Primaires PS : suivez la soirée électorale en direct

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le 13 Oct 2013
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Participation finale, commentaires, déclarations des candidats, premiers résultats : Marsactu vous fait vivre la soirée du premier tour des primaires PS à Marseille. Sous le direct, vous pouvez retrouver le déroulé heure par heure d'une journée marquée par une forte participation mais émaillée d'incidents. Nous tâcherons également de vous parler d'Aix et de suivre les débats autour des possibles recours portés par les candidats.

 

8h30 À la salle Vallier où vont bientôt voter les habitants des 4e et 5e arrondissements, les militants mobilisés pour organiser ces primaires citoyennes s'affairent autour des bureaux et finissent la mise en place. Une petite dizaine de personnes attendent déjà à l'entrée du gymnase aménagé spécialement pour l'occasion. Pour voter, mais aussi pour croiser la ministre et candidate Marie-Arlette Carlotti qui doit arriver à 9h.

9 heures tapantes. La candidate descend les marches du gymnase. "Ce n'est pas accessible", souffle-t-elle, ne quittant vraisemblement jamais son rôle de ministre déléguée aux personnes handicapées. Sortie de l'isoloir, V de la victoire devant l'urne pour les photographes et Marie-Arlette Carlotti fait le tour de la salle pour saluer les militants. Mais dans son équipe, on redoute déjà les "réseaux" et en particulier les habitants du HLM de la Feuilleraie "où Guérini a logé beaucoup de monde". Mais on compte sur une mobilisation massive de sympathisants pour contrebalancer ces votes. D'autres mettent ces suppositions sur le compte de "la parano. Il y en a beaucoup à Marseille", explique-t-on du côté d'un des bureaux de vote.

9h30 Dans le 13e, au gymnase de la Bégude, une très forte affluence a été constatée très tôt. Les cinq bureaux de vote ont ouvert un quart d’heure en retard car les tables n’ont pas été livrées à temps. A 9h30, des files d’attente de dizaines de personnes étaient déjà constituées. "On s’attendait pas à une telle affluence", commente une responsable PS de l’Aude, présidente d’un bureau de vote. "Ce n’est pas étonnant car aux primaires de la présidentielle il y avait déjà beaucoup de participation dans le quartier", explique une secrétaire de bureau de vote. Parmi les électeurs interrogés, beaucoup ne votent pas habituellement pour les socialistes.

10h Au gymnase Desautel (9e), la cocarde de la berline de parlementaire d'Henri Jibrayel a déjà été précédée par 83 votants. Le député et conseiller général de Verduron entame sa journée par un vote en famille, avant une tournée des bureaux marseillais. "Il faut aller saluer les militants, c'est important", glisse-t-il, satisfait de sa campagne des primaires et de la tenue de l'exercice jusqu'à présent. "Il faudra être très vigilant, car si c'est serré entre deux candidats et qu'il y a des problèmes, ça serait une image tellement déplorable", avance un assesseur marseillais. À la présidence des bureaux, on trouve normalement des militants ou élus venus de département extérieur, "jusque de Strasbourg".

10h30 Aux Caillols, tout se passe sans heurt. La moyenne d’âge est relativement élevée et on rencontre des habitués du PS, venus exprimer leur préférence pour Christophe Masse, "le fils du quartier". 135 personnes avaient voté jusqu’alors. "Tout est balisé, la participation est raisonnable mais pas exceptionnelle", explique un des présidents de bureau de vote.

11h30 Eugène Caselli est venu voter à la maison de quartier des Lices accompagné de pas moins de cinq membres de son staff de la communauté urbaine et de son directeur de campagne Pierre Bonneric. Ce dernier affiche sa confiance : "Chaque référent a 60 personnes à faire voter. Il m'appelle pour me dire que non seulement, ils ont fait les leurs mais que d'autres personnes leur demandent d'aller voter."

