Pour les régionales, une large union à gauche et plusieurs inconnues

Actualité
le 7 Mai 2021
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Jean-Laurent Félizia (EELV) a présenté ce vendredi 7 mai le "Rassemblement écologique et social" qu'il mènera aux régionales. Une alliance aux contours encore mouvants. Le départ surprise du Niçois Jean-Marc Governatori (Cap Energie) pourrait laisser le champ à l'arrivée de nouveaux partenaires.

Jean-Laurent Félizia a présenté sa candidature, ce vendredi 7 mai, à Marseille. (Photo C.By.)

Jean-Laurent Félizia a présenté sa candidature, ce vendredi 7 mai, à Marseille. (Photo C.By.)

“C’est un jour de gloire !” Jean-Laurent Félizia n’y va pas par quatre chemins : “La séquence que nous vivons est historique.” Lunettes rondes et accent bonhomme, l’entrepreneur-paysagiste de 52 ans, membre d’Europe-écologie-les Verts dans le Var, officialise sa désignation à la tête d’un “rassemblement écologique et social” pour les régionales en même temps qu’il cherche à exorciser le traumatisme de 2015. La gauche avait alors dû se résoudre au désistement républicain au second tour. S’il se lance dans “cette belle aventure humaine et politique”, c’est d’abord, dit-il, pour ramener “l’écologie et le social, absents de l’hémicycle régional” depuis six ans.

Ce vendredi 7 mai, dans une salle louée dans le 5e arrondissement de Marseille, le candidat présente les contours de cette union qu’il qualifie “d’inédite”. Le rassemblement, fruit de plusieurs mois de négociations – qui ont encore cours –, est large. Autour de Jean-Laurent Félizia : Thomas Roller, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste du Var, Marie-José Allemand, son homologue des Alpes-de-Haute-Provence, Anthony Gonçalves, du Parti communiste français, Capucine Edou de Génération.s, et Nathalie Morand d’EELV. Symboles du mariage “de citoyens engagés au-delà des appartenances à des organisations politiques”, poursuit Jean-Laurent Félizia. Avant d’ironiser : “On a regardé ces soi-disant rassemblements pour contrer le RN [l’alliance potentielle entre Renaud Muselier (LR) et Sophie Cluzel (LREM)]. Mais en réalité il n’y en a qu’un : c’est le rassemblement écologique et social ! C’est cela notre projet, c’est cela le tronc commun qui nous occupe.” 

Jours heureux

Au micro, ses futurs colistiers esquissent les lignes prioritaires du programme à venir : la jeunesse et sa formation, la lutte contre les déserts médicaux, les mobilités douces, l’accès à la culture… “Notre objectif est de créer les conditions pour aller vers des jours heureux”, synthétise Nathalie Morand en référence au programme du Conseil national de la Résistance.

Surtout, à la tribune, tous saluent les noces entre le “pôle écolo” (EELV et Cap écologie à l’origine) d’un côté et PS, PCF, Génération.s et Place publique, de l’autre. Un regroupement de “compétences plurielles” qu’il n’a pas été simple de réunir, convient Thomas Roller. Il laisse quelques mécontents sur le bord du chemin. Notamment chez les signataires de l’appel “Il est temps” qui réunissait en janvier les partis en question (sauf EELV), mais aussi la Gauche républicaine et socialiste (GRS), la France insoumise (LFI), et plusieurs collectifs citoyens. Parmi eux, Mad Mars, un des acteurs de la campagne gagnante du Printemps marseillais aux municipales, dont la fondatrice Olivia Fortin, adjoint au maire de Marseille, était candidate à la candidature pour prendre la tête de cette union.

“Pas un alignement de logos”

Ces derniers sont tous exclus de l’accord élaboré selon la stratégie des “cercles concentriques autour d’une tête de liste écolo” par Hélène Hardy, membre du bureau exécutif d’EELV, déléguée nationale aux élections qui a mené les négociations. “Ce n’est pas un alignement de logos”, promet le socialiste Thomas Roller. Cela y ressemble pourtant bigrement. D’autant que les citoyens sont plutôt appelés “à se mobiliser” au côté de ces listes plutôt qu’à y figurer en places éligibles…

Même logique, à la limite de la condescendance, à l’égard des “petits” partis comme la Gauche républicaine et socialiste. “On a été éjectés des discussions manu militari par Hélène Hardy, explique Alain Barlatier, coordinateur régional. On a des amis et des alliés dans cette union. Ils cherchent à faire passer l’idée qu’il faudrait un rassemblement le plus large possible. On est toujours disposés à discuter et à y présenter des candidatures… pour peu qu’elles soient crédibles.”

