En juillet 2015, la première promotion de 16 élèves sortait de SimplonMars. Cette formation à la programmation informatique gratuite, assurée par l’École centrale de Marseille, souhaite remettre sur le chemin de l'emploi ou des études des jeunes en difficulté. Un an après la fin de leur formation, Marsactu retrace le parcours de "simplonmarsiens" de la première heure.

Il y a un an et demi, ils étaient chômeurs, travailleurs free-lance en difficulté ou intérimaires. Certains n’avaient jamais touché à l’informatique, mais ils ont tenté d’apprendre le développement de sites web en six mois avec SimplonMars, déclinaison marseillaise de Simplon.co. Gratuite, cette formation souhaite accélérer le retour ou l’accès à l’emploi de jeunes de 18 à 30 ans. Pas de condition de diplôme ou d’expérience, « seule la motivation et l’envie d’apprendre sont des critères obligatoires » selon la page de recrutement de SimplonMars.

Mais ici comme dans les autres « fabriques » de codeurs, pas de cours magistral et de professeur. L’enseignement, inspiré de la méthode agile, est organisé en projets à réaliser en groupe, avec l’aide d’un « facilitateur ». Les élèves doivent avancer par eux-mêmes, le facilitateur se contente de les orienter dans la bonne direction ou vers la documentation appropriée. La solidarité entre étudiants est primordiale, comme l’écrivaient nos confrères du Ravi en janvier 2016 à l’occasion d’un reportage à Centrale Marseille. 16 des 24 jeunes de la première promotion a suivi une formation entre mars et juillet 2015, en partenariat avec l’École centrale de Marseille. Un an après et alors que la troisième promotion est en cours de recrutement, nous avons eu envie de retracer le parcours des premiers élèves, témoignages à l’appui.

Un quart de la promotion a abandonné

Ces premiers élèves sont même devenus un sujet d’étude pour Fabien Labarthe, sociologue à l’université de Saint-Étienne. Le chercheur suit les « simplonmarsiens » depuis leurs débuts dans la formation. Auparavant, il a publié un livre consacré aux usages numériques des jeunes des quartiers populaires de Marseille, disponible en ligne gratuitement. La méthode d’enseignement utilisée à Simplon, dont l’aventure a commencé à Paris, est répandue dans le monde du logiciel, mais la formation innove en l’appliquant à des jeunes aux parcours scolaires parfois cahotiques.

« L’autodidaxie collective, c’est ce qui passe pendant la formation, explique Fabien Labarthe. L’apprentissage par le faire, la valorisation de la débrouillardise… Les stagiaires doivent aussi apprendre à s’entraider pour avancer. Tout cela constitue le modus operandi de la formation. Cette valorisation de la débrouillardise permet d’apprendre à apprendre, et c’est une bonne chose puisque dans ce domaine on n’a jamais fini de se former. Les technologies évoluent en permanence. »

Une méthode efficace pour apprendre rapidement, mais qui peut faire des dégâts. Ils étaient 24 au début de cette première session, 2 ont arrêté pour maladie et 6 ont abandonné. En tout, un quart n’est pas allé au bout. « Il y a eu du tâtonnement en fonction des attentes des stagiaires, confirme Fabien Labarthe. Certains s’attendaient à une formation plus classique. Malgré un parcours scolaire parfois compliqué, ils avaient intégré les codes de la pédagogie classique : emploi du temps fixe, cours magistraux, exercices à reproduire… D’autres, et en particulier les jeunes issus des quartiers populaires, sont moins enclins aux attentes normatives et se sont mieux adaptés. »

Être issu d’un quartier prioritaire de la métropole n’est pas obligatoire pour intégrer SimplonMars, mais constitue un critère de sélection. Sur les 24 élèves, 16 venaient de quartiers prioritaires. De même, le niveau d’études varie de l’absence de diplôme à la licence (voir ci-dessous).

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« Maintenant, la question est de savoir si ceux qui étaient plus à l’aise pendant la formation vont facilement intégrer le marché du travail, poursuit Fabien Labarthe. Ces compétences sont valorisées et valorisantes, mais il faut être capable de s’intégrer sur le marché du travail, qui est encore empreint de culture scolaire. Les diplômes sont importants, il faut en maîtriser les codes : orthographe, savoir-être, savoir s’exprimer en public… C’est là que l’insertion est plus difficile pour les gens des quartiers prioritaires. SimplonMars travaille sur ces questions, en organisant des rencontres avec des professionnels pour les étudiants. Il y a une prise de conscience que les compétences ne font pas tout.« 

4 CDI

Une fois la formation terminée, les trajectoires professionnelles de stagiaires sont suivies par le Labo sociétal, le service de Centrale Marseille en charge de SimplonMars. Mathilde Chaboche, coordinatrice du Labo, se félicite du taux d’insertion professionnelle des « marsiens ». « Aujourd’hui, plus de 70% de la promotion a un poste de développeur ou de chargé de médiation numérique, ou poursuit des études en contrat d’alternance. C’est aussi une très bonne chose car un des objectifs de la formation est de réconcilier les stagiaires avec l’école. » Un an après la fin de la formation, 4 stagiaires ont obtenu un CDI (voir détails ci-dessous).

