Entre menace sanitaire et pénurie de shit, les prisons confrontées à l’épidémie de Covid-19
Comme ailleurs en France, détenus et surveillants de la région redoutent les effets dévastateurs du virus dans des établissements surpeuplés. Jusqu’à présent, dans le département, quatre détenus incarcérés à Marseille, ont été testés positifs. De leur côté, les familles tentent de faire sortir leurs proches.
La dernière fois que Natasha* a vu son père, c’était le 14 février, "le jour de la Saint-Valentin". "Il allait plutôt bien", se souvient-elle. Mais depuis quelques jours, la jeune femme s’inquiète. Le sexagénaire, incarcéré au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet et déjà fragilisé par du diabète et du cholestérol, "ne sort plus de sa cellule" de peur d’être contaminé par le virus. "J’ai peur qu’il tombe malade et qu’il ne soit pas suivi", confie sa fille, âgée de 35 ans. Entre craintes, questionnements, colère ou résignation, les personnes détenues, confinées parmi les confinées, et leur famille font, elles aussi, face à l’épidémie de Covid-19.
Selon un dernier bilan établi par l’administration pénitentiaire, on compte désormais sur l’ensemble de la France, 75 cas positifs parmi le personnel (sur 42 000), et 31 chez les personnes détenues (sur 70 000). Dans la région, quatre détenus de la structure d’accompagnement à la sortie (SAS) des Baumettes, à Marseille, et une personne incarcérée au centre pénitentiaire de Toulon ont été testés positifs et transportés à l’Unité hospitalière sécurisée interrégionale (UHSI), située au sein de l’hôpital Nord. Côté personnel, 81 personnes ont été placées en quatorzaine, cinq sont contaminées.
Pour enrayer la propagation du virus, le ministère de la justice a suspendu depuis deux semaines les parloirs, et toute activité organisée en milieu confiné, comme l’enseignement et la musculation, obligeant les détenus à rester enfermés plus de 22 heures sur 24 dans des cellules de 9 mètres carrés, à deux voire davantage. Pour compenser, la ministre de la justice Nicole Belloubet a annoncé l’octroi d . . .
Vous voulez lire la suite ?
vous voulez lire la suite ?
Commentaires
0 commentaire
ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné⋅e.