Rémy Bargès, l’ancien bras droit de Guérini déchiré entre loyauté et malaise

Actualité
le 26 Mar 2021
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Il était le plus proche collaborateur de l'ex président du conseil général. Des ordinateurs détruits en pleine tempête judiciaire valent à l'ancien directeur de cabinet de faire partie du casting du procès Guérini. L'homme, qui a connu une dégringolade professionnelle, a tenté de laver son honneur devant le tribunal ce jeudi.

Rémy Bargès, ex directeur de cabinet au département, est l'un des prévenus de l'affaire Guérini. Ici, le 25 mars 2021 au palais de justice. (Photo : Emilio Guzman)

Rémy Bargès, ex directeur de cabinet au département, est l'un des prévenus de l'affaire Guérini. Ici, le 25 mars 2021 au palais de justice. (Photo : Emilio Guzman)

“Je joue ma vie, là.” Costume marine sur chemise ciel, Rémy Bargès ne tient pas en place. Dans la salle des pas perdus, comme entre les travées de la salle d’audience, l’ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini fait les cent pas, s’agite. Tendu et conscient de l’enjeu.

À la barre, pourtant, ce jeudi, l’homme fait preuve de calme, il pèse ses réponses, pose des silences. “Quand je m’affole, ça ne se voit pas beaucoup”, s’excuse-t-il presque, face à la présidente Céline Ballerini. De juillet 2008 à mai 2012, il a occupé le bureau du directeur de cabinet “au fond du couloir, à gauche, avec un accès direct à celui du président”, à l’hôtel du département. Il comparait dans le cadre des méandres de l’affaire dite Guérini pour destruction de preuves. Entre les 17 et 20 novembre 2009, alors que la presse bruisse d’une perquisition prochaine, il a demandé la destruction de cinq ordinateurs : trois appartenant à deux collaboratrices directes, auxquels se greffent les deux qu’utilisent au quotidien les deux assistantes rattachées au président.

Avant de se pencher sur les faits, Céline Ballerini veut “faire du contexte”. Elle offre de remonter le temps pour mettre en perspective. Sur le banc des prévenus, Jean-Noël Guérini s’en agace légèrement. Ce voyage temporel ne lui sied guère, il aimerait que les débats, sans doute, dépassent un peu son giron. Mais Céline Ballerini, elle, veut comprendre “comment les choses étaient vécues de l’intérieur” entre l’envoi de la lettre anonyme qui déclenche tout en février 2009 et les perquisitions de l’automne. Mal, a priori. Durant cette journée d’audience, le fil rouge que dévide Rémy Bargès est celui d’une angoisse qui vire à la paranoïa.

Levée d’un tabou

Il fait de ces sentiments qui enflent, grippent les machines et font “faire des bêtises” sa principale ligne de défense. Il est “dircab” depuis un an quand arrive le premier coup de boutoir : le 11 novembre 2009 paraît dans le Canard enchaîné un article sur une altercation entre Jean-Noël Guérini et Eugène Caselli alors président de la communauté urbaine. Pour la première fois, le président voit son nom accolé à celui de son frère dans la presse. “C’est la levée d’un tabou”, dit Rémy Bargès qui provoque “un tsunami, un séisme”. Depuis lors, l’ancien directeur est roulé par les vagues, pris par les flux et les reflux de “l’affaire”.

Mon président vient dans mon bureau et il me dit “Y a rien qui traine ? Y a rien qui traine ?” C’est irrationnel, je ne sais même pas de quoi il parle.

Rémy Bargès

Bargès n’élude pas. Entre les 17 et 20 novembre 2009, il donne l’ordre au service informatique du bateau bleu, le surnom du siège du CG13, de faire détruire les trois ordinateurs, deux PC de bureau et un portable, de ses deux principales collaboratrices, Catherine Savignac, assistante, et Sylvie Patsias, chargée de mission. Dans les jours qui précèdent, Rémy Bargès décrit un climat “de surtension surréaliste” : “Je sens mon président très inquiet, très fébrile. Au niveau cabinet on sent bien que c’est une gestion de crise qui s’annonce”. Il poursuit : “Mon président vient dans mon bureau et il me dit “Y a rien qui traîne ? Y a rien qui traîne ?” C’est irrationnel, je ne sais même pas de quoi il parle.”

“Mon président”

Toute la durée de l’audience, l’ancien directeur de cabinet oscille entre le besoin de sortir “de l’histoire dans laquelle il est embringué” et un vieux fond de loyauté qu’il semble encore nourrir pour son ex patron. La présidente, d’ailleurs, ne le rate pas lorsqu’il évoque “mon président”. Est-ce donc encore le sien ? “À l’époque…”, évacue-t-il.