12h Boulevard Dugommier, les électeurs rejoignent par grappes le point de vote du 1er arrondissement. Devant la maison de quartier, l'adjoint de Patrick Mennucci, Eric Scotto fait le pied de grue. A l'intérieur, plusieurs bureaux affichent de belles queues de votants. Parfois dans une certaine pagaille mais sans beaucoup de récrimination. Le représentant de la Haute autorité affiche une belle nervosité. Là comme ailleurs, on a constaté quelques soucis sur les feuilles d'émargement et la tension n'est jamais loin.

Sur le trottoir, devant le bureau de vote, quelques jeunes hommes aux muscles rebondis jouent les observateurs extérieurs. Deux jeunes filles les rejoignent. Dans le sac ouvert de l'une d'elles, une grosse liasse de tracts dédiés à Samia Ghali. Elles rejoignent les jeunes gens précités qui glissent dans le même sac une deuxième liasse. A l'approche du journaliste de Marsactu, la jeune fille ferme son sac. "On ne parle pas à la presse", grogne l'un des gros bras. La scène n'échappe pas aux délégués de Mennucci qui interpellent le représentant de la haute autorité. "Ce n'est pas de ma responsabilité. Faites remonter ça auprès du président du bureau, il le fera inscrire sur le procès-verbal".

Au Panier, Lisette Narducci vient voter au CLSH des Martégales (2e). La maire des 2e et 3e arrondissements n'est pourtant plus au parti socialiste mais au parti radical de gauche depuis sa candidature dissidente aux dernières législatives. "Je suis pour une liste d'union PS-PRG", se justifie l'élue, proche de Jean-Noël Guérini. Après avoir intimé fermement à son entourage de taire son choix, elle consent simplement à avouer qu'elle n'a pas voté Patrick Mennucci, le candidat socialiste qui l'avait battu dans la course à la députation.

A la Rose, l’ambiance n’est plus la même qu’en début de matinée à cause de l’absence de certaines personnes sur les listes. Christophe Masse arrive à 12h15 pour voter. Un bref moment de panique surgit alors puisqu’on ne trouve ni lui ni son père sur les listes. Christophe Masse interpelle alors un représentant de la Haute Autorité dépêché sur les lieux : "C’est très mal organisé. Quand on veut donner des leçons de Paris, encore faut-il être à la hauteur". Une femme l’interpelle : "Christophe ! On m’a appelé pour venir voter mais il ne me trouve pas sur les listes". Elle n'est pas la seule.

Le représentant de la Haute Autorité expliquera quelques minutes plus tard : "Il semblerait qu’il y ait un problème dans les listes que nous a fourni la préfecture et que certains quartiers ne soient pas inclus". Dans le bureau 1306 où se trouvent l’essentiel des gens qui ne peuvent pas voter, le président note sur une feuille les noms des concernés. Mais beaucoup ont déjà abandonné. Finalement, si effectivement certaines personnes n’ont pas pu voté, beaucoup de ceux qui pensaient ne pas être sur les listes ont fini par trouver leur bureau de vote. Comme Christophe Masse qui repart sûr de lui.

13h Marie-Arlette Carlotti arrive à son tour rue des Martégales l'air visiblement abattue. Accompagné de membres de son équipe de campagne, dont sa porte-parole Nathalie Pigamo, elle salue les scrutateurs avant de s'arrêter quelques minutes avec ses représentants dans ce bureau. De retour des quartiers Nord, elle montre sur son Iphone les photos de bus – immatriculés dans le Gard – qu'elle attribue aux équipes de Samia Ghali. "Je vais pas les faire dans le 13e, pas dans le 14e, pas dans le 15e… Où je vais les faire mes voix ?", s'interroge-t-elle avec inquiétude.

De passage dans le 9e après avoir visité les autres bureaux de la périphérie marseillaise, le secrétaire national aux fédérations Alain Fontanel s'en tient lui à un rapide briefing rassurant : "Par ci par là de petits soucis totalement mineurs : dans un bureau, la clé n'était pas la bonne donc il a ouvert avec un quart d'heure de retard, dans un autre il manquait deux tables, dans un autre il y avait déjà énormément de monde dès l'ouverture…" Les délégués de Patrick Mennucci alternent entre l'intérieur et l'extérieur du bureau. RAS : pas de ballet de voitures pour emmener l'électeur faire le bon choix.

