Robert Assante tête de liste de Bruno Gilles dans le 11/12 ou le retour du revanchard

Actualité
le 22 Oct 2019
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Après l'annonce par Martine Vassal du choix de Valérie Boyer pour représenter sa liste dans les 11e et 12e, Bruno Gilles réplique et présente Robert Assante son prédécesseur à la mairie de secteur. Habitué des hauts et bas de la droite locale, l'ancien proche de Gaudin repart au combat.

L'enjeu

Avec Robert Assante, Bruno Gilles présente sa première tête de liste dans un secteur, celui qui regroupe les 11e et 12e arrondissements. Il tient là un fidèle du maire, régulièrement en dissidence.

Le contexte

Les deux candidats estampillés Les Républicains se lancent depuis plusieurs jours dans une campagne de terrain. Ils ont tous les deux annoncé leur tête de liste dans le 11/12, anciens rivaux de 2014.

« Y a du gaz dans la machine ! » Robert Assante est à deux doigts de se taper sur la poitrine, pour prouver qu’il a du répondant. À 67 ans, l’ancien lieutenant de Jean-Claude Gaudin, présent à ses côtés depuis 1983, repart une nouvelle fois au combat. Et, une fois de plus, c’est contre le courant dominant. Un courant qui l’a souvent porté, et tant de fois noyé depuis qu’il a lié son destin à celui qui a dominé la droite marseillaise au tournant des deux siècles.

Ce lundi, Bruno Gilles, candidat déclaré à la mairie de Marseille, a présenté son premier porte-drapeau de secteur qui, « avec une jeune femme »  à l’identité encore secrète représentera sa liste « dans un duo ou un trio » dans le 11e et 12e arrondissements. Le matin même, il présentait son projet scolaire avec son futur adjoint aux écoles, Robert Ciampi. En fin de séance, le sénateur annonçait une seconde conférence de presse consacrée au ralliement du centriste Robert Assante, l’après-midi même.

Retrouvailles dans le 11/12

Mais rien à voir, juré-craché, avec l’annonce trois jours auparavant du choix de Martine Vassal de confier la tête de liste de secteur à la députée et ancienne maire du même secteur, Valérie Boyer. Celle-ci a reçu en sus le titre de « porte-parole nationale » de la candidate aux municipales. Une alliée supplémentaire pour Martine Vassal dans la conquête de l’investiture du parti les Républicains dont Valérie Boyer était jusqu’au week-end dernier secrétaire générale adjointe au national. Pour expliquer l’annonce en différé, les deux hommes expliquent qu’ils étaient ensemble à une réunion de campagne à Vaufrèges, ce week-end. L’engagement ne date pas d’hier, mais d’avant-hier.

« Que voulez-vous, ça s’accélère ! », reconnaît Bruno Gilles, lancé depuis 13 mois, qui a tout de même du mal à justifier la tenue de deux rendez-vous avec la presse le même jour. À droite, effectivement, la campagne a pris un gros coup de turbo : durant tout le week-end, les équipes de Martine Vassal ont parcouru la ville pour couvrir les panneaux de « libre expression » des premières affiches de sa campagne, « une volonté pour Marseille ». Elle multiplie les dîners en ville, les réunions publiques et les visites de quartier. La bataille est lancée en attendant le verdict de la commission nationale d’investiture du parti Les Républicains, attendue dans quelques semaines.

Destin politique contrarié

En attendant, c’est en dehors de son parti que Bruno Gilles est allé chercher le centriste, « un élu expérimenté », pour compléter sa listes où doivent se côtoyer personnalités de la société civile et rares élus sortants. Membre de l’équipe municipale depuis 1995, Robert Assante a connu le chaud et le froid, le haut et les bas. Sa vie politique est ainsi jalonnée de dossiers chauds et de coups bas.

Successeur de Roland Blum à la mairie des 11/12 en 2008, il se voit promettre de lui succéder au palais Bourbon, en 2012. Las, dans les deux cas, c’est Valérie Boyer qui lui sera préférée. Cela n’empêche pas Robert Assante de faire entendre sa différence en se présentant contre elle à la députation en 2012 et aux municipales. Battu au premier tour, il fusionnera sa liste pour offrir le secteur à Jean-Claude Gaudin.

« Non, ce n’est pas une revanche, martèle l’intéressé. Je suis un républicain indépendant, pas au sens du parti mais des valeurs ». Il fait alors un long détour par les dossiers chauds pour expliquer les coups de froid : les visites de terrain chez les sinistrés après la dramatique inondation de 2000. Les 55 réunions publiques pour faire passer l’implantation de l’incinérateur de la communauté urbaine à Fos-sur-Mer. L’énorme chantier de la rénovation des stations d’épuration de la communauté urbaine dont il était un des vice-présidents. Et puis au détour, il lâche : « J’aurais aimé avoir un peu d’estime, de considération et de respect. Mais le passé appartient à hier » (lire notre article sur les promesses non tenues).