La question de la loyauté est centrale ici. Les ordinateurs sont donc remplacés et leurs disques durs détruits. Avant que les enquêteurs ne déboulent le 30 novembre 2009 pour perquisitionner. Pourquoi ? “Je le fais pour apporter une réponse au climat anxiogène ou peut-être me rassurer moi. Mais jamais l’intention de commettre un délit. Dans mon esprit j’ai à cœur de protéger des notes à caractère politique”. Peut-être fait-il “une bêtise”. Mais il n’est “pas d’accord avec le stockage de certaines informations”. À la barre, celui qui se décrit comme “un homme de gauche” égraine ces traces qui l’angoissent : les aides aux associations, aux élus. “Je dis à Patsias [chargée de mission au cabinet, ndlr]: “Sylvie, ne laissez pas ça, c’est pas comme ça qu’on travaille”.”

Cabinet noir

Qui couvre-t-il alors ? Son service ? Lui-même ? Son président ? Quand il accepte que les deux ordinateurs des assistantes personnelles de Jean-Noël Guérini – Nicole Acquaviva et  Annie Marcotorchino – soient joints au lot, le bras droit se sent “mis devant le fait accompli”, pense qu’il s’est fait “un peu piéger”. Il aurait pu dire non. Il ne le fait pas. Droit devant le micro, il explique qu’il est “compliqué de dire non, à celles que tout le monde appelle Annie et Nicole, dans la configuration de l’époque”. Ces deux femmes par qui tout transite pour joindre le président, forment ce qu’enquêteurs et commentateurs appellent le cabinet noir de Guérini.

Quand son tour de se présenter à la barre arrive, dans son manteau sombre, Nicole Acquaviva hausse les épaules. Elle cingle que le manque d’autorité de Bargès est “étonnant pour un directeur de cabinet censé être un meneur d’hommes”. Elle est énervée, l’ancienne secrétaire de Jean-Noël Guérini, par ailleurs sa cousine éloignée à la ville. Elle a passé un mauvais quart d’heure, la présidente l’a secouée. Cherchant à comprendre les contours de son poste, que les nombreuses écoutes révèlent comme un pivot d’un clientélisme assumé au téléphone, à coup de distribution de logements ou de postes, par Alexandre Guérini.

“Je vous titille, Rémy”

Rémy Bargès dit ne pas avoir pensé détruire des preuves. Céline Ballerini, opiniâtre, veut l’amener à dévoiler qui il protège. Personne. Non, vraiment. Une pointe de loyauté, encore : “Je n’ai pas couvert le président du conseil général. Mais par mon silence, j’ai couvert l’organisation de ce cabinet rapproché. Je n’avais pas envie de balancer ses assistantes. J’ai eu tort.”

Devant le tribunal, la relation entre les deux hommes transparaît. L’ancien chef s’adresse à “Rémy” et l’ex dircab ne lâche jamais vraiment son patron.

La relation entre les deux hommes est étrange. Sur un fil entre la tension et un rien de subordination. Badin, Jean-Noël Guérini fait mine de se précipiter sur des papiers qu’il a abandonnés sur le pupitre blanc des prévenus. “Je ne vais pas vous laisser lire mes notes, hein, Rémy ? Je vous titille, Rémy”, lâche-t-il. Dans l’utilisation de ce prénom il rappelle l’air de rien qui est le supérieur de l’autre. Et l’ancien boss du département, sans rival quand il s’agit de surjouer l’onctuosité, glisse avec ce qu’il faut de condescendance que Rémy Bargès a été “un très bon directeur de cabinet”.

“Vie ruinée”

En retour, jamais son ancien employé ne franchit la ligne rouge, ne le lâche vraiment. Il a été humilié, pourtant, par ces années de procédure, ces dix-sept rendez-vous divers et variés avec les enquêteurs. Titulaire d’un DEA de droit il a un temps hésité à devenir commissaire de police. Là, face au tribunal, il contemple sa “vie ruinée”. Il a tout perdu : emploi, maison, santé. Il nage en plein surendettement. Mais il ne veut pas que l’on dise de lui qu’il est une victime ou un revanchard.