Autre absent notable de ces listes : la France Insoumise. “Je ne suis pas ennemi de la France Insoumise. Mais il y a quelquefois des velléités qui ne peuvent être satisfaites”, glisse Jean-Laurent Felizia, sans expliciter plus avant les raisons profondes de ce périmètre politique qui n’inclut pas le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Une pression de l’aile droite de l’union incarnée par Cap écologie et son leader, le Niçois Jean-Marc Governatori ? Non, rétorque Jean-Laurent Félizia.

Retrait surprise de Governatori

Au moment où la tête de liste répond, elle ne sait pas encore que Jean-Marc Governatori envisage de quitter le navire du “pôle écolo” et, par là même, de se retirer des listes du rassemblement. “Jean-Marc Governatori a appelé Jean-Laurent Félizia et lui a fait part de sa décision”, explique-t-on dans l’entourage de la tête de liste EELV. Jean-Marc Governatori pourrait présenter des listes sous sa propre bannière de Cap écologie, comme il l’avait fait en 2015 avant un ralliement rocambolesque à Christian Estrosi entre les deux tours.

Ce départ fait des heureux à gauche. Chez les militants communistes des Alpes-maritimes qui ne voulaient pas de lui, par exemple. Un membre de l’alliance régionale ne masque pas son soulagement: “Ça lève une hypothèque sur une source de tension et de complexité.” Et à la France Insoumise, aussi, on se réjouit. “Ce départ est très important. C’est un élément bloquant qui s’en va, car cette partie droite du pôle écolo refusait de discuter avec nous, se satisfait Marina Mesure, co-cheffe de file régionale de la France Insoumise. Maintenant nous demandons aux forces de ce rassemblement d’ouvrir le cercle.” Même écho chez Alain Barlatier (GRS) :“Ça peut rebattre toutes les cartes.”

La tête de liste EELV entourée de France Gamerre, Thomas Roller, Nathalie Morand, Capucine Edou, Anthony Gonvalçes, Marie-José Allemand et Pierre Moze, représentants des Partis socialiste et communiste, de Génération.s, de Génération écologie, partenaires de l’alliance. (Photo C.By.)

Scénario du second tour

“Pour l’instant ça ne change rien au périmètre politique dessiné et ça n’ouvre pas la porte à de nouvelles négociations”, indique-t-on toutefois dans l’entourage de Jean-Laurent Félizia. Mais échaudées par les premières discussions avortées, les troupes insoumises n’excluent pas tout à fait de partir en campagne de leur côté. “Nous devons voir si une dynamique émerge, d’abord. Mais cette option reste sur la table”, rappelle Marina Mesure.

Une liste sur sa gauche viendrait grapiller au rassemblement écologique et social des voix essentielles s’il veut, comme le martèle Capucine Edou (Génération.s) “arriver premier ou deuxième au soir du premier tour.” Cette éventualité, Jean-Laurent Félizia assure ne pas la craindre : “Il y a fort à parier que la FI et nous, nous aurons la joie de nous retrouver”, lâche-t-il sans vouloir “scénariser le second tour” avant l’heure : “C’est une décision que nous prendrons collectivement et en temps venu.”

Pour le moment, le conseiller municipal du Lavandou mise plutôt, et avec une délectation certaine, sur les errements dans lesquels sont englués la droite et le centre : “Une mauvaise bouillabaisse ! Nous, on ne fait pas de la cuisine, mais de la politique”, pique-t-il dans un demi-sourire. À ses côtés, Anthony Gonçalves, chef du service oncologie de l’institut Paoli-Calmettes et co-chef de file PCF pour les régionales abonde : “Avec la confusion qui règne en face, il y a là une opportunité”.

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Commentaires

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  1. Pythéas Pythéas

    La journaliste de Marsactu peut elle nous expliquer pourquoi, systématiquement est occulté la présence et le rôle du collectif “Les citoyens du sud”, très présent dans “Il est temps”. Depuis plusieurs mois, aucun des communiqués de Citoyens du Sud n’a été repris, alors que son appel a reçu de très nombreuses signatures et que son périmètre géographique est régional.
    Citoyens su Sud n’a cessé de demander une large union sans exclusive et a été l’un des seuls a faire des propositions en ce sens.
    Je comprends que Madmars soit cité, mais après tout, alors que MadMars n’avait pas adhéré à I”Il est temps” et n’est venu très tardivement sur le devant de la scène.
    Depuis des mois, aucun mot, aucune phrase d’un quelconque communiqué de Marsactu n’a été repris.
    Cette constance à ne pas citer un mouvement régional qui est aussi composé d’élus locaux et qui joue clairement un rôle dans le rassemblement a certainement des raisons éditoriales. Encore serait-il éthiquement correct que Marsactu les explicite. Le journalisme, c’est aussi de se justifier….

