millions d’euros pour Rocca à 15 pour Baja Ferries. La “faiblesse des prix de cession” fait partie des “défauts importants” retenus par les administrateurs dans leur rapport. Ils évoquent également une “relative faiblesse des ressources financières dont ils [les candidats] peuvent justifier avec certitude”. Les plans d’investissement reposent pour la plupart sur des apports en fonds propres et pour certains des engagements bancaires.

 

Des offres équivalentes sur le plan social

Emploi-2Qu’adviendra-t-il des 1450 salariés de la SNCM, qui attendent depuis un an de savoir s’ils feront partie de la suite du voyage ? Si les candidats essaient de jouer la surenchère sur le volet social, les quatre offres ne se distinguent guère en la matière.

Les effets d’annonce se sont multipliés sur le volet social. Le 16 octobre, le président de Corsica Maritima indiquait dans un communiqué qu’il s’engageait à reclasser 100 à 200 personnes au sein des 120 entreprises qui constituent le consortium”. Une mention que l’on retrouve bien dans la dernière version de l’offre déposée. Celle-ci a relevé de 95 le nombre de salariés repris par rapport à la précédente. Dans la foulée, Daniel Berrebi avait annoncé vouloir sauver 826 emplois. Dans tous les cas, entre 600 et 650 salariés n’embarqueront pas dans le nouveau bateau. Enfin, toutes les offres mentionnent le maintien du pavillon français premier registre, c’est-à-dire l’application du droit français sur les navires. Seul Baja Ferries précise une durée d’engagement de trois ans sur la question.

Les bateaux et les lignes

Les quatre offres reprennent six des sept navires de la compagnie. Le bateau le plus ancien, le Corse, datant des années 80 ne navigue plus. L’offre Rocca mentionne un remplacement du Danielle Casanova (datant de 2002) dans les deux ans pour être remplacé par un navire mixte (Ropax), capable d’accueillir des passagers et de la marchandise. Corsica Maritima mentionne dans son offre un investissement possible dans 5 nouveaux navires au GNL.

Pour ce qui est des lignes, toutes les offres sont désormais globales et concernent donc la desserte de la Corse et du Maghreb. Baja Ferries indique vouloir augmenter la fréquence de cette dernière tandis que Corsica Maritima consacrerait cinq des bateaux à la Corse et un seul sur le Maghreb et uniquement en haute saison. L’alliance Arista/Garin se concentre sur Marseille et en faisant le seul port français desservi.

Le tribunal de commerce devrait donc examiner le détail de ces offres, moins d’un mois avant la fin de la période d’observation qui pourrait toutefois être prolongée. Une course de fond pour les candidats à la reprise. Et un calvaire pour les salariés.

Article actualisé le 21 novembre avec la correction d’une erreur dans une des infographies

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Clémentine Vaysse
Ex-journaliste aujourd'hui agricultrice

Commentaires

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  1. JL41 JL41

    C’est vraiment le bordel ces commentaires, celui ci-dessous avait été publié à la suite de l’article Nexcis.

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  2. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Au moins, on connaît le programme des opposants à la métropole : “faire péter le système”. Rien d’autre ? Rien d’autre.

    On se croirait dans une cour de récréation.

    Ces pitoyables élus qui se disent républicains mais défendent ouvertement des petits égoïsmes territoriaux et la ségrégation sociale qui les accompagne me font gerber.

    Vu le oaï actuel dans les commentaires, qui apparaissent au hasard et souvent sans lien avec les articles, je précise que celui-ci porte sur l’article http://marsactu.fr/maryse-joissains-veut-destituer-le-president-gaudin/

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    • JL41 JL41

      La semaine dernière c’était le coup des majuscules. Je suis amené à me demander dans quelle estime Marsactu tient ses lecteurs, ses commentateurs et les contributeurs qui lui ont permis de renaître ?

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      Cher JL, cher électeur du 8e, chers tous,
      Croyez bien que nous regrettons autant que vous ces désagréments. Nous y travaillons activement et espérons offrir in fine un système de qualité. Nous connaissons la force des commentaires et l’importance du forum de discussion que nous avions réussi à créer durant la première période de Marsactu.
      Bien à vous,
      Jean-Marie

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    • JL41 JL41

      Cher Jean-Marie,

      Je ne voulais pas tirer sur le pianiste mais attirer son attention sur ceux venus l’écouter.

      Je viens de poster avec 5 jours de retard sur : https://marsactu.fr/les-propositions-des-candidats-pour-la-region-chef-de-file-economique/
      Vous avez perdu les liens des moteurs de recherche sur vos articles, Google notamment qui ne supporte apparemment pas la rupture du fil due à la page d’accueil du WE, un gros placard et ses petits qu’on n’a pas forcément envie de cliquer. Il faudrait garder le même standard de présentation, mais ce n’est que l’opinion d’un de vos visiteurs.

      Je reviens aux propositions économiques des candidats aux régionales. Si un tel article n’attire pas de commentaires, c’est un échec. Mais vous n’avez peut-être pas encore retrouvé vos lecteurs d’antan, qui aimaient apparemment l’anonymat. Vous disiez que vous alliez résoudre la question de l’identification trop facile des commentateurs. Je pense que si vous évitez les pseudos multiples à partir d’un même commentateur, y compris au sein des anonymes, ce serait déjà pas mal. Un possible anonymat était une des conquêtes de l’internet pour des expressions à contre-courant de l’officialité, dans laquelle le plus souvent le commentateur a un emploi. Il faut protéger les lanceurs d’alerte. Je sais que vous proposez un lien crypté dans votre cartouche de bas de page pour qu’on livre à votre rédaction des petits secrets, le plus souvent sortis de leur contexte d’interprétation. Moi je parle des contributions de vos lecteurs.

      Au fait, pourquoi cet échange avec la rédaction ne ferait pas l’objet d’un appel dans votre Agora, où il pourrait être permanent ? Nos questions, nos compliments et vos réponses.
      En espérant pas de nouvelle disparition des commentaires dans les jours qui viennent : il arrive que je réutilise les liens vers un commentaire dans un nouveau commentaire, ou pour faire connaître et lire Marsactu plus loin. Tout est ensuite brouillé et pas seulement du côté des moteurs de recherche.

      Amicalement, JL41

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  3. Trésorier Trésorier

    Ces gens n’ont aucun projet, si ce n’est poursuivre la politique délétère qui nous a amené à un tel bordel que l’Etat a du intervenir : clientélisme, campinilisme, égoïsme local, dumping fiscal, étalement urbain, artificialisation des sols, manque de HLM. ségrégation sociale et ethnique, faible attractivité en terme d’emplois, chômage, …..

    leur seul but : continuer !!!!

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