Rémy Bargès finit par quitter le conseil général en mai 2012. Cette rupture consommée “sur le plan moral” il s’en ouvre, le temps d’une conversation téléphonique écoutée par les enquêteurs, avec Olivier Ferrand, le fondateur du think tank Terra Nova, élu député PS des Bouches-du-Rhône en mai 2012 et décédé brutalement quelques semaines plus tard. “C’est un rejet global, souffle le responsable de cabinet au futur parlementaire. Tout le monde espère et attend qu’on tourne la page définitivement de Guérini, par sa démission du conseil général et que l’on passe à autre chose, bon. Le problème, c’est que le système tient encore hein, il tient encore sur la peur.” 

La confidence sur écoute qui précipite le divorce

L’écoute fuite dans la presse. Un vrai point de bascule dans la relation entre Guérini et Bargès. “Qu’est-ce que vous êtes allé raconter à ce connard ?”, s’emporte le président. “Je vous ai trahi”, dit avoir répondu le subordonné. Avec le recul, on sent que cette écoute l’a soulagé : “Ça déclenche tout. Cela me permet de partir. Ça fait un moment que je cherche un raison de partir”.  L’institution le licencie en mai 2012 après qu’il a proposé sa démission, refusée par le président. Soudain, derrière le pupitre blanc, le dos de Rémy Bargès s’arrondit. Il pleure. “Moi je n’ai pas fait de la politique pour ça. Mais pour mes valeurs, pour l’intérêt général. Pour changer le monde, pour changer les choses”, glisse-t-il par bribes.

Moi je n’ai pas fait de la politique pour ça. Mais pour mes valeurs, pour l’intérêt général. Pour changer le monde, pour changer les choses…

Rémy Bargès lors de l’audience

L’ancien directeur de cabinet qui de son propre aveu “préfère l’ombre à la lumière” a cherché à se reconstruire professionnellement. La politique est sa “passion”. Il a travaillé avec Marie-Arlette Carlotti – l’une des premières à demander à Guérini de démissionner en 2012 – et avec François-Michel Lambert, député du groupe Libertés et territoires, “un des rares à m’avoir tendu la main”. Après le retentissement de l’affaire, tous deux l’ont employé comme assistant parlementaire et il continue évoluer dans ces cercles politiques locaux qu’il connaît par coeur.

Présent discrètement pendant les municipales

“Il a clairement contribué à la victoire du Printemps marseillais, convient un proche de Michèle Rubirola. Il a travaillé les dossiers pendant la campagne mais il ne fallait pas qu’il apparaisse dans l’organigramme”. Éminence grise, encore. Mais marqué d’un sceau de l’infamie dont il peine à se défaire, toujours. “J’ai noué une relation d’amitié avec Michèle Rubirola”, confirme l’intéressé. “J’ai bossé pendant sa campagne. Dans l’ombre, évidemment. Ils m’ont un peu maltraité, au Printemps. Mais je le comprends. Je suis là…”, dit-il en tendant la main vers la salle d’audience.

Désormais, Rémy Bargès le dit au micro : il veut se voir réhabilité. Jean-Noël Guérini se lève, lui aussi. L’audience touche à sa fin. “Une longue journée”, remarque-t-il d’un ton singulièrement détaché. “Je n’en veux pas du tout à monsieur Bargès, tient-il à indiquer. Je lui souhaite un avenir brillant.” On ne sait dire d’où naît la sensation de malaise : du ton faux de Jean-Noël Guérini ou de ce que l’apparente banalité de ses phrases semble toujours receler un sens caché ? Rémy Bargès ne répond pas. Il ne rêve à l’inverse que d’une chose : quitter la lumière judiciaire et rallier l’ombre de ces coulisses politiques qui restent son environnement favori.

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Commentaires

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  1. MarsKaa MarsKaa

    A la lecture de ce compte-rendu d’audience, on a l’impression d’une relation d’emprise, un homme qualifié et intelligent, sincère, détruit par un manipulateur. Comme dans certaines relations amoureuses.

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  2. julijo julijo

    oui, on peut se dire à ce sujet : “on a toujours le choix” !! mais dans l’ambiance de l’époque, au dernier étage du bateau bleu…il fallait être sacrément musclé pour tenir tête au binôme jean-nono et monsieur frère !!
    certainement sous emprise comme beaucoup d’autres, il y trouvait probablement son compte, mais, n’oublions qu’il a fallu une lettre “anonyme” !! c’est dire l’ambiance.

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  3. patrick patrick

    Guerini en ressort comme encore plus intrigant et manipulateur. A gerber

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Le pouvoir rends fou les hommes et les femmes surtout si ils sont des professionnels de la chose. La nécessité de limiter la durée et le nombre de mandats devient de plus en plus impérieuse face à la mise en place de véritables systèmes mi clientéliste mi mafieux,et malheureusement notre région en est le symbole majeur et la liste est longue

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    • Jacques89 Jacques89

      C’est à l’évidence le poste de chef de cabinet (si ce n’est le cabinet lui-même) qui est révélateur des besoins de communication et de gestion des secrets de l’élu. Deux missions destinées à masquer la réalité à la population ou à gérer les attaques de l’opposition. Sont-elles bien nécessaires à la vie démocratique?

