Pourquoi les commerces du sud de la ville sont toujours fermés le dimanche

Décryptage
le 23 Juil 2019
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Plus d'un an après la demande de la mairie, les boutiques des quartiers Sud tirent toujours le rideau le dimanche. Bloquée par le préfet, la mesure, qui compte toujours des opposants, devrait être à nouveau présentée par la mairie en septembre. Avec notamment en jeu le sort réservé à un centre commercial du Prado qui peine à décoller.

Le centre commercial Prado, inauguré mercredi 28 mars 2018. (LC)

Le centre commercial Prado, inauguré mercredi 28 mars 2018. (LC)

Cela devait être bon l’été dernier, ça ne l’est toujours pas cette année. Les commerces du littoral Sud, ceux de Mazargues ou le centre du Prado baissent toujours le rideau le dimanche. La responsabilité en revient au préfet qui, comme nous l’avions expliqué, avait retoqué l’an dernier une demande de la Ville de Marseille. Celle-ci réclamait la création d’une zone touristique internationale permettant l’ouverture dominicale des boutiques. Le refus était intervenu après que certains élus – y compris au sein de la majorité municipale – et les syndicats patronaux s’étaient opposés au projet notamment au nom de la défense des commerces de centre-ville.

Pour la préfecture, la mairie devait donner des gages sur « l’étude d’impact, le caractère touristique et le périmètre de la zone ». Un an plus tard, la Ville de Marseille n’a pas encore rendu sa copie et le préfet n’a donc pas revu la sienne. « On aura notre étude début septembre », explique à Marsactu Solange Biaggi, l’adjointe chargée du commerce.

Pour la Ville de Marseille, il s’agit de démontrer que le périmètre profite « d’un rayonnement international », est desservie « par des infrastructures de transport d’importance nationale ou internationale » et connaît « une affluence de touristes exceptionnelle » comme l’ont rappelé des décisions de justice en région parisienne.

« Tant que la qualité de service ne s’améliore pas, ça n’en vaut pas la peine »

Solange Biaggi est toujours convaincue de la pertinence du projet : « Bandol, c’est ouvert. Cassis, c’est ouvert. La Ciotat, c’est ouvert. Il n’y a que nous qui ne sommes pas ouverts, c’est incohérent ! », pointe-t-elle. Opposée depuis le début au projet, la vice-présidente de la chambre de commerce et d’industrie Nicole Richard-Verspieren estime au contraire que la Ville ne s’en donne pas les moyens : « Si l’on veut faire cela, il faut mettre en place des circuits touristiques et des transports en commun dignes de ce nom. Mais rien ne bouge, la qualité de services qu’offre la ville ne s’améliore pas. Tant que c’est comme ça, ça n’en vaut pas la peine ! Il faut d’abord faire en sorte que les touristes viennent, se plaisent et restent quelques jours pour que cet afflux soit un vrai poumon économique. Désormais, une ville doit être gérée comme une entreprise, elle doit être attractive. »

En ligne de mire pour tous, il y a bien effectivement les jeux olympiques 2024 : « On ne peut pas vouloir accueillir les grands événements et les congrès et ne pas être ouverts le dimanche c’est inconcevable ! », pointe le maire des 6e et 8e arrondissements Yves Moraine. « On la connaît la date des JO. Faisons en sorte d’être prêts à ce moment-là avec un périmètre cohérent concentré sur ce qui fait la force de Marseille, son littoral », abonde Nicole Richard-Verspieren.

Mais c’est bien sur le contour de ce périmètre que devraient porter les discussions. Le projet initial prévoit notamment l’intégration de Mazargues dont la renommée internationale semble encore à parfaire. « Si on nous dit qu’il ne faut pas mettre tel ou tel quartier, je suis prêt à l’admettre », pose Yves Moraine.

