Rémy Bargès, l’ancien bras droit de Guérini déchiré entre loyauté et malaise

Actualité
le 26 Mar 2021
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Il était le plus proche collaborateur de l'ex président du conseil général. Des ordinateurs détruits en pleine tempête judiciaire valent à l'ancien directeur de cabinet de faire partie du casting du procès Guérini. L'homme, qui a connu une dégringolade professionnelle, a tenté de laver son honneur devant le tribunal ce jeudi.

Rémy Bargès, ex directeur de cabinet au département, est l'un des prévenus de l'affaire Guérini. Ici, le 25 mars 2021 au palais de justice. (Photo : Emilio Guzman)

Rémy Bargès, ex directeur de cabinet au département, est l'un des prévenus de l'affaire Guérini. Ici, le 25 mars 2021 au palais de justice. (Photo : Emilio Guzman)

“Je joue ma vie, là.” Costume marine sur chemise ciel, Rémy Bargès ne tient pas en place. Dans la salle des pas perdus, comme entre les travées de la salle d’audience, l’ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini fait les cent pas, s’agite. Tendu et conscient de l’enjeu. À la barre, pourtant, ce jeudi, l’homme […]

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Commentaires

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  1. MarsKaa MarsKaa

    A la lecture de ce compte-rendu d’audience, on a l’impression d’une relation d’emprise, un homme qualifié et intelligent, sincère, détruit par un manipulateur. Comme dans certaines relations amoureuses.

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  2. julijo julijo

    oui, on peut se dire à ce sujet : “on a toujours le choix” !! mais dans l’ambiance de l’époque, au dernier étage du bateau bleu…il fallait être sacrément musclé pour tenir tête au binôme jean-nono et monsieur frère !!
    certainement sous emprise comme beaucoup d’autres, il y trouvait probablement son compte, mais, n’oublions qu’il a fallu une lettre “anonyme” !! c’est dire l’ambiance.

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  3. patrick patrick

    Guerini en ressort comme encore plus intrigant et manipulateur. A gerber

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Le pouvoir rends fou les hommes et les femmes surtout si ils sont des professionnels de la chose. La nécessité de limiter la durée et le nombre de mandats devient de plus en plus impérieuse face à la mise en place de véritables systèmes mi clientéliste mi mafieux,et malheureusement notre région en est le symbole majeur et la liste est longue

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    • Jacques89 Jacques89

      C’est à l’évidence le poste de chef de cabinet (si ce n’est le cabinet lui-même) qui est révélateur des besoins de communication et de gestion des secrets de l’élu. Deux missions destinées à masquer la réalité à la population ou à gérer les attaques de l’opposition. Sont-elles bien nécessaires à la vie démocratique?

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  5. Andre Andre

    La question principale est pour moi:
    Comment un tel individu a-t-il pu être désigné et maintenu par ses pairs de la fédération des Bouches du Rhône à un tel poste, puis ensuite soutenu par Martine Aubry à l’occasion de ses affaires douteuses?!
    Cela en dit long sur le cynisme, l’arrivisme, les calculs bassement intéressés, la lâcheté de tout un personnel politique sensé représenter la gauche.
    C’est pareil à droite va-t-on me répondre? On aura raison, sauf que je n’ai jamais voté pour elle!

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  6. barbapapa barbapapa

    Donc un jour de remords, il a rédigé une lettre anonyme ? 😉
    Difficile de voir à quel point des malfaisants peuvent détruire leur entourage. Il m’étonnerait fort qu’il ait détruit les ordis et autres documents sans en recevoir l’ordre du capo.

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  7. Pierre12 Pierre12

    J’ose imaginer ce qu’il devait y avoir dans les ordinateurs, arrangement, pression, clientélisme, corruption et j’en passe.

    Et la police qui met des mois à perquisitionner, et qui s’étonne après que tout ait disparu.
    Envoyez leur un courrier la prochaine fois avant de perquisitionner 🙄

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  8. Maltsec Maltsec

    Merci pour cette chronique judiciaire esquissée avec talent, beaucoup de finesse dans la psychologie des différents acteurs qu’il ne s’agit pas de trop simplifier. C’est assez balzacien ce portrait d’un haut fonctionnaire digéré par un système politique locavore, qui absorbe les ressources d’un terroir régulièrement enrichi du pire en guise de fumier.

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  9. Rémy Bargès Rémy Bargès

    Madame, votre article laisse l’impression fausse d’une – je cite – « relation étrange avec Jean Noel Guérini » où dite vous « je ne franchis pas la ligne rouge et ne le lâche pas vraiment… »
    Vous avez dû rater une grande partie de mon long passage à la barre alors, car il me semble que j’ai décrit avec une grande sincérité et sans complaisance « le système » Guérini et la personnalité de « mon (ex) Président ». Je vous rassure je l’ai vraiment lâché et depuis longtemps et il ne m’impressionne pas.
    Dans une affaire où le mensonge et le silence ont souvent été érigés en stratégie de défense, il me semble que ma parole a tranché clairement. Hier comme dans les jours précédents.
    La loyauté était de mise quand j’étais en responsabilité, c’est vrai, elle a été un fil directeur, mais je vous rassure il n’y a pas de malaise aujourd’hui et je n’ai pas cherché particulièrement à préserver Jean Noel Guérini depuis mon départ du cabinet au printemps 2012.
    Confère par exemple l’interview accordée à Libé en 2014.
    https://www.liberation.fr/politiques/2014/03/10/les-elus-tremblent-a-l-idee-d-etre-prives-de-subventions_986012/
    Et je vous renvoie aussi à toutes mes dépositions.
    Simplement je ne suis pas dans un état d’esprit de vengeance, je veux juste dire les choses simplement, la vérité dans toute sa complexité y compris en dévoilant mes blessures. Si j’ai pleuré (en réalité j’avais la gorge nouée et une forte bouffée d’émotion) c’est parce que j’évoquais en répondant à une question sur mon engagement politique, mes valeurs, mon grand père résistant et mon père haut fonctionnaire.
    Vous reprenez l’audition de Nicole Acquaviva en écrivant qu’elle met en doute « mon autorité, étonnant pour un dircab censé être un meneur d’hommes ». Lu comme ça on a l’impression que je suis un faible alors qu’elle fait cette sortie pour se défendre, parce qu’elle est repoussée dans ses contradictions.
    Mais vous le sortez du contexte. Si vous sous étiez intéressé à mes collaborateurs ou collègues de travail, ils vous auraient tous raconté le contraire et sans doute mis en avant mon sang froid, mon esprit de justice et mes qualités de manager.
    Je tenais à faire ces rectifications.

