Procès d’un entraineur de gym accusé de harcèlement : « Il y a des mots qui restent toujours »
Le responsable technique du pôle national de gymnastique féminine de Marseille comparaissait vendredi devant la justice suite aux plaintes pour harcèlement moral de cinq jeunes gymnastes. Le parquet a requis une peine de 15 mois de prison avec sursis et l'interdiction d'exercer.
Les jeunes filles parties civiles reprochent propos injurieux, brimades et humiliations à leur ancien entraîneur du pôle France, Vincent Pateau. (Photo C.By.)
"T'as déjà vu un éléphant faire un double [salto] tendu au sol ?" À la barre, Iness se tient bien droite. Cheveux retenus en un chignon bouclé et larges créoles dorées, la jeune femme de 21 ans égrène les faits qu'elle reproche à Vincent Pateau, 45 ans. En poste à Marseille depuis 2015, il était directeur technique du pôle France de gymnastique de 2017 à 2021. Comme trois autres jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits, Iness, ancienne athlète de haut niveau, le poursuit pour harcèlement moral ayant entraîné une altération de la santé sur des mineures de 15 ans. Devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Marseille ce vendredi, les jeunes sportives ont longuement listé les brimades, les propos injurieux ou dégradants qu'elles ont, disent-elles, subi.
Ce que décrit Iness relèverait pour tout un chacun d'une forme de torture. Alors que les athlètes sont pesées deux fois par semaine - devant toutes les autres jeunes filles - elle est pesée, elle, chaque jour. Les chiffres sont répertoriés en rouge sur un grand tableau blanc, au vu et au su de tous. Pratique d'un autre âge dont la fédération avait demandé la suppression, mais qui perdurait avec Vincent Pateau. "Regarde-toi, tu peux pas te balader comme ça en justaucorps ?" ou bien encore "je vois pas mon fils de 5 ans pour entraîner un cochon comme ça ?!", aurait aussi lâché l'entraîneur à l'adolescente. Face au tribunal, il minimise et convient finalement avoir utilisé, à une reprise, l'expression "on dirait un petit cochon".
Vomir avant la pesée
À l'époque, Iness a 15 ans, elle pèse 47,5 kg pour 1,55m. Ces brimades sont alors son quotidien. Elle dort après s'être enveloppée dans du cellophane. Cherche à se faire vomir avant les pesées. Court chaque jour avant l'entraînement. "Pour moi, c'était la norme." Plusieurs années après, elle est toujours suivie pour des troubles alimentaires compulsifs. À la présidente, elle décrit ses crises d'angoisse. Et précise : "J'ai une . . .
Bravo aux jeunes femmes et filles pour leurs témoignages et leur courage, face à des adultes utilisant toutes les ficelles des pervers manipulateurs.
Cela pose aussi en fond la question de la toxicité du sport de haut niveau.
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Il s’est cru à la Légion !
Ce n’est sans doute pas le seul à se comporter de la sorte mais il est excusable c’est pour la gloire du sport et de la France surtout avec le JO de Paris !!
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Mais quand donc sera-t’il imposé un âge minimum pour ces entraînements inhumains. Ce n’est plus du sport c’est du spectacle dont la préparation blesse ces (très) jeunes filles dans leur corps et leur mental (sans compter les perturbations dans leur vie scolaire). Tous ces sports de haut niveau devraient être interdits aux adolescents. Sous prétexte de « booster » ces jeunes filles, monsieur Pateau s’est pris pour le sergent instructeur Hartman de Full Metal Jacket, nous avons tous nos modèles de vie. Heureusement que son avocat ne semble pas très fulgurant, il ne devrait couper à une condamnation.
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on a aussi nos stars du judo marseillais dans médiapart…
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