Le centre commercial du Prado au cœur des enjeux

Mais la discussion pourrait bien se concentrer sur le centre commercial du Prado à l’extrémité Est du périmètre. « La mairie s’est engagée là-dessus comme sur bien des choses, commente-t-on chez Klépierre, le propriétaire. Ouvrir le dimanche, c’est pour nous la possibilité d’offrir à nos clients la possibilité d’un shopping serein, d’un moment de plaisir très différent du samedi où on est davantage dans l’urgence. »

Pour Nicole Richard-Verspieren, le caractère touristique de la zone n’est pas établi : « quand vous allez à l’étranger, vous n’allez pas dans les bas quartiers. Eh bien, là c’est la même chose ». Un raisonnement que balaie Yves Moraine : « Vous avez le Vélodrome, le centre des congrès et la cité radieuse du Corbusier qui n’est pas très loin. Cela fait du monde, particulièrement le week-end  ! »

« On ne peut pas d’un côté avoir souhaité ce centre commercial et ne pas vouloir sa réussite », cingle Yves Moraine. La mesure offrirait peut-être un peu d’air à un centre commercial qui peine à décoller. Nicole Richard-Verspieren, la vice-présidente de la CCI évoque même un « démarrage catastrophique, en dessous des plus pessimistes des prévisions ». Un commentaire que Klépierre polit : « Il faut regarder sur le temps long. Aujourd’hui, le décollage d’un centre commercial se fait sur cinq à sept ans. Il faut créer l’habitude, affiner le positionnement en cernant bien les clients ». Qui, pour l’heure, ne descendent pas du bateau.

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Commentaires

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  1. Electeur du 8e Electeur du 8e

    « On ne peut pas d’un côté avoir souhaité ce centre commercial et ne pas vouloir sa réussite », cingle Yves Moraine. Mais au fait, qui a « souhaité » ce Nième centre commercial, à part lui, son maître en politique et le promoteur – qui s’est un peu lourdement trompé dans ses prévisions de fréquentation ?

    A-t-on demandé aux salariés de ce centre, dont il n’est nulle part question, ce qu’ils pensent du travail du dimanche, ou le seul fait de faire plaisir à M. Moraine suffira à leur bonheur ?

    Quant à qualifier Marseille de ville à caractère touristique à rayonnement international, c’est probablement vrai en partie, mais je ne suis pas sûr que ce soit l’existence de centres commerciaux qui attire les touristes. Accessoirement, quand on se distingue, comme cet été, par de nombreuses fermetures de plages presque chaque semaine et par des épisodes prolongés de pollution atmosphérique, il y a peut-être quelques réglages à faire avant de parler de « l’attractivité touristique » de la ville…

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  2. Malaguena/Jeannine Malaguena/Jeannine

    Le centre commercial architectural mais pas plus 2 raisons : 2 entrées donc en cas de mistral toutes les feuilles et poussières y rentrent , après une critique que j’avais faite à klepierre sur l’absence de sièges parallele avec les terrasses du port et donc ils en ont rajouté mais si peut et puis pas d’endroit sympa pour manger ou se désaltérer. Et puis déjà à Marseille les docks du sud échec commercial, le nbre de cellules vides rue de la république. Idem j’ai compté au moins 5 cellules vides rue saint ferreol. Stop le budget des ménages surtout à Marseille n’est pas extensible

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    • Pierre Pierre

      On vous a puni de ponctuation ?

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  3. Raymond Dayet Raymond Dayet

    Les réflexions de M. Moraine illustre à elles seules l’incompétence et l’absence totale de stratégie municipale de cette équipe. Avec leurs centres commerciaux faits dans l’intérêt de je ne sais qui, ils ont tué le centre ville qu’ils essaient de refaire vivre aujourd’ hui en changeant 3 ,pavés et en refaisant les peintures. Comme si cela allait changer quelque chose! Le centre ville est en train de mourir par votre faute cher Monsieur Moraine et chère Madame Vassal. Cela fait 20 ans que vous êtes au pouvoir et l »état du centre ville est votre résultat: saleté, insécurité, impossibilité de stationner, parkings hors de prix, absence de transports adaptés , logements insalubres et bien sur développement de centres commerciaux juste aux abords ,du centre ville… Pourquoi voulez vous que les gens aillent dans la fournaise d’un centre ville sale, inacueillant, sans sécurité, sans possibilité de se garer et mal desservi alors que vous leur avait fait des centres neufs, propres, climatisés et avec des enseignes dignes de ce nom? Vous avez un peu réfléchi avant de pleurer aujourd’hui? Ouvrir le dimanche ne changera malheureusement rien car le mal est plus profond. Par votre faute!

