« Sans alliance entre sociaux-démocrates et révolutionnaires, pas de victoire possible ! »

Actualité
le 17 Déc 2019
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Alors que la gauche marseillaise peine à sortir de ses divisions, le secrétaire départemental du Parti communiste, Jérémy Bacchi, recevait la presse ce lundi. L'occasion de commenter la stratégie adoptée à Marseille, mais aussi dans d'autres villes des Bouches-du-Rhône.

« Qui aurait cru que le PCF aurait une position centrale dans des élections municipales ? » Le secrétaire départemental du PCF Jérémy Bacchi voit-il juste ou prend-il ses rêves pour une réalité à propos des municipales marseillaises ? Une chose est sûre, le député de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a bien placé sa formation sur le devant de la scène en indiquant faire du PCF son interlocuteur principal pour travailler à la construction d’une nouvelle union à gauche en cas d’impasse avec le Printemps marseillais. Aux yeux de l’ancien candidat à la présidentielle, un rassemblement alternatif sans le PS pourrait aussi intégrer Europe écologie-les Verts ainsi que le Pacte démocratique, regroupement de militants associatifs décidés à participer aux prochaines élections. Au cours d’une conférence de presse, Jérémy Bacchi a répondu à l’invitation des Insoumis et répondu aux questions sur les autres villes du département.

« Deux choix », une assemblée générale

Jérémy Bacchi se veut « le garant de la démocratie au sein de son parti ». Il explique donc vouloir laisser aux adhérents le choix. « Je ne peux pas faire comme s’il n’y avait pas aujourd’hui deux choix » à Marseille, se justifie-t-il. Une assemblée générale aura donc lieu « début janvier » pour déterminer la stratégie du PCF dans la première ville du département. « Si on est au centre, c’est pas parce qu’on a fait 15 % aux élections, c’est parce qu’on est unis », assure Jérémy Bacchi. Alors, après cette AG, la discipline sera de mise : « Les militants n’iront pas à la pêche, ils n’iront pas d’un côté et de l’autre, ils suivront le choix collectif ». Pour Jean-Marc Coppola, porte-parole des communistes marseillais et membre du comité politique du Printemps marseillais, la bonne option est de suivre ce dernier : « On reste bien campé. Une autre liste pour quoi faire ? Pour diviser, partir en biberine et laisser un boulevard aux libéraux ? Non, c’est trop précieux ce qu’on a construit jusqu’à présent », plaide le conseille municipal.

Sociaux-démocrates et révolutionnaires

« Si on trouve un point d’équilibre avec la FI mais qu’on perd le pôle social-démocrate, ça revient au même ! Sans alliance entre ce pôle social-démocrate qu’incarne Benoît Payan [le président du groupe PS au conseil municipal, ndlr] et le pôle révolutionnaire que nous incarnons et dont la FI se revendique, il n’y a pas de victoire possible ! », assure Jérémy Bacchi. Pour apaiser les craintes d’une hégémonie du PS au sein de l’union à gauche, il dessine un chemin d’accord qui pourrait faire du favori à la tête de liste au sein du Printemps marseillais, Benoît Payan, « un maire minoritaire dans sa majorité ». En clair, il s’agirait de faire en sorte que les conseillers municipaux socialistes soient minoritaires dans un futur groupe municipal : « Si le PCF ne vote pas le budget, et qu’au bout, ça le bloque, le maire n’a pas d’hégémonie ! »

« On a perdu du temps »

Le Printemps marseillais jure beaucoup travailler en son sein autour de ses commissions thématiques mais tarde à apparaître dans l’espace public, hormis une récente campagne d’affichage et quelques réunions de quartier. « On a perdu du temps, on aurait dû avancer un peu plus vite », constate-t-il en admettant que « tant qu’on a pas d’accord sur les têtes de liste, ça pousse chacun à tenir un discours très consensuel ».

Le « en même temps » istréen

« Ce sont les communistes qui sont sur le terrain qui ont la souveraineté. » Jérémy Bacchi apparaît embarrassé du soutien de son parti au maire sortant d’Istres François Bernardini, objet d’une garde à vue les 10 et 11 décembre dans le cadre d’une enquête du parquet national financier. « Sur Istres, la population semble toujours attachée à son maire et à sa gestion », note-t-il tout en admettant « une contradiction » entre cet attachement à des maires en proie à la justice et l’exigence croissante d’éthique chez ses militants. « Je suis pour que justice passe », assure-t-il.

La dure succession gardannaise

Pour lui, c’est « la tristesse » qui prédomine à Gardanne. « La tristesse de voir un maire depuis 1977 choisir un candidat qui dit qu’il n’est ni de droite ni de gauche ». Jérémy Bacchi s’est affiché auprès du candidat désigné par le Parti communiste pour tenter de conserver la mairie de Gardanne, le conseiller départemental Claude Jorda. Roger Meï persiste lui à soutenir son deuxième adjoint Jean-Marc La Piana.

