Procès du drame de la rue d’Aubagne : “J’ai dit à Julien : Cet immeuble va tomber”
Lors de la journée d’audience du 18 novembre, la mère de Julien Lalonde, habitant décédé, et deux locataires survivants ont témoigné. Ils ont fait part de leurs nombreuses inquiétudes et alertes. Face à des propriétaires qui sont restés sans grande réaction.
Une photo de Julien Lalonde apparaît sur les écrans alors que sa mère, Liliana, témoigne. (Dessin : Ben 8)
Qu’est-ce que la dignité ? Et en miroir, l’indignité ? Durant l’audience du septième jour de procès de la catastropĥe des effondrements de la rue d’Aubagne, ce lundi 18 novembre, ces notions ont régulièrement surgi pendant les débats.
La dignité, c’est celle d’une mère, d’abord. À la barre, Liliana Lalonde vient évoquer son fils, Julien, jeune Franco-Péruvien disparu à l’âge de 30 ans, le 5 novembre 2018, avec sept autres habitants du 65 de la rue d’Aubagne. Sur l’écran, au-dessus du tribunal, une belle photo en noir et blanc est projetée : on y voit un jeune homme avec un chapeau et une écharpe. Il a un sourire mutin et des yeux rieurs. "Je veux essayer d’expliquer ce que mon fils Julien était pour nous, entame Liliana Lalonde. Ma fille, Aurélie, a encore beaucoup de mal à parler, mon époux aussi. Et moi, je vous ouvre mon cœur." Alain, son mari, est assis sur les bancs des parties civiles ; il garde souvent la tête baissée, les deux mains sur le pommeau d’une canne. À ses côtés se tient Aurélie, leur fille aînée.
À la barre, Liliana Lalonde dresse le portrait d’un fils humaniste, sociable et curieux de l’autre. "Un grand gaillard, un ours panda" qui aimait prendre la défense de plus petit que lui. "C’était un garçon qui aimait énormément la vie, il appréciait ses amis, il respectait énormément les êtres humains." Un grand voyageur aussi, qui, en tant qu’employé du croisiériste Costa, avait plusieurs tours du monde à son actif. En mars 2018, il s’était posé à Marseille comme une évidence : "Marseille, pour lui, c’était le monde."
"Il avait le droit de vivre dignement"
À la barre, jamais Liliana Lalonde ne flanche, ne pleure, ne se lamente. Après plusieurs jours de débats très techniques, la mère de Julien salue "une parenthèse pour parler des victimes". Elle amène, avec son témoignage poignant et digne, beaucoup d’humanité : "Il avait le droit de vivre, il avait le droit de vivre dignement", dit-elle sobrement, d’une voix étale ponctuée çà et là d’un rien d’accent espagnol. "Pour un jeune de 30 ans, pour Simona et les autres… Ils ne méritaient pas ça."
L’indignité, c’est celle que cette mère décrit sans détour, lors de son arrivée dans l’immeuble alors que le jeune homme doit fêter ses 30 ans quelques jours plus tard. Son fils "avait un peu honte" de ce logement, "il ne voulait . . .
On voit très clairement que la responsabilité entière et première de ce malheur revient aux copropriétaires qui ont voulu encaisser un maximum sans jamais rien dépenser.
Les experts ont semble-t-il fauté de ne pas avoir fait évacuer l’immeuble avant.
Pour ce qui est de la responsabilité des élus, de M. RUAS, on va voir le déroulé du procès, mais à ce stade les premiers à dénoncer sont ces marchands de sommeil qui croient qu’en peignant la cage d’escalier, l’immeuble ne va pas s’écrouler.
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Je n’arrive pas à concevoir que des experts immobiliers que l’on dit compétents, n’aient pas EXIGE l’évacuation de cet immeuble dont les structures étaient manifestement gravement atteintes. Comment la présence permanente d’eau au sous-sol ne les a pas effrayés, eux qui étaient sensés connaître les techniques de construction de ces maisons, bâties à chaux et à sable, solides tant qu’elles étaient hors eau. La seule raison de leur timidité est pour moi la crainte d’être catalogués ensuite comme des empêcheurs de tourner en rond et de voir le nombre de leurs expertises diminuer.
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J’ai calculé 480 € par mois pour un investissement de 40000 euros par ans, ca fait du 14.4 % p
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14.4 % net parce que c’est au noir et pour peu que l’on ne fasse aucun travaux et ne paye pas les charges. C’est un placement top !! On voit pourquoi il y a tant de candidats marchands de sommeil à la cécité commode pour ne pas voir ni payer pour régler les problèmes, y compris les plus graves comme ici. On ne va pas aux AG de copro, on retire pas les recommandés, on lit pas les documents : j’ai rien fait, j’ai rien vu M Le Président, grrr !
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