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    • Danièle Jeammet Danièle Jeammet

      les citoyens du sud c’est quoi c’est qui, combien de divisions ..A Marseille je ne les ais pas vu dans aucune mobilisation contre le racisme, contre la réforme des retraites, contre la loi sécurité globale, contre la loi raciste de Darmanin, le 1er mai. Ne serait ce pas un faux nez du PS tout comme Mad Mars ?

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    • Pythéas Pythéas

      Mme Jeammet, merci pour cette exclusion supplémentaire. Un sectarisme, sans doute, qui en vaut bien d’autres et qui annonce à coup sûr une bérézina supplémentaire de la gauche dans cette région.
      Une liste large, unique, ouverte, volontariste était nécessaire face au RN menaçant et à la droite qui a dirigée sans opposition de gauche cette région.
      A la place, on nous refourgue une combine d’appareils PS, EELV, PS qui ne fait qu’illustrer la déliquescence de la gauche. Tout s’est joué avec des émissaires venus de Paris qui n’ont en tête que la configuration Présidentielle 2022.
      Au détriment, bien sûr, des intérêts locaux.
      Il reste une semaine pour se ressaisir. Sinon, une nouvelle fois, nous serons balayés.
      Quant aux citoyens, votre remarque montre qu’il ne suffit pas d’être journaliste pour être au courant. Cela exige un peu plus de rigueur…

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    • Titi du 1-3 Titi du 1-3

      Si la défaite annoncée est la faute à Paris, alors……..

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  2. Bentouch Bentouch

    Il reste une semaine de tambouille pour éviter le naufrage de 2015. Si le RN est en tête (et il a des chances de l’être), la gauche risque de devoir se désister comme il y a 6 ans et offrir 6 années de plus à Muselière…

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    • patrick R patrick R

      Pourquoi se désister ? c’est ce que veut Macron qu’il n’y ait rien entre lui et le RN

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  3. Chris13 Chris13

    Le chef de file a l’air peu connu, mais bon, tant que sa liste est estampillée Union de la gauche et des écologistes les électeurs sont censés venir automatiquement non ?

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    • Mistral Mistral

      Union du centre-gauche plutôt, et J.L. Félizia n’a pas peur de s’allier à la droite, ce qu’il a fait aux municipales au Lavandou. Cette liste ressemble plutôt à celle de Castaner en 2015, une liste qui se dit de gauche mais qui basculera à droite à la première occasion.

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    • Chris13 Chris13

      C’est un calcul politique, la région sociologiquement ne penche pas vers la gauche radicale, il est donc plus intéressant de chercher à conquérir un électorat centre-gauche pour le premier tour.

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  4. leravidemilo leravidemilo