Auprès des journalistes, l’homme se décrit volontiers comme « tricard », pour illustrer sa situation satellisée dans les cercles LR. Encore en 2016, à la naissance de la métropole, il se retrouve battu par le candidat Henri Pons alors qu’il brigue la vice-présidence dédiée aux transports. À l’époque déjà, on y voit la main de Martine Vassal qui soutient le candidat du département contre celui du camp Gaudin. Robert Assante aura 70 voix contre 118 pour son adversaire aixois. L’élu centriste ne veut rien retenir de ces couleuvres passées (lire notre compte-rendu de la première élection métropolitaine).

Des turbines sur le courant Ligure

Il se dit tourné vers l’avenir, et veut « créer l’environnement pour que Marseille réussisse ». Il égrène ainsi les projets, les idées : « On peut rendre la ville auto-suffisante en énergie en utilisant des turbines dans l’axe du courant ligure, entre l’Italie et l’Espagne ». Bruno Gilles acquiesce sans que l’on sache si cette proposition fera bien partie du programme du candidat.

En revanche, les deux hommes sont d’accord pour dire tout le mal qu’ils pensent du projet de grand parc de Borely jusqu’à la mer, porté par Martine Vassal et Yves Moraine. « Vous imaginez le coût d’un tunnel en bord de mer ? Alors qu’avec Borely et la campagne Pastré, les 6/8 sont le secteur le mieux doté en espaces verts ». Idem pour le projet de grand hôpital privé pour lequel le groupe Sainte-Marguerite a déposé un nouveau permis de construire à Saint-Barnabé. « Sur ce dossier, il est urgent d’attendre, énonce l’adjoint à l’environnement et au patrimoine. Rien n’oblige à le présenter avec précipitation lors de l’un des deux derniers conseils. Au contraire, le maire doit laisser ce dossier à son successeur« .

Bruno Gilles voit en Robert Assante l’homme de dossiers qui peut le représenter au sein de la métropole, présidée par Martine Vassal, lorsque lui-même serait maire de Marseille, selon la répartition des rôles qu’il appelle de ses voeux. Le centriste pourrait y briguer une vice-présidence à l’environnement ou aux transports. Même si son premier objectif est de conquérir le 11/12, « pour faire gagner Bruno Gilles ». Et de retrouver sa mairie de secteur. Mais promis, ce n’est pas une revanche.

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Commentaires

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  1. Be.mc Be.mc

    Que c est débile ces arrangements électoraux. Il n’y a pas de personnes compétentes et crédibles dans cette équipe ?

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  2. Brallaisse Brallaisse

    Quel plaisir de voir cette famille politique, les LR, unie, sereine et dont l’amitié profonde et la franche camaraderie de trente années font plaisir à voir.
    Maintenant je suis dans l’attente du père Christian JACOB qui du haut de la capitale doit donner officiellement l’investiture du parti à la Martine ou bien au Bruno. Bon courage à lui.
    Ah ! , l’on m’informe que Martine en sus de sa porte-parole ou plutôt de sa langue de belle-mère vient d’embaucher un sorcier vaudou , l’on ne sait jamais.

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  3. pascal pascal

    ça c’et du renouvellement !!!

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  4. Karo Karo

    Monsieur ASSANTE grand spécialiste des questions environnementales notamment en tant que chargé de mission à la Région ou il a fait parti d’une brigade de chargés de missions fantômes sous une précédente mandature, héritage de monsieur Gaudin à monsieur Vauzelle, héritage que Vauzelle a généreusement conservé !

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  5. julijo julijo

    Votre texte m’interpelle….. »Robert Assante a connu le chaud et le froid, le haut et les bas. Sa vie politique est ainsi jalonnée de dossiers chauds et de coups bas. »
    J’ai la chance d’être « électeur du 12e » !!! donc robert a été « mon » maire…..
    depuis je cherche, je connais les bas, les coups bas, voire le froid…..mais le chaud et les hauts ???? ben non. Pas de souvenir à ce sujet.
    pas franchement un maire qui suivait ses dossiers, pas franchement non plus quelqu’un d’aiguisé, de particulièrement expérimenté…plutôt à ménager la chèvre, le chou, les ânes, à ne faire de peine à personne, aérien l’élu !. Une énorme capacité à dire une chose et son contraire en à peine une heure parfois d’intervalle….
    bref, un grand souvenir ! « en même temps » boyer et ravier….il faut le dire, il n’y a pas eu de « disrupture » conséquente !
    Bien barré gilles !!

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Illustration de cette capacité à dire une chose et son contraire : un certain Assante Robert a déclaré il n’y a pas si longtemps « Je ne me présenterai plus à une élection »… Est-ce bien le même qui va se présenter aux municipales à venir ? Au moins valide-t-il la fameuse formule : en politique, « non » veut dire « pas aujourd’hui ».

      En tout cas, celui-là a eu au moins un « haut », puisqu’il s’est occupé un temps d’un dossier branché sur l’altitude : l’indispensable téléphérique de Notre-Dame de La Garde, ce maillon manquant de notre système de transport en commun (http://m.lamarseillaise.fr/marseille/politique/49465-lache-a-amp-robert-assante-grimpe-a-la-rtm).

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