Pour sortir de la crise des urgences, l’AP-HM propose plus de brancards et d’heures sup

Actualité
le 10 Sep 2019
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Alors que la ministre de la santé Agnès Buzyn a présenté lundi des mesures pour soulager les urgences, l'AP-HM tente une sortie de crise sans convaincre les syndicats qui réclament, avant tout, des effectifs supplémentaires.

La Timone – Crédit Photo © AP-HM

La Timone – Crédit Photo © AP-HM

« On n’a pas du tout avancé sur les revendications« , lâche dans un grand soupir Pascale Jourdan, secrétaire générale CGT de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM). Après plus de trois semaines de grève et moultes discussions, les urgentistes de la Timone ont refusé le projet de protocole de sortie de grève présenté le 3 septembre par la Direction générale de l’AP-HM. Dans ce document, rédigé le 22 août et consulté par Marsactu, celle-ci s’engage « à apporter au plus vite des réponses dans la reconnaissance du travail accompli » par les aides-soignants et les infirmiers des urgences adultes.

Pour y parvenir, l’AP-HM propose notamment « le déplafonnement dérogatoire des heures supplémentaires », jusqu’à présent limitées à 20 heures par mois, et « l’élargissement du recours à l’intérim », déjà déployé cet été, alors même que la ministre Agnès Buzyn a annoncé lundi vouloir lutter contre l’intérim médical. De leur côté, les syndicats exigent avant tout des embauches supplémentaires et se plaignent d’un « sous-effectif chronique ». « Cela fait des années qu’on réclame de revoir les effectifs mais ils n’ont jamais accédé à notre demande, rappelle Pascale Jourdan, secrétaire générale de la CGT. Il y a normalement 14 aides-soignants et 14 infirmiers mais avec les absences, ils ne sont jamais plus de 11 ou 12, les accidents du travail et les congés maternité ne sont pas remplacés ». Du côté de Force ouvrière, bien qu’Audrey Jolibois, secrétaire générale, salue la démarche de la direction générale, elle souhaite, elle aussi, une « évaluation » du nombre d’aides-soignants et d’infirmiers.

Sur ce point, la direction générale indique dans cet accord que cette demande sera en partie examinée dans le cadre d’un « audit effectué par la Société française de médecine d’urgence ». « J’espère que ce n’est pas un effet d’annonce pour calmer les esprits », lance Pascale Jourdan. « Quand il n’y a pas de volonté de faire les choses, on a recours à un audit », pressent pour sa part Audrey Jolibois. Quant au déplafonnement des heures supplémentaires, « ce n’est pas une solution », estime Pascale Jourdan. « Les agents ont déjà entre 400 et 600 heures qu’ils n’arrivent pas à récupérer, épuisés, ils doivent être capables d’assurer des soins de qualité. »

Des brancards plus nombreux et géolocalisés

Autre sujet de discorde, la fermeture « totale ou partielle » de la salle d’accueil des urgences vitales en cas de manque d’effectifs. Dans ces cas-là, les patients seraient pris en charge par la réanimation des urgences. Mais, là aussi, les syndicats s’opposent à une telle possibilité, le manque de personnel étant « critique » dans tous les services, fait valoir Audrey Jolibois.

Coté matériel, la direction générale de l’AP-HM s’engage également à améliorer les conditions de travail de ses agents qui restent actifs malgré leur brassard « en grève ». Elle promet notamment d’équiper en climatisation la zone destinée aux personnes en attente d’hospitalisation, et d’augmenter le nombre de… brancards. « Aujourd’hui, il n’est pas rare qu’un patient qui a la jambe cassée doive rester assis », raconte  à Marsactu un membre du service. Trop souvent dégradés ou dispersés dans l’hôpital, ceux-là manquent régulièrement à l’appel. Dès lors, la direction générale annonce la commande de dix brancards, et chose surprenante, l’ouverture d’une « étude sur la mise en œuvre d’un système de géolocalisation des brancards ». Une avancée significative pour les syndicats ? « Quoi de plus normal que d’avoir le matériel nécessaire pour travailler », réagit agacée la secrétaire générale CGT de l’AP-HM.

Réunis en assemblée générale le 5 septembre, les grévistes ont décidé de poursuivre le mouvement. Le prochain rendez-vous est fixé au 11 septembre. A l’appel de la CGT, l’ensemble des services publics hospitaliers de la région sont appelés à se réunir devant le siège de l’agence régionale de santé (ARS). Objectif, obtenir des effectifs supplémentaires et des conditions de travail « dignes ». Le syndicat Force ouvrière a d’ores et déjà annoncé qu’il ne participera pas au rassemblement. Sollicitée à plusieurs reprises depuis le 5 septembre, l’AP-HM n’a pas été en mesure de répondre à nos questions.

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