"Pour l'heure, nous sommes très satisfaits de la participation", se félicite en écho Jean-Pierre Mignard. Rapidement, le point presse du président de la haute autorité des primaires (HAP) à la fédération socialiste (6e) tourne autour des minibus que la candidate Ghali dit avoir affrété pour convoyer ses électeurs. "Vous savez, ce type de transport collectif se retrouve aussi lors des élections républicaines". Accompagné par Jean-Pierre Deschamps, l'un des cinq de la HAP, il s'engouffre dans l'immeuble de la fédération pour une réunion avec les délégués de chaque candidat. Un point presse est prévu à 13h15 sur la participation mais la réunion s'enlise. Pascal Chamassian vient défendre la cause de Christophe Masse : "Un bureau entier a disparu dans le 13e, le bureau 1306 précisément. Beaucoup de gens n'ont pas pu voter. Cela nous handicape. On envisage de déposer un recours".

13h30 Un représentant de Samia Ghali ne se cache pas : "Oui, un système pour amener les gens jusqu'aux bureaux de vote. Les mecs nous disent comment je fais pour les faire venir, il n'y a pas de transports. Alors, on leur répond qu'ils ont qu'à louer un mini-bus ou une voiture." Et vous les remboursez, l'interroge-t-on ensuite. "Je ne crois pas." Autre technique, dans des halls d'immeuble du 12e arrondissement, Christophe Masse a fait scotcher un tract prévenant les électeurs potentiels qu'ils peuvent être transportés vers les bureaux de vote. Le numéro de téléphone de contact n'est autre que celui d'une administratrice de 13 habitat, l'office HLM dont il est président. Josette Filippi, pourtant censée y représenter les locataires pour la Confédération nationale du logement, est visiblement d'être proches du président.

14h Au bureau de vote de la Belle-de-Mai, un comité d'accueil attend les électeurs. Des groupes de trois ou quatre personnes interpellent les électeurs à l'entrée. Il y a là des militants mennuccistes, ghalistes et casellistes. Devant, les voitures des mêmes camps dont certaines reviennent plusieurs fois, nourrissent un flot continu d'électeurs.

À la fédération, Alain Fontanel descend faire le point presse. Il insiste surtout sur sa satisfaction à l'égard de la participation et minimise les problèmes de listes d'émargements. Il se montre ferme sur l'arrêt de la propagande : "Pas de campagne électorale, le jour du vote, que cela soit de la part des candidats ou de leur entourage. On ne peut pas distribuer de tracts, ni faire un travail de propagande à l'intérieur des bureaux de vote".

Gymnase Pont-de-Vivaux (10e), on est loin de l'affluence des arrondissements du Nord. Seule crainte d'un délégué carlottiste : l'arrivée, comme en 2011, d'une équipe de basket pas au courant de l'occupation de la salle. "Ils avaient insisté, c'était compliqué", s'amuse-t-il. De temps à autres, les tensions dans le reste de la ville filtrent sur les portables.

15h Dans le 2e, le nombre de personnes qui ne connaissent pas l'objectif de l'élection est impressionnant parmi les électeurs tels Malika qui s'est déplacée "pour Patrick Mennucci parce que je n'aime pas la droite". On lui répond qu'il n'y a à départager que des élus socialistes. "Ah bon ? Mais genre il y a Samia Ghali ?", nous répond-elle. Oui, oui. "Ah mais on m'avait dit de voter Mennucci…" Un représentant de Marie-Arlette Carlotti intime à Nassera Benmarnia, proche de Mennucci, de ne pas se tenir à l'entrée du bureau. Un représentant de la haute autorité intervient et la suppléante du député s'éxécute.

15h45 s'il n'y a pas foule, la salle Vallier n'a pourtant pas désempli les votants affluent régulièrement. Samia Ghali entre à son tour et s'explique une fois de plus sur les mini-bus. "J'en ai parlé à Jean-Pierre Mignard qui m'a dit que c'était tout à fait normal. Ce sont des mini-bus loués dans le cadre de la campagne. Nous nous sommes servis de nos bases de donnée. Ce sont des personnes qui ont donné leur parrainages à Samia Ghali, explique son directeur de cabinet. Ce sont donc des gens acquis à la cause de Samia. Il faut arrêter de dire que ce sont des cars qui sont allés chercher les gens qui ne comprennent rien dans leurs cités. Ils ne sont pas obligés d'aller vote, ils avaient prévus d'y aller."

