En janvier, les Martégaux monteront dans des bus RTM

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Julien Vinzent_
30 Sep 2016 5

Bus du soleil puis Ulysse : le réseau de transports de Martigues carbure depuis toujours au public. Pour éviter un passage au privé, le maire Gaby Charroux est prêt à accepter l'arrivée d'une filiale de la RTM, harmonisation métropolitaine oblige. Un pas de plus pour la régie dans son extension hors de Marseille.

La régie des transports marseillais devrait devenir un peu plus celle de la métropole en janvier prochain. La RTM est pressentie pour exploiter à partir de cette date les 12 lignes de Martigues, Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts, les anciens « Bus du soleil ». « Ça ne me fait pas plaisir, car nous avions jusqu’à présent une gestion publique de proximité », avertit Gaby Charroux, maire PCF de Martigues. Sur ce sujet comme sur d’autres, la métropole s’impose à lui malgré son opposition, passée et présente.

Depuis le 1er janvier 2016, Aix Marseille Provence est la « patronne » unique des réseaux d’Aix, Aubagne, Salon, Vitrolles, Istres, Martigues… Tous étaient exploités par des compagnies privées, dont les contrats perdurent… sauf Martigues, qui avait sa propre régie des transports, la RTU. « Il semble qu’il soit compliqué juridiquement de garder deux régies au sein de la métropole. Pour nous, la priorité est de conserver un mode de gestion en régie publique, on s’opposera au passage au privé. La RTM serait donc un moindre mal », commente Gaby Charroux.

Le vice-président de la métropole délégué aux transports Jean-Pierre Serrus précise qu’il ne s’agit pour l’heure « que d’un projet » qui n’a pas encore été voté en conseil de métropole. Gaby Charroux doit le rencontrer « d’ici 8 à 10 jours », ainsi que le directeur général de la RTM Pierre Reboud, pour régler ce dossier.

Une filiale « RTM Ouest-métropole »

Afin d’ouvrir la voie, le conseil d’administration de la RTM a voté le 8 juillet la création d’une filiale, la RTM Ouest-métropole. Ce schéma éviterait à la centaine de salariés martégaux, « une goutte d’eau par rapport aux milliers de la RTM », d’être noyés dans cette dernière. « Les conventions collectives se ressemblent, le mariage social ne serait donc pas trop compliqué », rassure Gaby Charroux. Un vote au prochain conseil métropolitain devrait entériner le processus.

Derrière les points techniques et juridiques, ce changement illustre la montée en puissance progressive de la métropole. Avant l’ouest, une première filiale, la RTM Est-métropole, a repris en 2014 le réseau de La Ciotat auparavant confié au privé… « Pour la première fois dans sa longue histoire, la RTM va franchir les collines qui entourent Marseille », lançait alors son directeur général Pierre Reboud. L’opérateur public restait toutefois dans les limites de la communauté urbaine de Marseille, son autorité de tutelle. Le voici rendu sur la rive ouest de l’Étang de Berre. « On reste à l’intérieur de notre périmètre, qui est maintenant celui des 92 communes de la métropole », pose Maxime Tommasini, président du conseil d’administration. En poste depuis 2014, l’élu des 9e et 10e arrondissements ne manque pas cette occasion de promouvoir « son » entreprise :

Comme je le dis à tous les maires de la métropole, qui ont souvent des idées sur la RTM, nous mettrons son savoir-faire à disposition de tous. Il y a une grande compétence dans cette entreprise, qui a su transporter 25 000 personnes par heure pendant certains matches de l’Euro.

De quoi préfigurer d’autres extensions ? En 2014, Pierre Reboud avait clairement dans la ligne de mire l’ex-agglo d’Aubagne, où le contrat de Transdev arrive à échéance en 2017. Maxime Tommasini refuser de s’avancer sur ce terrain : « C’est la métropole l’autorité organisatrice, rappelle-t-il. Ces dossiers se gèrent entre son président et le maire. »

Un réseau toujours public-privé

RTM Ouest metropole 1
Capture de la partie martégale du réseau Ulysse.

En attendant, le réseau de Martigues est un plus gros morceau que celui de La Ciotat, mais très loin des 166 millions de voyageurs annuels de la RTM. Comme à Marseille, il dispose d’une navette maritime, mais a surtout un projet de bus à haut niveau de service (BHNS) sur la ligne Martigues – Port-de-Bouc, dont la version standard est très prisée. « Depuis 2012, sa fréquentation a grimpé de 87%, à 800 000 passagers par an », souligne Gaby Charroux.

2012, c’est la date de lancement du réseau Ulysse, en association avec les six villes voisines du SAN Ouest Provence, dont Istres, Fos et Miramas. Derrière le nom imprononçable de SMGETU (pour syndicat mixte de gestion et d’exploitation des transports urbains Ouest-Étang de Berre), ce réseau commun a permis de faire bénéficier les usagers de billets et d’abonnements uniques et d’un début d’harmonisation des lignes.

En revanche, la moitié istréenne d’Ulysse échappera à la RTM. Le contrat des Autocars Alizés, une filiale du groupe Transdev, a été renouvelé pour quatre ans le 21 décembre 2015, dix jours avant la naissance de la métropole…

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