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Commentaires

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  1. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Ptain, un mec sensé. Sera-t- il entendu ?

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  2. Renaud Marie Leblanc Renaud Marie Leblanc

    Enfin un argumentaire clair

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  3. eFrançoise eFrançoise

    Eh voilà comment on en arrive à soutenir B Payan comme tête de liste, plutôt qu’un canditat issu des collectifs citoyens.
    Comment vous disiez avant au fait…ah oui « sossiflard »

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    • Opiniatre Opiniatre

      « Un candidat issu des collectifs citoyens » a t’il une seule chance d’être élu, de convaincre 51% des électeurs ? Comment le ferait-il quand vous et moi, qui suivons cela de près, sont incapables de mettre un nom sur votre définition ? Est-il en capacité de gérer 1 milliard d’euros et 15000 employés ? Voulez-vous une alternance à la tête de cette ville ou juste faire une campagne avec les quelques milliers de personnes qui vous sont proches ?

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      @Opiniatre
      J’ai envie de vous répondre : cela dépend du candidat, ou de la candidate, qui serait proposé. Je ne tiens pas pour acquis qu’un conseiller municipal et départemental, quel que soit ses talents, son enthousiasme et sa proximité avec mes propres convictions, est le mieux placé pour administrer une collectivité de la taille de la ville de Marseille dès lors qu’il reste relativement inexpérimenté. Avoir siégé au Conseil municipal donne sans doute une meilleure connaissance des dossiers que le citoyen lambda, mais ne garantit pas que les compétences requises en matière financière ou de management sont acquises et que cette personne serait opérationnelle dès le mois de mars.
      Donc si la question est : Benoît Payan est-il le plus compétent pour être maire de Marseille ? Je n’en sais rien puisque je n’ai pas d’élément de comparaison, mais il est hautement vraisemblable qu’il existe dans cette ville plusieurs personnes qui pourraient rivaliser. Problème : elles n’ont pas été détectées ou ne se sont pas manifestées à ce jour.
      Si la question est : Benoît Payan est-il celui qui a le plus de chances d’être élu parce qu’il est le plus connu (ou le moins méconnu des noms qui circulent car de nombreux Marseillais ne le connaissent pas encore,) ce n’est pas sûr non plus. La notoriété est évidemment un critère très important, mais pas le seul. L’aptitude à rassembler est le deuxième critère. Je constate – à regret – qu’après des mois d’efforts, il a malheureusement échoué sur ce point puisque les écologistes sont partis seuls, qu’une partie non négligeable du PS ne le soutient pas et que la FI se divise aussi sur son nom. Quant aux autres partis qui composent le Printemps Marseillais, hormis le PC, ce n’est pas leur faire injure de dire que leur poids électoral est relativement négligeable.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Si une personnalité fédératrice – et tentée par la candidature – issue de la « société civile » existait, elle aurait émergé ces derniers mois, depuis le temps que tout le monde palabre avec tout le monde. Si on la cherche encore, c’est qu’elle n’existe pas, ou pas encore. On ne va tout de même pas mettre en tête d’affiche un parfait inconnu juste parce que c’est le plus petit dénominateur commun : autant solliciter Michel Pinard tout de suite !

      Et donc, comme il n’y a aucune solution qui mette tout le monde d’accord, on est dans la m…

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    • leravidemilo leravidemilo

      A force de nous resservir, et ce depuis le 24 juillet (article: « B Payan représentera le PS dans le projet d’union de la gauche à Marseille »,)la même soupe, comme quoi le plus » rassembleur « pour Marseille est forcément un ponte du P »S » tendance canebière (!!!) et que B Payan il « incarne » et que lui il sait (dire, faire, compter, gérer…). A force de ce leitmotiv servi ad nauseaum par ceux qui savent « tourner la page », quand accepterez vous @opiniatre, de bien vouloir nous éclairer sur un des nombreux angles morts de votre «  »raisonnement » » : A partir d’où, « Un candidat issu des collectifs citoyens » « est il en capacité de gérer », de compter quoi : 500 millions d’euros et 10 000 employés ? 100 Millions d’euros et 1000 employés ? 10 000 euros et 100 employés, 1000 euros et 10 employés? … je continue, pour que vous trouviez la bonne case à cocher? Nooonn j’arrête, car vous n’oseriez quand même pas hein, même si l’on a bien compris (depuis le 24 juillet), en tous cas pour ceux qui ont pu s’accrocher à votre prose, qu’un candidat (« issue ») des collectifs citoyens était forcément, de par cette origine, un inculte, un quasi analphabète, un incompétent, et dans le meilleur des cas quelqu’un de fort limité, sans commune mesure avec votre génie de l’étoile!
      Votre raisonnement est caractéristique du cloaque idéologique dans lequel 70 années de coalition defferriste du P »S » tendance canebière et de la gaudinesque équipe ont plongé cette ville, nombre de ses habitants, la quasi totalité des élus ayant officié et de leurs clients. Il sent le mépris le plus complet, il refoule la technocratie la plus incompétente (celle de la cogestion avec la force obscure), il coince, il pue le marigot….
      Vous pouvez, autant de fois que vous le voulez, « tourner la page », vos doigts resterons collés dans la même mrdre!