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    • Malaguena/Jeannine Malaguena/Jeannine

      Vous parlez de réfection de « 3 pavés  » et bien regardez sur twitter les quelques photos que j’ai transmises à vassal and co à Marseille la rue st ferreol « rénovée  » en 2014 certains pavés n’y sont plus donc trous dans la chaussée ne parlons pas de la canebiere sale, pavés disjoints jai chuté et je ne suis pas la seule, des tâches d’huile sur le trottoirs je me demande comment les futurs clients du mercure canebiere aura envie de s’y rendre je ris dans ma « barbe » d’entendre qu’avec le stade velodrome il y aurait un apport de clients

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    • LN LN

      Oui, elle est bien punie de ponctuation et de forme grammaticale….😱

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  4. Tarama Tarama

    Parce que le dimanche on va à la plage, et on a bien raison.

    Je ne sais pas qui est cette dame de la CCI mais quelle vision et quel vocabulaire détestables. « Désormais les villes doivent être gérées comme des entreprises », « on ne va pas dans les bas quartiers »…
    Encore une qui doit habiter au Royaume (probablement un « haut » quartier dans son esprit).

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    • PromeneurIndigné PromeneurIndigné

      A Aix ? Cassis ? Au Roucas ? Sur la Corniche dans une résidence ou une villa sécurisée du coté de Thalassa ou de Bompard ?

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  5. Tarama Tarama

    * au Roucas

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  6. LN LN

    … »Pour la Ville de Marseille, il s’agit de démontrer que le périmètre profite « d’un rayonnement international », est desservie « par des infrastructures de transport d’importance nationale ou internationale » et connaît « une affluence de touristes exceptionnelle » »…. Heu pardon, mais on est où là ? J’ai pas l’impression de voir et de vivre la même ville. Il doit me manquer aussi qqs réglages

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    • GlenRunciter GlenRunciter

      Si j’en crois Madame Biaggi, Cassis est ouvert le dimanche. Dois en déduire que la la Préfecture a constaté que Cassis était desservie « par des infrastructures de transport d’importance nationale ou internationale » ? Perso ça m’avait échappé. Sans rire, j’imagine que les critères vont au-delà de ces simples raisons.

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  7. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Il y a maintenant 25 ans que la droite ultralibérale est « aux affaires » (dans tous les sens du terme) à Marseille. On pouvait peut-être s’attendre à ce que la ville soit gérée « comme une entreprise » avec le souci de bien utiliser l’argent public. En réalité à part s’attacher une clientèle, on ne voit pas ce que les membres de l’équipe Gaudin ont réalisé d’utile pour l’ensemble des citoyens de la cité. Sans l’État LE MUCEM n’existerait pas. Sur une partie de son parcours le tramway fait doublon avec le métro. L’ex stade olympique souvent inoccupé, a été rénové deux fois en une vingtaine d’années sous prétexte d’accueillir quelques rares matchs internationaux. Le partenariat public-privé signé avec Vinci à cette occasion coûte un pognon de dingue aux contribuables marseillais. Alors qu’on manque de piscine on a trouvé l’argent pour créer une patinoire. N’oublions surtout pas le scandale de l’habitat indigne, l’abandon de certaines « écoles communales » etc.
    Quant à aller faire les boutiques le dimanche, il y a mieux à faire : randonnée en hiver, et en automne, plage parfois dès le printemps et en été. En outre le pouvoir d’achat, sauf pour une minorité, en prend un coup et les produits des boutiques de luxe des nouveaux centres commerciaux, coûtent souvent « un pognon de dingue » comme dit l’autre. On est abasourdi par le fait que certains commerçants marseillais aient été aussi peu avisés pour se laisser piéger par ces centres commerciaux, qui se multiplient pour le seul profit du BTP. Quant au pouvoir d’achat des touristes qui fréquentent les navires de croisière, on devrait dire les HLM de croisière il est souvent contraint et les magasins duty-free sur les bateaux leur suffisent. Ils ne traverseront pas la ville pour faire leurs achats au Prado, alors qu’ils ont déjà Les Terrasses du Port, Les Voûtes de la Major, Les Docks, Le Centre Bourse, les rues Paradis et Saint Ferrol et bien sûr pour les curieux, le marché Noailles pour l’ambiance et ses produits méditerranéens et exotiques.

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  8. mariposa mariposa

    La réussite du Prado passerait par le tourisme, mais qui va dans les centres commerciaux lorsqu’il est en vacances ? (aux exceptions près d’Harrods et Galeries Lafayette Paris).

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  9. Brallaisse Brallaisse

    Surtout pour retrouver des enseignes internationales qui sont déjà partout . H&M, ZARA pour ne citer que celles ci, ou d’autres encore.

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  10. Pirate Pirate

    J adore le shopping dans l urgence du samedi ! Quel stress !!

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