Pénurie de WC publics à Marseille : la mairie fait "un geste"

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le 20 Juil 2012
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Difficile de se soulager à Marseille sans demander asile au bar du coin. Les 850 000 Marseillais disposent de seulement 14 sanisettes gratuites dans toute la ville, contre environ 400 à Paris et plus de 150 à Lyon. La mairie a lancé un appel d'offre – une annonce de location de WC mobiles l'an prochain – pour atténuer cette pénurie. Le dossier identifie quatre lieux clés pour accueillir ces cabines : la place Carli et son palais des arts (6e), le boulevard de Paris (2e) – à côté du Silo – Notre-Dame de la Garde (6e) et la Corniche au niveau du Roucas Blanc (8e).

Une mesure toutefois provisoire, dans le cadre de Marseille-Provence 2013. "On a prévu d'en louer entre 5 et 7 pour l'année prochaine", précise Martine Vassal, adjointe à la propreté et à l'espace public. Une démarche insuffisante pour faire face aux besoins des millions de touristes attendus pour l'événement. Nos internautes, à l'occasion d'un sondage, l'ont d'ailleurs placé parmi les trois mesures les plus urgentes pour l'été. Mais pour le reste, la mairie renvoie la patate chaude sur Marseille Provence Métropole (MPM) :

C'est un geste de notre part, sachant que tout ce qui touche aux toilettes publiques, c'est normalement la compétence de MPM.

Le silence de MPM

Malgré plusieurs relances de notre part, la communauté urbaine n'a pas voulu s'exprimer sur ce sujet, ni même nous indiquer l'emplacement des cabines aujourd'hui installées (bonjour l'open data…). C'est pourtant elle qui loue la dizaine de sanisettes à JC Decaux, qui nous a finalement transmis le détail (voir notre carte ci-dessous).

Quand on s'y penche, le coût important de ces contrats freine peut-être MPM. Prix à l'année de chaque cabine : entre 15 000 euros (cabine simple) et 25 000 euros (cabine adaptée pour handicapés). Soit plus de 280 000 euros de frais. Une dépense conséquente, certes, mais à comparer avec son budget 2012 de 1,6 milliards d'euros. A notre connaissance, MPM n'a pas commandé de nouvelles cabines, ni réfléchi à de nouvelles alternatives pour satisfaire cette demande pressante.

Pour couronner le tout, certaines cabines sont "capricieuses". Par exemple celle de la place Saint Victor qui "fonctionne de manière ponctuelle", nous rapporte un commerçant du quartier. La sanisette de la Pointe Rouge, n'est plus raccordée, admet Decaux. Derrière la place de l'Hôtel de ville, la cabine est carrément condamnée. Au Vieux-Port, elle est pour le moment hors-service pour cause de travaux…

Cafés, parcs ou "cabines de bien-être"

Face au manque de sanitaires, les restaurateurs du centre-ville ont parfois l'impression d'endosser le rôle de "dame pipi". Avec si peu de toilettes en centre-ville, les passants n'ont pas d'autre choix que d'aller toquer à leur porte. Quand on demande à Laurent Vendamme, restaurateur et président de l'association des commerçants du centre-ville si cette situation booste son chiffre d'affaire, sa réponse est tranchante :

Il arrive qu'ils viennent à quatre et nous commandent un café, rien que pour utiliser nos WC. Ça ne nous rapporte pas d'argent et on doit parfois nettoyer derrière eux.

Un phénomène qui touche selon lui plus particulièrement les restaurateurs du Vieux-Port, lieu de prédilection des touristes. Y aurait-il des alternatives ? Martine Vassal a deux idées :

On en a déjà dans les parcs, et les bâtiments publics. Et puis dans la loi rien ne nous oblige à fabriquer des toilettes.

Et à part Borély, les plages et l'Hôtel de Ville ? Comme souvent quand le public n'assure que moyennement un service, les regards se tournent vers le privé. Soutenus par la mairie, les commerçants du centre-ville réfléchissent depuis 3 ans à l'idée d'un point WC. Le concept : des "cabines de bien-être" payantes, où le client à le choix entre différentes ambiances. Il peut même y acheter des produits dérivés : papier toilette coloré, lave-main, bouteilles de vin (sic) etc. Un business déjà florissant à Paris ou à Lyon.

Sauf qu'aucun investisseur ne s'est manifesté à Marseille. "Il est difficile de trouver le bon emplacement et garantir la rentabilité ici", explique le porte-parole des commerçants. En attendant, les passants pourront apprécier les 5 (ou 7 ?) cabines à l'effigie de Marseille Provence 2013 à partir de janvier prochain. Les détourner en objet artistique, la ville n'a pas trouvé mieux pour se convaincre de ne pas pisser dans un violon…

L'emplacement des sanisettes de Marseille. En jaune, les futurs WC mobiles pour MP 2013. En vert et blanc (adaptées aux handicapés), les sanisettes en service.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    C’est marrant mais je me souviens de l’installation de cette sanisette place du 23 janvier 43 et je n’ai jamais pu m’en servir, soit squattée par des sans-abris soit hors service…

    Pourquoi est-ce que dans cette ville à chaque fois que la mairie fait un petit effort (si petit soit-il) elle lâche prise part la suite et n’assure même pas l’entretien de base, non, à Marseille on laisse les choses se dégrader petit à petit tout le monde s’en tape, quand je vois l’état des trottoirs de la Canebière ou de la rue de la République c’est à en pleurer on creuse dans le pavage et on rebouche au goudron, faut arrêter !!