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Oui, on y est. Benoît Payan sera évidemment candidat, avec ce qu’il restera du printemps Marseillais en janvier, et ses adversaires seront nombreux : EELV, Samia Ghali, des listes Guerini dans le 2-3 et le 13-14 et possiblement une autre liste FI-citoyenne, sans compter les listes LREM qui mordront sur l’électorat socio-démocrate. Où comment transformer l’or électoral (un potentiel de 30 à 40 % des suffrages) en plomb

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  4. mada mada

    Bon, ben, comment dire, le Printemps Marseillais sous la houlette de Payan avec l’appui du PCF va nous refaire l’union de la gauche à l’ancienne. Bla bla bla sur la citoyenneté mais surtout pas de discussion avec le Pacte. La période de lutte que nous vivons mérite mieux que la remise en selle du PS surtout à la sauce Marseillaise.

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  5. Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

    L’idée de désigner un maire issu d’un groupe minoritaire au sein du Conseil municipal est aussi stupéfiante qu’invendable aux électeurs. Allez leur expliquer qu’ils ne voteront pas pour une liste PS en choisissant le Printemps Marseillais, mais qu’ils auront un maire PS quand même. Bon courage.

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  6. leravidemilo leravidemilo

    Jérome Bacchi a bien raison de constater que son parti se retrouve au centre, même si, à la lecture du communiqué de la F.I (« Avis à la population ») j’ai cru comprendre que le(s) partenaire(s) principaux étaient le Pacte Démocratique et le PC, ce dernier étant le partenaire prioritaire dans l’ordre de la concertation. Même si cette situation semble fort temporaire. Même si il aurait pu (dû) se fendre, dans la foulée, d’une phrase du genre : cela accroit d’autant nos responsabilités…
    Quand on est au centre, il importe de bien réfléchir à comment y rester, mais aussi à comment en sortir, par le haut et dans la clarté et la pertinence du choix, ou par le bas…Et personne ne contestera que c’est bien aux adhérents d’y songer, et de trancher.
    Mais, suite à cette belle introduction de Bacchi, voila t il pas que Coppola vient tout de suite gâcher l’ouvrage, en dégainant sa (la?) réponse, comme une évidence toute prête, et même comme s’il s’était posé bien avant la question pour l’avoir déjà toute prête la réponse… Peut être ferait t il bien de prendre le temps d’y songer à deux reprises avant que de tracer ainsi le chemin au adhérents marseillais.
    Et même peut être se songer aux élections municipales de 2014, au niveau national, pour lesquelles le choix (quelque peu apeuré) du PC de s’allier à la carte ,ici oui là non, au P »S », a contribué plus que tout à la fin du front de gauche; et ainsi rendu possible, et même nécessaire, la création de la F.I, amplifiant quelque peu et encore le processus de marginalisation de son parti…

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  7. Titi du 1-3 Titi du 1-3

    Greboble – Isère – france, c’est si loin ? un petit stage d’initiation pour les futur·e·s vautré·e·s marseillais·es s’impose.

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Oui, mais il nous manque un·e Piolle ici.

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    • Laurent Malfettes_ Laurent Malfettes_

      Cotisons nous pour embaucher un chasseur de tête pour 2026. Il ne faut pas trop compter sur les partis pour débusquer la perle rare puisqu’ils n’acceptent de chercher que dans leurs rangs, qui sont plutôt clairsemés. Et quand on ne fait pas un bon « sourcing », on identifie rarement le plus qualifié…

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    • Titi du 1-3 Titi du 1-3

      C’est sûr que Barles ou Camard, comment dire….
      Titi ex-adhérent EELV (pas longtemps)

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  8. manudu83 manudu83

    Le propre d’un candidat(e) de compromis c’est de ne satisfaire personne à 100%, mais manifestement chacun voudrait son candidat idéal, c’est donc peine perdue.

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  9. Raymond Dayet Raymond Dayet

    on n’a beau nous mettre un petit jeune tout neuf devant comme ce M. Bachi, le problème c’est qu’on voit vite la réalité revenir au galop: M. Coppola, toujours là, fidèle à lui même, qui vient nous prôner la bonne ville union de la gauche où on retrouve toujours les mêmes et les mêmes méthodes. Faut qu’ils arrêtent avec leur Printemps fané. Ils voient pas que personne en veut de leur trio infernal Payan, Camard, Coppola: ça fait fuir tout le monde. Les verts sont partis, la LFI se sauve et le Pacte démocratique s’enfuit. Bien joué!

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