Un « plan vélo » pour tenter de sortir Marseille de la queue de peloton

Actualité
Marius Rivière
21 Juin 2019 8

Le conseil métropolitain a approuvé l’adoption du plan vélo 2019-2024, présenté il y a quelques jours par Martine Vassal. Avec 280 km de lignes "vélo express", il s'agit de rattraper le retard colossal de la métropole en terme d'aménagements sécurisés, les précédents plans étant restés peu suivis d'effets.

Plan Vélo Marseille - Photo Emilio Guzman

Plan Vélo Marseille - Photo Emilio Guzman

Mieux vaut tard que jamais. Jeudi, les élus de la métropole Aix-Marseille Provence (AMP) ont voté à l’unanimité l’approbation du Plan Vélo 2019-2024 pour un montant de 60 millions d’euros. Un plébiscite de façade tant certains élus dans l’hémicycle semblaient peu enjoués par ce nouveau partage de l’espace public. Se réjouissant de la création de la piste cyclable de la Corniche, Nouriati Djambae, conseillère métropolitaine EELV, s’est faite  interrompre par Jean-Claude Gaudin, maire de  Marseille, visiblement désireux de marquer son opposition au projet. La suite de l’intervention de l’élue sur le nombre de décès prématurés dus aux particules fines et aux zones où la pollution de l’air dépasse les valeurs limites pour la santé se fera dans un brouhaha continu dans l’assemblée.

Photo Marius Rivière.

Les grands axes du plan avaient déjà été dévoilé par la présidente Martine Vassal (LR) lors de l’inauguration en grande pompe de la piste cyclable de la Corniche, à l’occasion de la 14e fête du vélo organisée par le collectif Vélos en Ville.

De carte en carte

D’ici 2030, la métropole prévoit de réaliser 16 « pistes cyclables sécurisées », aussi appelées « vélo express ». À Marseille, huit lignes doivent être aménagées, la plus longue de 23 km dite “du littoral” allant de l’Estaque aux Goudes. En tout, un peu plus de 280 km de pistes cyclables devraient voir le jour sur tout le territoire, dont 107 à Marseille.

Dès 2010, l’ancêtre de la métropole, la communauté urbaine de Marseille, cartographiait cependant déjà des « itinéraires structurants » similaires (voir ci-dessous). Depuis, les réalisations ont été aléatoires, au gré des rénovations de rues – trottoirs « partagés » sur le boulevard d’Athènes, rue Paradis à contresens, pistes cyclables dédiées sur certains boulevards des 9e et 10e arrondissements. Principales différences cette fois-ci : un budget annoncé de 30 millions d’euros en cinq ans sur Marseille, et des grandes opérations de voirie déjà lancées comme Lieutaud, le Jarret et le boulevard urbain sud.

À gauche, le schéma de cohérence des modes doux 2010. À droite le plan vélo 2019-2024.

Le lancement d’un service de location de vélos longue durée est également annoncé avec la mise à disposition de 1000 bicyclettes en 2021. À l’occasion du renouvellement du marché, une extension de l’offre de location de vélos en libre-service “Le Vélo” est aussi prévue, au nord, à l’est et au sud de Marseille, avec une option pour 11 autres villes du département, comme nous l’annoncions il y a six mois. Parmi les autre mesures (voir la liste complète ci-dessous), 3600 places de stationnement vélo, dont 60 % sécurisées doivent être réalisées.

« Loin des standards nationaux »

Avec toutes ces mesures, l’objectif de la métropole est d’atteindre 5 % des déplacements totaux effectués à vélo d’ici à 2024 contre seulement 1,2 % aujourd’hui, un chiffre à peu près stable depuis dix ans. Loin, très loin des 7,5 % de Strasbourg, championne nationale du vélo (lire notre article). « On est encore loin des standards nationaux. Paris ou Nantes, qui plafonnent à 5-6 %, possèdent deux à trois fois plus de pistes cyclables que ce qui est annoncé dans ce plan”, souffle Stéphane Coppé, dédié aux aménagements urbains pour le collectif Vélos en Ville.

La métropole assure que 200 km de pistes cyclables existent déjà à Marseille, le collectif Vélos en Ville, lui, en dénombre plutôt 70. « Le problème, c’est qu’ils mélangent volontairement pistes cyclables et voies partagées, à l’instar des bandes cyclables sur les trottoirs du Prado ou celles sur les voies de bus autour du Vieux-Port », détaille Stéphane Coppé avant de résumer : « Avec ce plan, on rattrape péniblement le retard accumulé depuis des années. Tant qu’on ne remettra pas réellement en cause la place de la voiture individuelle en ville, on aura du mal à faire de la place au vélo ». En 2018, la fédération française de bicyclette effectuait un classement des villes de plus de 100 000 habitants pour la pratique du vélo, Aix-en-Provence y pointe à la 38e place et Marseille à la 40e… et dernière.

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