Réquisitions : "Ce qui comptera c'est le nombre de logements remis sur le marché"

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le 6 Mai 2013
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Réquisitions : "Ce qui comptera c'est le nombre de logements remis sur le marché"
Réquisitions : "Ce qui comptera c'est le nombre de logements remis sur le marché"

Réquisitions : "Ce qui comptera c'est le nombre de logements remis sur le marché"

Marsactu : Le ministère a annoncé dans un bilan d'étape la semaine dernière que 29 adresses auraient été repérées à Marseille pour être requisitionnées afin d'en faire des logements à bas loyers. Comment a été faite cette sélection ?

Marie Lajus : Nous avons en effet dressé une liste de 29 adresses, ce qui fait des centaines de logements potentiels. Pour les trouver, nous avons travaillé à partir des fichiers de l'administration fiscale. Il faut savoir que dans les villes où s'appliquent la taxe sur les logements vacants – ce qui n'est pas le cas de Marseille – la procédure de détection était bien plus facile. Pour l'instant, nous ne sommes pas rentrés dans ces bâtiments mais nous avons effectué des premières visites de terrain pour voir s'ils étaient bien vides. Un des critères essentiels est le nombre de logements disponibles dans le même immeuble. A moins de 6, cela poserait des problèmes de gestion par la suite.

Où sont situés ces logements ? Est-ce qu'ils sont répartis entre les arrondissements ?

Leur localisation est pour l'instant confidentielle car nous voulons protéger les propriétaires qui sont des personnes morales de droit privé. Il y en a à la fois dans le centre et dans la périphérie, répartis entre les arrondissements. Notre but actuellement est d'inciter les propriétaires à faire le nécessaire pour que ces logements soient mis en location via des procédures à l'amiable. Le mieux est qu'ils prennent eux-même la décision. Il est également prévu de les aider à financer les travaux.

Dans le même communiqué, le ministère cite des locaux de la SNCF à la Blancarde et une villa de la défense, quelle est la procédure dans ces cas là ?

C'est un cas différent des 29 immeubles repérés qui seront mis en location à bas prix via un intermédiaire. Parallèlement au travail de repérage des bureaux vides, la loi Duflot invite à répertorier les biens de l'Etat inutilisés et susceptibles d'être vendus pour en faire des logements sociaux. Par ailleurs, nous avons également recherché des bâtiments vacants pour une courte période afin d'y mener des projets sur 5 ou 10 ans.

En outre, la procédure juridique est différente entre les biens appartenant à l'Etat, et qui sont donc mobilisés, et ceux appartenant à des tiers qui, ne sont d'ailleurs pas à des particuliers mais à des grands groupes. Dans les deux cas, il y a un intermédiaire. Dans les Bouches-du-Rhône, nous souhaitons que ce soit plutôt des bailleurs associatifs car nous croyions à l'insertion par le logement.

Est-ce que la villa citée par le gouvernement est la caserne de Sainte-Marthe dans le 14ème arrondissement ? Le ministère dit qu'il y installera des bungalows en plus des logements en dur, est-ce pour accueillir des Roms ? On pense notamment aux familles qui sont actuellement à Plombières…

La caserne de Sainte-Marthe est effectivement concernée. L'idée est de proposer un toit à des familles précaires, cela pourrait être des Roms mais je rejette le concept d'attribuer un site à une communauté. Il s'agirait de plus d'un lieu d'insertion et non un centre de passage avec des familles accompagnées par une association. De même, pour le centre d'accueil pour jeunes à la Blancarde, nous avons lancé un appel à projet. Marseille manque de lieux où les gens peuvent s'insérer par le logement, ce centre pourrait héberger – en échange d'une participation financière – des jeunes travailleurs.

Quel est le calendrier maintenant ?

La procédure est complexe et donc longue. Jusqu'au 15 mai, nous ne pouvions pas faire de visites des locaux eux-même. Nous allons donc commencer le véritable repérage. Il est peu probable que les premières réquisitions aient lieu avant l'automne 2013. Cependant, il faut comprendre, c'est que finalement, ce qui compte, ce n'est pas tant le nombre de réquisitions effectuées à la fin que le nombre de logements remis sur le marché.

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