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Pour Fabien Labarthe, « ce sont des résultats inespérés, un très bon ratio, même si ceux qui sont aujourd’hui en CDI étaient déjà un peu diplômés. On voit aussi que des gens qui avaient décroché du monde scolaire reprennent des cursus plus classiques. En gros, il y a trois modèles post-formation : l’insertion professionnelle, en CDI ou en CDD, la reprise de formation initiale et la création d’entreprise. Il est encore un peu tôt pour juger du modèle Simplon dans son ensemble, mais c’est un très bon début. »

Au-delà de la vision scientifique, nous avons aussi cherché à recueillir le point de vue des principaux intéressés. Entre contacts perdus, numéros de téléphone non attribués, nous avons retrouvé la trace de cinq simploniens de la première promo qui nous livre leur point de vue sur cette aventure.

Sébastien Le Gall, 28 ans, en CDD à l’École centrale de Marseille et à l’université de Nîmes

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Photographies issue du trombinoscope de la promo

« Avant d’intégrer SimplonMars, je travaillais en freelance dans la 3D. Je créais des visuels à la demande pour le jeu vidéo, l’animation, l’architecture… tout ce qui peut être créé en 3D. La demande varie énormément dans ce secteur, il faut un bon réseau pour en avoir suffisamment. Mais quand on sort de l’école, personne ne veut nous donner du travail tout de suite donc il faut le temps de constituer un réseau. Je suis simplement arrivé à court de commandes. J’étais dans une période de grande difficulté. La formation m’a été proposée par hasard à Pôle Emploi. J’ai vu que c’était à l’École centrale, c’est une école prestigieuse, donc j’y suis allé. 

Pendant la formation, c’était parfois un peu improvisé mais chacun a été aidé. Pour ma part, j’ai été recruté à temps partiel au service communication de Centrale. J’avais déjà des compétences en graphisme 2D. En ajoutant la programmation, j’avais le profil parfait. En parallèle j’ai créé un collectif de communication visuelle avec un autre simplonien, je profite de toutes mes compétences en image et code pour créer de la communication visuelle sur tout type de supports. Centrale nous prête des locaux, et on fait profiter les associations étudiantes de notre savoir-faire. J’enseigne la 3D à l’université de Nîmes et je vais bientôt enseigner à l’ESDAC [école de design aixoise, ndlr]. »

Iris Martin, 27 ans, en CDI chez Urban Prod

iris-martin-simplonmars« Je cherchais une formation au code depuis longtemps, pour des raisons plus personnelles que professionnelles. J’ai fait des études aux Beaux-Arts pendant un temps, mais j’avais besoin de maitriser des techniques web pour un travail personnel. Je ne pouvais pas me former à ce moment-là, j’enchaînais les jobs alimentaires. J’ai trouvé une formation intéressante à l’INFA [un organisme de formation professionnelle, ndlr] mais Pôle Emploi n’a pas voulu la financer. Puis j’ai entendu parler de SimplonMars par une connaissance. Là aussi, Pôle Emploi m’a déconseillé de la faire. Ma conseillère trouvait bizarre que ça soit gratuit. J’étais très motivée pour apprendre, c’est le critère principal pour entrer, et je n’arrivais pas à me sortir des boulots alimentaires.

C’était agréable de ne pas se retrouver dans un cadre scolaire. J’avais besoin d’un déblocage, et j’étais contente de voir que je pouvais apprendre toute seule. Je m’intéresse au langage sous toutes ses formes. J’ai donc pris le code comme une langue. Je crée des sites web autour du rapport entre code et poésie, ça peut être très visuel, textuel ou une interaction entre le texte et une animation, mais ça reste un projet personnel. Dans mon travail aussi, il y a un côté très créatif. Je fais de l’éducation au numérique dans les écoles et les prisons pour Urban Prod, une association que j’ai rencontrée grâce à un évènement de l’école. Je les ai contactés après la formation, et j’ai été embauchée tout de suite. »