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  5. Andre Andre

    La question principale est pour moi:
    Comment un tel individu a-t-il pu être désigné et maintenu par ses pairs de la fédération des Bouches du Rhône à un tel poste, puis ensuite soutenu par Martine Aubry à l’occasion de ses affaires douteuses?!
    Cela en dit long sur le cynisme, l’arrivisme, les calculs bassement intéressés, la lâcheté de tout un personnel politique sensé représenter la gauche.
    C’est pareil à droite va-t-on me répondre? On aura raison, sauf que je n’ai jamais voté pour elle!

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  6. barbapapa barbapapa

    Donc un jour de remords, il a rédigé une lettre anonyme ? 😉
    Difficile de voir à quel point des malfaisants peuvent détruire leur entourage. Il m’étonnerait fort qu’il ait détruit les ordis et autres documents sans en recevoir l’ordre du capo.

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  7. Pierre12 Pierre12

    J’ose imaginer ce qu’il devait y avoir dans les ordinateurs, arrangement, pression, clientélisme, corruption et j’en passe.

    Et la police qui met des mois à perquisitionner, et qui s’étonne après que tout ait disparu.
    Envoyez leur un courrier la prochaine fois avant de perquisitionner 🙄

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  8. Maltsec Maltsec

    Merci pour cette chronique judiciaire esquissée avec talent, beaucoup de finesse dans la psychologie des différents acteurs qu’il ne s’agit pas de trop simplifier. C’est assez balzacien ce portrait d’un haut fonctionnaire digéré par un système politique locavore, qui absorbe les ressources d’un terroir régulièrement enrichi du pire en guise de fumier.

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  9. Rémy Bargès Rémy Bargès

    Madame, votre article laisse l’impression fausse d’une – je cite – « relation étrange avec Jean Noel Guérini » où dite vous « je ne franchis pas la ligne rouge et ne le lâche pas vraiment… »
    Vous avez dû rater une grande partie de mon long passage à la barre alors, car il me semble que j’ai décrit avec une grande sincérité et sans complaisance « le système » Guérini et la personnalité de « mon (ex) Président ». Je vous rassure je l’ai vraiment lâché et depuis longtemps et il ne m’impressionne pas.
    Dans une affaire où le mensonge et le silence ont souvent été érigés en stratégie de défense, il me semble que ma parole a tranché clairement. Hier comme dans les jours précédents.
    La loyauté était de mise quand j’étais en responsabilité, c’est vrai, elle a été un fil directeur, mais je vous rassure il n’y a pas de malaise aujourd’hui et je n’ai pas cherché particulièrement à préserver Jean Noel Guérini depuis mon départ du cabinet au printemps 2012.
    Confère par exemple l’interview accordée à Libé en 2014.
    https://www.liberation.fr/politiques/2014/03/10/les-elus-tremblent-a-l-idee-d-etre-prives-de-subventions_986012/
    Et je vous renvoie aussi à toutes mes dépositions.
    Simplement je ne suis pas dans un état d’esprit de vengeance, je veux juste dire les choses simplement, la vérité dans toute sa complexité y compris en dévoilant mes blessures. Si j’ai pleuré (en réalité j’avais la gorge nouée et une forte bouffée d’émotion) c’est parce que j’évoquais en répondant à une question sur mon engagement politique, mes valeurs, mon grand père résistant et mon père haut fonctionnaire.
    Vous reprenez l’audition de Nicole Acquaviva en écrivant qu’elle met en doute « mon autorité, étonnant pour un dircab censé être un meneur d’hommes ». Lu comme ça on a l’impression que je suis un faible alors qu’elle fait cette sortie pour se défendre, parce qu’elle est repoussée dans ses contradictions.
    Mais vous le sortez du contexte. Si vous sous étiez intéressé à mes collaborateurs ou collègues de travail, ils vous auraient tous raconté le contraire et sans doute mis en avant mon sang froid, mon esprit de justice et mes qualités de manager.
    Je tenais à faire ces rectifications.

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    • Brallaisse Brallaisse

      Compliqué votre témoignage et ces quelques lignes.Impression mitigée face à ce que vous avez vécu et a quoi vous avez participé ou non . Acteur, spectateur, victime je ne sais pas.Directeur de cabinet d’un tel personnage avec des limites à ne pas dépasser théoriquement, ne doit pas être aisé dans ce type d’environnement.
      Loyal jusqu’où ?.Je suppose que cette question doit vous occuper l’esprit depuis un moment.