16 h En rentrant dans le bureau de vote de Dugommier, un homme fait un clin d'oeil et nous glisse "Samia Ghali". 683 votants sont déclarés. A quelques mètres du bureau de vote, deux jeunes femmes distribuent, toujours, des tracts pour Samia Ghali et interpellent les gens dans la rue en les incitant à "bien voter".

16 h 45 Dans le bureau de vote de la Belle-de-Mai, c'est un peu le bazar. Des partisans de Samia Ghali soufflent à plusieurs reprises dans l'oreille de certains électeurs. D'autres sortent de leurs poches des pièces d'un euro qu'ils donnent discrètement dans la file d'attente. Plus tard, une militante repart sans avoir voté se plaignant de l'obligation de verser un euro pour participer au scrutin. "Rien n'a été prévu pour ceux qui n'ont pas les moyens, c'est scandaleux".

18 h 15 Boulevard Dugommier. Devant le bureau de vote, un groupe d'hommes présentant tous une mine patibulaire font le pied de grue. 936 personnes ont été comptabilisées à cette heure. Une dame affolée explique qu'elle ne sait pas où voter. Un homme âgé entre dans le bureau, trempé. Selon sa version à cause des supporters de Ghali. "Je suis allé leur dire qu'ils n'avaient pas le droit de faire ça le jour des primaires. Un homme s'est énervé et m'a jeté de l'eau au visage."

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    ” Samia Ghali soufflent à plusieurs reprise ”
    Au pluriel, on met des S.

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  2. jb jb

    Mennucci= carlotti?

    ghali = guerini

    j’y pense tous sont des bb guerini
    et enfin le covoiturage, c’est bon pour la nature

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  3. COUPO SANTO COUPO SANTO

    Il aura fallu attendre aujourd’hui pour découvrir la véritable Samia GHALI ! Vraiment ?… Jean Noël sort de ce corps !!!!!!!

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  4. jb jb

    demain matin ghali chez bourdin
    l’apres midi aux grandes gueules

    mardi c’est mennucci

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  5. COUPO SANTO COUPO SANTO

    Il aura fallu attendre aujourd’hui pour découvrir la véritable Samia GHALI ! Vraiment ? Jean Noël sort de ce corps !!!….

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  6. Anonyme Anonyme

    Un ministre battu ça démissionne , Marie Arlette !

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  7. anciensocialo anciensocialo

    je viens de me taper la soirée électorale des primates socialistes Marseillais.
    Oh la la, que le seigneur nous viennent en aide, épargne nous la catastrophe d’un socialiste à la tête de la ville. Ce fut lamentable,quelle honte pour Marseille. Minard à annoncé plus de 19 000 votants, je crois qu’ils ont fait le quota des voix qu’ils auront aux municipales. Seuls les clients du CG, du CR et les quelques militants sincères restant (pas beaucoup)sont allés voter.

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  8. Anonyme Anonyme

    Malgre la mise sous tutelle de la fede des bdr malgre le soutient du gouvernement les militants sont souverains mme carlotti vous devriez tiraient les conclusions de cette defaite et vous remettre en question a votre age le coche est passe et ne repassera plus le clientelisme vous a bien nourrie et vous a amene jusqu’a votre ministere soyez digne et faite comme votre ami jospin retirez vous de la vie politique

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  9. Electeur du 8e Electeur du 8e

    “16 h. En rentrant dans le bureau de vote de Dugommier, un homme fait un clin d’oeil et nous glisse “Samia Ghali”. 683 votants sont déclarés. A quelques mètres du bureau de vote, deux jeunes femmes distribuent, toujours, des tracts pour Samia Ghali et interpellent les gens dans la rue en les incitant à “bien voter”.”

    A part ça, la démocratie se porte bien à Marseille…

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