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  2. Anonyme Anonyme

    Le plan des toilettes publiques fait vraiment pitié il n’a d’égal que celui du métro marseillais.

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  3. Lb Lb

    Pourtant il s’agit de repondre a un besoin de base… Comme a Paris, il devrait y avoir des toilettes publiques gratuites et en nombre suffisant.

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  4. La Vigie La Vigie

    Que c’est bas et mesquin de voir la ville rejeter la responsabiilité sur MPM. Qu’en était-il pendant la gouvernance de MPM par JC GAUDIN ? IDEM ! Ce n’est pas d’aujourd’hui que reigne, par exemple, cette odeur nauséabonde et suffocante de pisse le long des murs du Centre Bourse, lieu très fréquenté par les Marseillais et les touristes. Mesdames et Messieurs les élus, sortez un peu de vos bureaux et voitures de fonction, marchezl à pieds un peu autour de la Mairie et vous mesurerez dans quel état de crasse est notre ville.
    Pour ce qui est des WC publics, certainement indispensables mais hélas , comme pour le reste , ils seront vite dégradés par manque d’entretien et de surveiilance. Voir la Canebière, le Cours Jean Ballard etc…

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  5. pmo13 pmo13

    Comment dire…je suis submergé par l’émotion !!!! Merci Monsieur le MAIRE….

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  6. Anonyme Anonyme

    C’est çà,exactement!à en pleurer çà coûte 1 maximum et on laisse tout aller à vau l’eau,aucun suivi,aucune maintenance,ce n’est pourtant pas les fonctionnaires qui manquent!!Canebiére,rue de la république refaites à neuf et déjà pourries.

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  7. danton danton

    j’ai reçu,pour le compte de la ville de Marseille,il y a qques années une délégation sud américaine dans un contexte d’échanges gérontologiques.Après un sobre mais bon repas au resto de la Vieille Charité s’ensuit une visite très intéressante des expos en cours.A l’issue un besoin pressant et partagé par les participants nous conduit vers les lieux à priori adéquats : les toilettes publiques ( pleines, obstruées, débordantes…) ce qui a amené la responsable du site à proposer son wc particulier à la délégation…Apparemment celà ne choquait personne.
    Ma dernière séance de travail dans les favelas brésiliennes à laquelle je participai m’as permis , à l’issue, de satisfaire mes besoins dans un lieu propre, pourvu( ô miracle) d’un rouleau de papier hygiénique simplement sur un muret et que tout le monde respectait. Prochainement ( peut être) l’état des toilettes de Charles de Gaulle à mon retour ( ou la nécessité de savoir pagayer pour accéder), bises

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  8. loulouvert loulouvert

    aujourd’hui on parle des toilettes publiques et c’est très bien. On ne pousse quand même pas le vice à parler de toilettes sèches qui fonctionne très bien, notamment en évènementiel ou en refuge de montagne !
    bon, après on parlera des points d’eau potable dans l’espace public ?
    remarque, comme on ne peut pas boire de l’eau sur les trottoirs on n’a pas besoin d’aller ensuite pisser …

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  9. Anonymuse Anonymuse

    Martine Vassal a deux idées :

    On en a déjà dans les parcs, et les bâtiments publics. Et puis dans la loi rien ne nous oblige à fabriquer des toilettes. Voilà qui est dit, ils s’en foutent, ils préfèrent mettre 200 millions € ds un stade, aura t’il des toilettes ???

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  10. Céhère Céhère

    C’est peut-être pour fêter l’ouverture du musée Borély, mais la sanisette decaux située devant l’entrée du parc a été supprimée.

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  11. Anonyme Anonyme

    C’est une honte qu’une grande et belle ville comme la notre sente le pipi partout jusque dans les parkings. L ´horreur.

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  12. Anonyme Anonyme

    Les toilettes mobiles installées en 2013? Il fallait vraiment les chercher, j’en ai vues sur l’esplanade du J4, mais il semble que leur entretien laissait à désirer d’après les remarques de certains touristes… Rien sur le port, ni sur la Canebière, ni au Vallon des Auffes où les cars de touristes font une halte pendant les tours de ville. Il y en avait seulement en face de l’hôtel Palm Beach vers la fin de la Corniche, pas vraiment un endroit stratégique pour les visiteurs.
    Au parc du palais Longchamp, les toilettes publiques existent mais ne sont pas toujours ouvertes, et le café en face (bd Montricher) ne permet pas aux touristes d’utiliser ses toilettes même s’ils consomment! Un scandale de plus.

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  13. touriste touriste

    Le 5 aout 2014, toujours pareil. Je garde une curieuse image de Marseille.
    Cela laisse a penser que le deficit de wc est savament organise.

    Ns avons mange dans un fast food du vieux port. 1 toilette sur 3 fonctionnait.
    La serrure etait hs.

    Bravo Marseille, voila ce que nous touristes retiendrons!

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  14. Anonyme Anonyme

    Marseille = 240 Km² et 9 Sanisettes (soit 1 tous les 26,7 Km² !!!)
    Paris = 105 Km² et 400 Sanisettes (soit 1 tous les 0,26 Km²)
    Lyon = 48 Km² et 200 Sanisettes (soit 1 tous les 0,24 km²)
    … pour avoir le même nombre de sanisettes au Km² qu’à Paris ou Lyon, il faudrait à Marseille : 923 Sanisettes (soit 100 fois plus !) … et ça pourrait créer 1846 emplois de “dame pipi” avec 1 salaire fixe (payé par MPM ou par chaque Mairie de secteur) à raison de 2 salarié(e)s par Sanisette et en plus ça pourrait rester propre et gratuit!

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