Théo Desvignes, 25 ans, en recherche d’emploi

théo-desvignes-simplonmars« Au départ je suis monteur-truquiste, je réalise des effets spéciaux et je monte des vidéos. J’ai crée un collectif de communication visuelle, ça commençait à marcher mais on n’en vivait pas très bien. En fait ça a commencé à bien marcher quand on a développé une partie web. Je me suis intéressé au web par hasard, donc j’ai commencé à apprendre tout seul avec des MOOCs [des cours en ligne gratuits, ndlr] mais j’avais besoin de structure pour m’améliorer. Même si j’avais commencé à apprendre avant, je n’étais pas forcément avantagé. Au contraire, je me suis rendu compte que j’avais pris de mauvaises habitudes de code. J’écrivais sans comprendre, donc j’ai tout repris à zéro.

J’avais une appétence et un facilité de compréhension, mais certains qui n’avaient jamais fait de web m’ont rapidement rattrapé, et même dépassé. Pendant la formation, j’ai trouvé un emploi dans une start-up, mais elle a coulé 3 mois après. Le lendemain, SimplonMars m’a proposé deux jobs. J’ai été pris comme assistant formateur pour la deuxième promotion de SimplonMars. Je donnais des petits conseils et j’aidais parfois pour atteindre les objectifs, mais j’ai surtout accompagné les élèves dans les évènements pour qu’ils rencontrent les professionnels. Je devais leur vendre la formation, et ça a plutôt bien marché. Je ne rempile pas pour la troisième promotion car je suis en bonne voie pour être embauché dans une grosse société d’ici la semaine prochaine. »

Julie Bonnet, 24 ans, en CDI chez Jobinlive

julie-bonnet-simplonmars« J’ai travaillé pendant un an et demi à l’office de tourisme de La Londe-les-Maures, dans le Var, puis j’ai du déménager sur Marseille. J’ai un BTS tourisme et une licence pro en communication, mais je n’ai pas trouvé de travail. Mes compétences devenaient obsolètes. J’ai été orientée vers cette formation par Pôle Emploi, mais ce ne sont pas mes diplômes qui ont aidé ma candidature. Ce que les recruteurs attendaient c’est vraiment connaître notre motivation. On a beaucoup de travail en plus des 35 heures par semaine en classe. On n’a pas le temps de tout faire en cours, je travaillais 5 heures par jour à la maison et les week-ends : faire des recherches, tester, échouer et recommencer.

Je suis allée à tous les évènements organisés par SimplonMars avec des professionnels de la région, les forums, les cocktails… On m’a donné ma chance parce que je suis autodidacte en code et motivée, même si cette pédagogie, c’est ce qui a été le plus dur pour moi. C’était une véritable révolution. Parfois ça a été compliqué au niveau relationnel et personnel, mais ça a porté ses fruits. Il y a eu beaucoup d’abandons vers la fin, la concurrence commençait à peser et la motivation s’épuisait. J’ai avancé grâce à un petit groupe de stagiaires, on s’entraidait beaucoup. J’ai pu passer plusieurs entretiens dès la fin de la formation. J’ai été embauchée en CDD, et c’est devenu un CDI depuis plusieurs mois. »

Antoine Pradon, 27 ans, vendeur d’objets japonais

Un an apres SIMPLonMars, les nouveaux codeurs gardent les pieds sur terre 1« J’avais un contrat aidé de médiateur à Pôle Emploi avant la formation. J’ai entendu parler de SimplonMars par mes collègues de travail, qui savaient que j’ai un penchant pour l’informatique. Je suis bidouilleur, j’achetais des pièces détachées et je montais mes propres ordinateurs. Je faisais aussi du dépannage informatique pour mon entourage mais rien de professionnel.

Pour entrer à SimplonMars, il faut faire des introductions au code en ligne. J’ai testé et j’ai trouvé ça sympa. J’ai beaucoup galéré pendant la formation, j’étais à la traîne. Il y a beaucoup de travail et il faut gérer les journées de rencontres, les cocktails… J’ai eu l’impression qu’on faisait la pub de la formation. C’est dur de tout gérer, mais j’ai tout de même passé deux entretiens à la sortie. Le premier, pour une association qui fait de la médiation, n’a pas marché. C’est compliqué de rentrer dans ce milieu. Les associations ont des petits budgets et il faut avoir une grosse valeur ajoutée pour être retenu. Le deuxième était avec une grosse boîte de développement, et là je me suis planté. Ça m’a découragé. J’ai pris des vacances, puis un job alimentaire. Ils m’ont proposé un CDI mais je n’en ai pas voulu. Je suis devenu vendeur dans un magasin japonais traditionnel, complètement par hasard. Mais je ne regrette pas d’avoir fait cette formation, ça m’a beaucoup apporté. »

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Léo Caravagna

Commentaires

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  1. JL41 JL41

    « J’ai trouvé une formation intéressante à l’INFA [un organisme de formation professionnelle, ndlr] mais Pôle emploi n’a pas voulu la financer. Puis j’ai entendu parler de SimplonMars par une connaissance. Là aussi, Pôle emploi m’a déconseillé de la faire. Ma conseillère trouvait bizarre que ça soit gratuit. J’étais très motivée pour apprendre, c’est le critère principal pour entrer, et je n’arrivais pas à me sortir des boulots alimentaires. (Une des réussites sur les 16 de la promotion de 24 avant abandons).