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    • VALMA VALMA

      Je trouve, pour ma part, courageux et intéressant que vous teniez à témoigner personnellement à la suite de cet article. Je pense que peu d’entre nous se sont imaginé que Mme Acquaviva était dans autre chose que dans une réponse pour se défendre vous concernant (mais en même temps, son témoignage est traité très rapidement et on a du mal à cerner sa propre défense, si elle existe en dehors de vous…). Je déplore par ailleurs que les noms de vos collaboratrices aient été cités, ce n’est pas le cas des autres médias et je trouve cela un peu limite de la part de Marsactu (à la lecture, c’est vraiment l’une des premières choses qui m’a choquée dans la mesure où elles n’apparaissent nulle part et que les dégâts “collatéraux” sont, vraisemblablement, assez lourds à porter dans cette affaire). Maintenant, je partage l’avis de Braillasse, tout cela ne me paraît pas clair (excusez-nous de notre avis de simples citoyens), on a comme le sentiment que vous cherchez encore à le protéger (à vous protéger ??) et que toute la vérité n’est pas dite (pour mes collègues commentateurs : “inévitable”, me direz-vous !).

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    • Coralie Bonnefoy Coralie Bonnefoy

      Merci M. Bargès d’apporter votre point de vue et les précisions que vous avez jugées utiles aux lecteurs de Marsactu.
      Votre sentiment ne change pas pour autant mon analyse de cette longue journée d’audience (à laquelle j’ai évidemment assisté de bout en bout avec beaucoup d’attention).
      Un point seulement : la phrase de Nicole Acquaviva a été prononcée à la barre, lorsqu’il s’agit de citation de PV d’auditions nous nous efforçons de le préciser.
      Cordialement.

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  10. Pierre12 Pierre12

    PRÉSENT DISCRÈTEMENT PENDANT LES MUNICIPALES

    “Il a clairement contribué à la victoire du Printemps marseillais, convient un proche de Michèle Rubirola. Il a travaillé les dossiers pendant la campagne mais il ne fallait pas qu’il apparaisse dans l’organigramme”. Éminence grise, encore. Mais marqué d’un sceau de l’infamie dont il peine à se défaire, toujours. “J’ai noué une relation d’amitié avec Michèle Rubirola”, confirme l’intéressé. “J’ai bossé pendant sa campagne. Dans l’ombre, évidemment. Ils m’ont un peu maltraité, au Printemps. Mais je le comprends. Je suis là…”,

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  11. Christiane CLOUET Christiane CLOUET

    étonnant cet article. Les membres d’un cabinet d’élu ne sont pas des fonctionnaires. Ils ont un rôle politique et à ce titre choisis en fonction de leur engagement politique. A ce niveau de responsabilité, difficile de croire que M. Bargès ignore tout des méthodes Guérini.

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  12. marseillais marseillais

    Pour avoir bossé dans cette collectivité, je puis vous assurer que oui, une gestion double du cabinet était mise en place, et bien décrite dans les déclarations de Rémy Bargès : à lui le lien avec la gestion de la collectivité, les dossiers politiques, les dossiers sensibles, ce qui est inhérent à chaque cabinet, et bien sûr l’accompagnement au quotidien du président. Et il faut avoir un sens politique aigu pour cela.
    Et aux deux plus proches collaboratrices citées le pouvoir des subventions, des attributions de logement., la gestion du canton, la présence sur le terrain…du clientélisme pur jus en sorte. En lien direct parfois avec de basses besognes; des tueuses en fait , ces personnes incontournables et de l’ombre qui ont entouré Guérini.

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    • julijo julijo

      oui, il y avait une sorte de double gestion…mais pas de cloisons hermétiques. Connaissant la maison, il est difficile de croire un instant qu’une partie du cabinet ignorait ce que l’autre partie faisait. D’ailleurs sans avoir les détails précis, tout le monde ou presque dans le bateau bleu savait (et sait encore) ce qui se passait…et la plupart des cadres connaissait parfaitement l’articulation du sommet.
      du reste, vassal est toujours sur la plupart des “rails” existants à l’époque, à part les têtes, mutées ou tombées, l’articulation de la gouvernance est quasi identique.

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  13. Neomarseillais Neomarseillais

    Merci pour cet article passionnant et merci à toutes et tous pour vos commentaires pertinents qui l’accompagnent avantageusement.

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