    Bon là, on avait beau s’attendre à quelque chose de pas très brillant, après la première dose des listes départementale, on a quand même un sentiment de stupréfaction. Pour régler leurs intérêts croisés de leurs “”stratégies””des présidentielles, z’ont lancé le bouchon un peu beaucoup loin, et ont perdu toute chance de pouvoir marquer le point.
    La Mm Hardi qui descends de Paris (la prochaine fois c’est eux qui devront y monter, comme Muselier) pour dessiner le “périmètre politique” du fleuriste du Lavandou et la “”stratégie”” des cercles concentriques autour d’une tête de liste racolo” et exclure “manu milirari” GRS, LFI et autres collectifs (ils sont tous unanimes la dessus) du périmètre, de la stratégie, des cercles concentriques, de toute discussion, fallait le faire, fallait oser. Bon et de l’autre coté du périmètre on va jusqu’à alliance écologiste/capécologie, place publique… bon, elle a pas pris Sophie Cluzel mais on sent qu’on l’a échappé belle…
    Sauf que, fallait oser, fallait le faire, mais maintenant va falloir en payer le prix, et ça va douiller! Outre qu’avec un tel attelage, marqué indélébile d’opportunismes politicards, de convergences d’arrangements tactiques à la petite semaine, l’affaire et bien pliée et pour de bon, ça en dit un gros bout sur la duplicité et/ou l’imagination délirante des signataires.
    Duplicité? prenons le PC par exemple, qui fait signer l’appel “Il est temps” par l’inévitable J Bacchi secrétaire fédéral13, et par les co secrétaires fédéraux des fédés 05,O6,83, plus par tous ceux qui préfèrent signer en tant qu’élus, dont l’audacieux Coppola… Un appel donc à l’union la plus large, et avec du contenu, pour venir ensuite avaler le périmètre, les ordres de la Mm Hardy, les cercles concentriques… et signer une telle copie, toute honte bue.( Un appel que je me suis bien sur retenu de signer quand j’ai vu la liste ornée de telles signatures, craignant de me faire couilloner une fois de plus). Et oui c’étaient des signatures individuelles, maintenant c’est le parti qui signe un tel accord désastreux. Mélenchon avait inventé le mouvement gazeux, il l’a joué petit bras, Roussel lui vient d’inventer le parti gazeux! (selon moi il y a urgence à le virer : c’est loin, très loin de M.G.Buffet, c’est en dessous du pas très glorieux P Laurent, ça rejoint même le tragique R Hu, devenu entre temps macronien…)
    Pour ce qui est du décollage fort définitif du réel, dans un imaginaire débridé, la nouvelle recrue (d’E.e.L.v tendance Costa del sol/lavandou) le bien heureux Féliz fera l’affaire, même si on a le choix, avec sa pédagogie “à la limite de condescendance” comme l’écrit Coralie (vous trouvez vraiment ça à la limite?). Et vas y que je brode sur la paille dans l’oeil de Muselier sans que la poutre qu’il s’est planté ne lui fasse ciller ni l’oeil ni ses belles phrases, et vas y que “le départ de cap écologie ne change rien au périmètre politique dessiné et ça n’ouvre pas la porte à de nouvelles négociations” parce que la porte c’est moi qu’il l’ouvre et la ferme sur les ordres de la Mm Hardy, et qu’elle a désssiné le périmètre et n’aime pas reprendre ses dessins, et vas y que “je ne suis pas un ennemi de LFI mais ils a des velléités que…” démerde toi avec ça, mais que c’est pas grave, qu’on se retrouvera un jour tu verras avec LFI, et sans doute la GRS et les collectifs… Avec LFI je ne sais pas, mais avec une bonne grosse partie de ses électeurs, oui da tu peux y compter, et plus ^tot” que tu n’as l’air de le croire!
    Bref, si je peux me permettre cette expression, la copie rendue est vraiment nullissime, et il reste quelque jour pour la re rédiger de A à Z, et c’est fort mal barré, et même si, les dégâts causés par ce torchon sont très consistants, et à la place de Mariani je ne manquerai pas de m’en gausser comme il l’a fait pour LR, mais il a d’autres chats à fouetter et ne nous fera pas ce cadeau là.
    Il s’agit d’une élection régionale, pour laquelle les convergences programmatiques étaient possibles (à la différence du national) et les stratèges en chambre des états majors parisiens (bien moins malins que C Jacob) les Jadot Bayou Maurel Roussel viennent de se faire la main sur notre région (ce qu’ils n’ont pu faire ailleurs),.
    de prendre la responsabilité majeure de la refiler au RN ou à LR ou à un mix. De nous promettre des jours bien sombres
    Et tout ça en nous invoquant rêveusement (Nathalie Morand) ” les jours heureux,” nom du programme du Conseil National de la Résistance, histoire d’une union la plus belle, la plus difficile à réaliser, et la plus salvatrice qui soit de notre histoire.
    A gerber vous dis je!

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    • LN LN

      C’est difficile parfois de vous lire. Alors je relis. Ça vient direct des tripes d’où la difficulté mais je partage votre avis. Finalement c’est bien dit 👌

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    • Mistral Mistral

      Depuis la GRS a réussi à négicer quelques places dont quelques ex élus PS qui savent très bien comment on négocie des places. Tout pour avoir un poste sans avoir peur de renier ses convictions.

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    • Chris13 Chris13

      Qu’est ce que la GRS ? On parle d union de la gauche ou d union de groupuscules qui ne représentent qu’eux même? Il faudrait lancer la campagne maintenant, il y’aura assez de stickers en bas de l’affiche.

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  5. B Filippi B Filippi

    Un rassemblement où il y a plus d’exclus que de rassemblés…super

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    • leravidemilo leravidemilo

      Un rassemblement qui fuit déjà de toutes parts, pendant la conférence presse de sa présentation. Un départ dans le premier cercle de la stratégie “des cercles concentriques autour d’une tête de liste écolo.” Mais bon, il nous reste la tête de liste écolo, et la pointe acérée du compas reste plantée au centre des cercles concentriques… Finalement, avec du recul, la “stratégie” de Barles pour les municipales (on veut pas savoir, “nous poursuivons notre sillon… …”, ) parait quand même plus besogneuse, mais moins sinueuse ou contournée!

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  6. Andre Andre

    Une liste de “gauche”, pour quoi faire???!

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  7. kukulkan kukulkan

    une honte que ce ne soit pas Olivier Dubuquoy qui porte la liste plutôt que ce Félizia…

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