    Cette initiative a pris corps à Montreuil en 2013 où Pole emploi l’a soutenue : « Basé à Montreuil, Simplo.Co est soutenu par Pôle emploi, la ville, la région et un certain nombre de sponsors : Après avoir gagné le Grand Prix de l’Innovation 2014 de la Ville de Paris, mention Innovation Sociale, Simplo.co ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin. » : https://munci.org/A-decouvrir-Simplon-Co-et-les-ecoles-web-de-la-seconde-chance

    Les revenus de l’école sont issus pour un tiers de la formation professionnelle, un autre tiers de financements publics (cinq écoles vont ouvrir en 2017 à Clichy, Aulnay-sous-Bois, Paris XXe et Sarcelles) et le dernier tiers de prestations fournies par Simplon Prod, une agence qui emploie d’anciens élèves. Outre les premiers locaux situés à Montreuil (Seine-Saint-Denis), une quinzaine d’écoles ont ouvert à Marseille, Roubaix, Boulogne-sur-Mer, Narbonne, Mende » : http://www.liberation.fr/futurs/2016/05/08/simplonco-on-cherche-a-fournir-un-moteur-citoyen_1451261

    Une autre des réussites parmi les 16, à moins que les interviews concernent deux années d’exercice, évoque les MOOCs, ces cours gratuits qui intéressent ceux qui ont envie d’apprendre.

    C’est là la révélation essentielle de cet article : il existe parmi les jeunes en déshérence, des acteurs de notre vie future prêts à s’engager et à faire l’effort nécessaire. Des petits nombres peut-être, mais une vraie réserve de puissance qui correspond à une attente très diversifiée des entreprises, y compris culturelles.

    Il ne semble pas en raison de ses lacunes d’information, en national ou en local, qu’un suivi vraiment scientifique soit déjà possible. Il faudrait aussi que ce suivi résulte d’une approche indépendante.

    On aimerait notamment savoir, au-delà de profils assez avisés, quel impact a cette initiative sur les décrocheurs des quartiers difficiles ? En principe on peut être admis sans avoir passé le bac et cette initiative s’adresse dans sa définition après des pouvoirs publics, à ces publics en difficulté. Je sais bien qu’un programmeur accompli aura davantage besoin de l’anglais que du latin, mais pour s’inscrire à la lettre de news il faut savoir l’anglais…

    La série de sites que l’on peut trouver sur internet consacré à cette initiative, que j’applaudis des deux mains, ne sont pas affectés par une créativité folle au niveau du design et de l’ergonomie. On sait d’expérience que c’est très rarement une vertu des purs informaticiens du web. C’est comme ça. Mais à la Friche peut-être saurait-on développer une initiative analogue avec des grapheurs comme on en présente de temps et un langage construit vers des jeunes plus éloignés des normes en usage ?

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  2. JL41 JL41

    On est bien sur un bon créneau, même si la question de la récupération des décrocheurs des quartiers restés trop longtemps à l’abandon, par l’école puis la formation reste entière.

    « En août, les offres d’emploi publiées sur le site Apec.fr depuis un an sont en hausse de 6%. Certaines fonctions dans l’informatique sont en plein boom.
    L’emploi des cadres est toujours dynamique, selon l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). D’août 2015 à août 2016, près de 793.000 offres d’emploi ont été diffusées sur le site Apec.fr. Un chiffre en hausse de 6% comparé à la même période un an plus tôt. Le premier vivier concerne les fonctions commercial/marketing (27% des offres), un secteur où les offres progressent de 4% sur un an. L’informatique arrive juste après, avec une croissance des offres encore plus nette, de 5%. Certaines fonctions, comme l’informatique web (+13%) et l’exploitation et la maintenance (+17%) sont même en plein boom. Rien d’étonnant à l’heure de la révolution numérique. »
    http://www.lefigaro.fr/emploi/2016/09/21/09005-20160921ARTFIG00010-emploi-des-cadres-quels-sont-les-metiers-les-plus-porteurs.php

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