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    • Brallaisse Brallaisse

      Compliqué votre témoignage et ces quelques lignes.Impression mitigée face à ce que vous avez vécu et a quoi vous avez participé ou non . Acteur, spectateur, victime je ne sais pas.Directeur de cabinet d’un tel personnage avec des limites à ne pas dépasser théoriquement, ne doit pas être aisé dans ce type d’environnement.
      Loyal jusqu’où ?.Je suppose que cette question doit vous occuper l’esprit depuis un moment.

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    • VALMA VALMA

      Je trouve, pour ma part, courageux et intéressant que vous teniez à témoigner personnellement à la suite de cet article. Je pense que peu d’entre nous se sont imaginé que Mme Acquaviva était dans autre chose que dans une réponse pour se défendre vous concernant (mais en même temps, son témoignage est traité très rapidement et on a du mal à cerner sa propre défense, si elle existe en dehors de vous…). Je déplore par ailleurs que les noms de vos collaboratrices aient été cités, ce n’est pas le cas des autres médias et je trouve cela un peu limite de la part de Marsactu (à la lecture, c’est vraiment l’une des premières choses qui m’a choquée dans la mesure où elles n’apparaissent nulle part et que les dégâts “collatéraux” sont, vraisemblablement, assez lourds à porter dans cette affaire). Maintenant, je partage l’avis de Braillasse, tout cela ne me paraît pas clair (excusez-nous de notre avis de simples citoyens), on a comme le sentiment que vous cherchez encore à le protéger (à vous protéger ??) et que toute la vérité n’est pas dite (pour mes collègues commentateurs : “inévitable”, me direz-vous !).

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    • Coralie Bonnefoy Coralie Bonnefoy

      Merci M. Bargès d’apporter votre point de vue et les précisions que vous avez jugées utiles aux lecteurs de Marsactu.
      Votre sentiment ne change pas pour autant mon analyse de cette longue journée d’audience (à laquelle j’ai évidemment assisté de bout en bout avec beaucoup d’attention).
      Un point seulement : la phrase de Nicole Acquaviva a été prononcée à la barre, lorsqu’il s’agit de citation de PV d’auditions nous nous efforçons de le préciser.
      Cordialement.

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  10. Pierre12 Pierre12

    PRÉSENT DISCRÈTEMENT PENDANT LES MUNICIPALES

    “Il a clairement contribué à la victoire du Printemps marseillais, convient un proche de Michèle Rubirola. Il a travaillé les dossiers pendant la campagne mais il ne fallait pas qu’il apparaisse dans l’organigramme”. Éminence grise, encore. Mais marqué d’un sceau de l’infamie dont il peine à se défaire, toujours. “J’ai noué une relation d’amitié avec Michèle Rubirola”, confirme l’intéressé. “J’ai bossé pendant sa campagne. Dans l’ombre, évidemment. Ils m’ont un peu maltraité, au Printemps. Mais je le comprends. Je suis là…”,

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  11. Christiane CLOUET Christiane CLOUET

    étonnant cet article. Les membres d’un cabinet d’élu ne sont pas des fonctionnaires. Ils ont un rôle politique et à ce titre choisis en fonction de leur engagement politique. A ce niveau de responsabilité, difficile de croire que M. Bargès ignore tout des méthodes Guérini.

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  12. marseillais marseillais

    Pour avoir bossé dans cette collectivité, je puis vous assurer que oui, une gestion double du cabinet était mise en place, et bien décrite dans les déclarations de Rémy Bargès : à lui le lien avec la gestion de la collectivité, les dossiers politiques, les dossiers sensibles, ce qui est inhérent à chaque cabinet, et bien sûr l’accompagnement au quotidien du président. Et il faut avoir un sens politique aigu pour cela.
    Et aux deux plus proches collaboratrices citées le pouvoir des subventions, des attributions de logement., la gestion du canton, la présence sur le terrain…du clientélisme pur jus en sorte. En lien direct parfois avec de basses besognes; des tueuses en fait , ces personnes incontournables et de l’ombre qui ont entouré Guérini.

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    • julijo julijo

      oui, il y avait une sorte de double gestion…mais pas de cloisons hermétiques. Connaissant la maison, il est difficile de croire un instant qu’une partie du cabinet ignorait ce que l’autre partie faisait. D’ailleurs sans avoir les détails précis, tout le monde ou presque dans le bateau bleu savait (et sait encore) ce qui se passait…et la plupart des cadres connaissait parfaitement l’articulation du sommet.
      du reste, vassal est toujours sur la plupart des “rails” existants à l’époque, à part les têtes, mutées ou tombées, l’articulation de la gouvernance est quasi identique.

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  13. Neomarseillais Neomarseillais

    Merci pour cet article passionnant et merci à toutes et tous pour vos commentaires pertinents qui l’accompagnent avantageusement.

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