Première mission réussie pour l'université unique

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le 2 Fév 2012
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Ouf. Voilà en un mot résumée la tonalité générale au sein de l’université unie aujourd’hui. Le projet Idex (inititative d’excellence), première grande échéance pour Aix Marseille université (Amu), vient d’être validé par le ministère. Le projet provençal fait partie des huit grands pôles choisis pour structurer l’université française dans le cadre du grand emprunt. Cette sélection devrait lui permettre de toucher la bagatelle de 30 millions d’euros supplémentaires par an de la part de l’Etat. Le premier ministre François Fillon devrait le confirmer officiellement demain à Bordeaux.

S’il paraissait difficile d’ignorer le premier pôle étudiant de France, la sélection du projet, baptisé Amidex, n’avait rien d’acquise. Lors de la première vague au premier semestre 2011, il n’avait même pas été retenu dans une présélection de sept au terme d’un grand oral très moyen devant le jury  chargé du choix final, comme l’avait alors reconnu Marc Pena, ex président de feu l’université Paul-Cézanne dans une interview au site Provence éducation.

L’unité comme argument

Sans convaincre l’ensemble des experts internationaux formant le jury, le rattrapage proposé ce lundi a été bien meilleur. Menée par le duo Jean-Paul Caverni-Yvon Berland, la présentation en anglais bien préparée et mémorisée en amont, appuyée par le recours à un traducteur pour pouvoir répondre en français sur les points les plus techniques, a donc fait l’affaire. Au cœur de l’argumentaire, une gouvernance clarifiée depuis le début de l’année, point que les experts avaient qualifié de très important au premier tour.

Mais la naissance d’Amu ne pouvait suffire à elle seule. Le jury demandait aux porte-paroles de justifier le caractère international du projet et surtout son potentiel de leadership dans l’espace méditerranéen. Pas facile quand on sait que l’université unique se classait entre la 100 et la 150e place dans le dernier opus du toujours très contesté classement mondial des universités de Shanghai. Au même moment, sa principale concurrente à Jerusalem se classait 57e, Pise et Rome tournant elles aussi entre la 100e et 150e place. Caverni et Berland ont donc proposé un objectif clair mais ambitieux : le top 100 en dix ans.

Enfin, Amu a aussi revu sa copie sur la part de financement propre du projet. « La première fois, on avait proposé un projet très consensuel, explique  une source proche du projet. On essayait de faire plaisir à tout le monde. Nous n’avions ni subventions des collectivités territoriales ni argent des entreprises. On est beaucoup plus libéraux cette fois-ci avec des collectivités qui nous soutiennent. (NDLR. la région, le conseil général, la ville de Marseille, la Communauté du Pays d’Aix et la mairie d’Aix-en-Provence) » Une logique qui correspond mieux à la volonté du gouvernement qui, depuis la loi d’autonomie, pousse l’université à développer des ressources en propre, notamment grâce à la création de fondations de financement (des projets sont déjà en route dans la région, un exemple ici).

Disparités à prévoir

Yvon Berland vient sans conteste de marquer un point en faveur de l’Amu. Reste à bien gérer la manne financière promise. Un conseil de l’Idex qu’il va présider va regrouper partenaires privés et publics pour accomplir cette tâche. L’argent sera réparti sur cinq thèmes majeurs en ce qui concerne la recherche : énergie ; environnement, matière, Terre et univers ; santé et sciences du vivant ; sciences et technologies avancées ; sociétés, cultures, échanges. Côté enseignement, une « académie d’excellence » permettra aux étudiants de certaines filières labellisés de disposer d’un encadrement renforcé notamment par du tutorat et des master class. Derrière cette apparente pluri-disciplinarité, vont se cacher d’importantes disparités.

Les projets de recherche étaient déjà plus ou moins subventionnés en fonction de leur statut : ces écarts risquent de s’accroître, l’Idex n’ayant comme son nom l’indique vocation qu’à subventionner l’excellence. Des équipes (équipex) et des laboratoires (labex) de recherche vont aussi recevoir un apport direct de l’Etat. Ceux qui ne toucheront rien d’un côté comme de l’autre, vont se retrouver marginalisés comme vont être marginalisées les universités non retenues aujourd’hui parmi les Idex. Ce qui créera évidemment des tensions dans le petit monde de l’enseignement supérieur et de la recherche. La réunion de la conférence des présidents d’université qui aura lieu de mercredi à vendredi prochain à Marseille pourrait bien en être un révélateur.

Énergie;
Environnement, Matière, Terre et Univers;
Santé et Sciences du Vivant;
Sciences et Technologies Avancées;
Sociétés, Cultures, Échanges.

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Commentaires

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  1. Lagachon Lagachon

    Clairement une bonne nouvelle pour Aix-Marseille, mais il faut quand même noter que sur 8 campus sélectionnés 4 sont en Ile de France alors que Lyon ou Lille se retrouvent dehors…

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  2. crac crac

    toute honte bue
    un pas de plus dans la destruction du service public
    bravo mr caverni les autres on savait
    un bon point pour sarkozy et le liberalisme sans rivage
    mais bravo tous les artistes
    presenter le projet en anglais et accepter ub traducteur
    quelle honte quel abaissement quel renoncement
    villepin a su parler français a l onu et etre entendu
    vous n en etes pas capable c est votre seule excuse
    l universite françqaise vaut mieux que ces gens achetes pour leur souplesse
    prochaine etape pour berland caverni et consorts la notation par ficht ou autre

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  3. Tresorier Tresorier

    Pouyr une université qui est SENSÉE marquer le retour de l’université à Marseille et la fin de la ségrégation sociale et de l’exil aixois, le terme “Amu” (un grand AIX et un petit marseille) est totalement scandaleux.

    Comme d’habitude, la étudiants qui voudront travailler dans une université d’excellence iront ailleurs. On pourra fermer le sAmu par la même occasion.

    A quand une vraie université marseillaise ???

    Peut être faudrait il en créer une privée puisque le public se fout de Marseille.

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  4. tiiapap tiiapap

    Une réussite pour Aix,pour Marseille, pour la Région! Belle ouverture pour nos étudiants,chercheurs et professeurs pour pleur permettre d’avancer avec leur temps et de sortir de cette ancienne “exception culturelle française” qui ne donne pas sa plus belle image à la France depuis l’étranger. Mixité de l’enseignement,de la recherche, du monde professionnel, des échanges linguistiques…

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