Place du Refuge, le terrain vague va vers un avenir moins flou

Actualité
Marine Martin
6 Avr 2017 2

Le conseil municipal de lundi a validé un nouveau budget pour la création d'un jardin de quartier, place du Refuge au Panier (2e). Ce projet devrait offrir un espace vert au quartier et un potager partagé. Une fois surmontées les dernières difficultés d'un dossier compliqué, il restera à lui trouver un gestionnaire.

Le bas de la place du Refuge, au Panier, va enfin accueillir son jardin de quartier

Le bas de la place du Refuge, au Panier, va enfin accueillir son jardin de quartier

Ce trou à rats dure depuis 2006. Enfin le dossier avance et offre un espace de respiration dans un Panier très dense”, se félicitait Lisette Narducci la maire du 2/3, lors du conseil d’arrondissement, jeudi 30 mars. Ce lundi 3 avril, le conseil municipal de Marseille a offert une nouvelle vocation à cette friche qui barre le bas de la place du Refuge enfin comblée par la création d’un jardin de quartier.

Les travaux devraient débuter au mois de mai, selon Monique Cordier, adjointe à la mairie déléguée aux espaces naturels, parcs et jardins. Près d’un an après l’annonce de la création de ce jardin, une augmentation de programme de 190 000 euros s’ajoute aux 200 000 euros déjà prévus et va permettre de donner corps à ce projet de végétalisation d’une place très minérale. Les “concertations menées auprès des riverains ont fait émerger une forte demande de jardin public”, appuie le rapport soumis au vote.

Le projet d’immeuble écarté

De potager partagé, on est passé à “une végétalisation de l’espace”, explique Jérôme Mazas, architecte paysagiste de l’atelier Horizon, qui a remporté l’appel d’offres en septembre 2016. “Une partie sera un jardin partagé et l’autre, celle contiguë à la place du Refuge, sera un parc avec des bancs. L’idée est de trouver un équilibre entre ce qui va être cultivé ou non.

Longtemps, ce trou de 750 m² est resté en l’état, accueillant une végétation un peu folle, en friche, agrémentée de morceaux de tôles plus ou moins rouillés et habité par les rongeurs. Cette situation est née de l’effondrement d’un immeuble, qui serait intervenue en 2006. Inscrit dans une zone de protection du patrimoine urbain et paysager, le quartier est suivi de près par l’architecte des bâtiments de France (ABF) qui impose alors à la Ville de reconstruire pour respecter l’alignement historique de la rue Baussenque.

La place du Refuge, un mercredi après-midi. Photo : Marine Martin

Des mesures pour protéger les vestiges

Désormais l’hypothèse d’une reconstruction sur cette parcelle est écartée. Par le passé, trois permis successifs ont été déposés, déclenchant à chaque fois les recours de riverains, avant qu’une solution provisoire n’émerge sous la forme d’un jardin partagé. La menace s’éloigne, confirme Monique Cordier : “Les travaux vont déjà durer deux ans, ce n’est pas éphémère, on a mis les sous“. Jérôme Mazas, renchérit : “Les 190 000 euros en plus vont permettre de structurer au mieux le projet, il n’y est pas prévu de construction supplémentaire.”

Ce surcoût est aussi dû aux “mesures nécessaires pour assurer la protection des vestiges archéologiques et pour respecter les recommandations de l’Architecte des bâtiments de France pour ce site classé”, peut-on lire dans la délibération. Par le passé “des fouilles préventives ont été faites par le service d’archéologie de la Ville“, précise Monique Cordier. Cette présence de vestiges sans doute liés au couvent du Refuge datant du XVIIe siècle rend plus complexe et plus longue la réalisation du jardin. Les archéologues ont fait des prescriptions précises pour protéger les vestiges mis à jour avec la pose d’un filet. Selon André Malrait, adjoint au maire délégué aux monuments et au patrimoine historique, “d’autres études sont programmées pour voir dans quelle mesure on peut faire ce jardin. On évalue la dangerosité pour ces vestiges de l’infiltration de l’eau due à l’arrosage“.

“Une réappropriation populaire à ne pas rater”

Le jardin mixte construit, “l’espace sera transféré à la mairie de secteur en charge de l’entretien“, commente Monique Cordier. Le jardin sera géré par une association avec la signature d’une charte”. L’élue en charge des espaces verts comme la maire de secteur évoquent le centre social Baussenque, dont les locaux jouxtent la place du Refuge.

Pour l’heure, l’information n’est pas encore arrivée de manière officielle jusqu’au directeur du centre Alain Claret. Celui-ci préférerait une gestion plus proche des habitants :La structure peut apporter un soutien technique et administratif, mais la gestion du jardin doit se faire avec les habitants, des écoles, sinon cela n’a aucun intérêt : c’est une occasion de réappropriation populaire à ne pas rater“. Une réunion organisée par le centre social doit se tenir le 4 mai avec les acteurs du projet dont l’atelier de paysage et d’urbanisme Horizons, “mais sans les politiques“, précise le directeur. 

L’organisation n’en est certes qu’aux prémices, mais pour Monique Cordier, ce programme doit “servir d’exemple, car c’est un projet porté par les habitants”. Il reste que la gestion au quotidien du lieu est un vrai enjeu. Dans le même secteur et après un investissement important, la halle Kléber à Saint-Lazare (3e) a été livrée en 2010 mais jamais ouverte depuis alors qu’elle fait face à une école. Là encore, la maison pour tous située à quelques mètres avait refusé de prendre la responsabilité de la clef. 

Pour l’heure, au Panier, on reste optimiste. Déjà, la présidente du comité de quartier, Patou Rahal imagine des solutions pour assurer le budget au quotidien de ce lieu partagé.On pourrait cultiver des fleurs des 4 saisons et créer un marché sur la place pour les vendre. On pourrait aussi vendre aux enchères les panneaux de graff qui encerclent le trou“. Les idées ne manquent pas et il reste suffisamment de temps pour les faire fructifier. 

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