Parents, enseignants et syndicats réclament des embauches immédiates dans les écoles

Actualité
le 30 Mar 2021
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À l'approche du premier vote du budget par la nouvelle majorité, l'ensemble des acteurs de l'école à Marseille appellent à des embauches immédiates pour rattraper le retard accumulé.

À l'approche du vote du budget, syndicats et parents d'élèves insistent pour recruter davantage d'agents des écoles. (Photo : BG)

À l'approche du vote du budget, syndicats et parents d'élèves insistent pour recruter davantage d'agents des écoles. (Photo : BG)

Certains avancent le chiffre de 900, d’autres réclament “une ou deux embauches par école”, la plupart rappellent l’engagement de campagne du Printemps marseillais à “améliorer considérablement la qualité d’accueil et le taux d’encadrement pour se hisser au même niveau que les autres grandes villes françaises”. Un agent Atsem pour huit élèves en maternelle à Rennes, un pour 14 à Montpellier pour la même classe d’âge. En primaire, c’est un pour 18 à Lyon et un pour 14 à Lille. Loin, très loin, des taux marseillais où l’ordinaire est d’un agent pour 25 en maternelle et un pour 50 en primaire.

Syndicats de professeurs ou d’agents municipaux, associations de parents d’élèves ou collectifs plus ou moins formels sont unanimes dans leur demande : “Plus d’agents dans nos écoles”. Dans le 13e et 14e, des enseignants ont rédigé une lettre ouverte pour demander l’embauche immédiate de personnels pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme “une réalité intenable”.

“Comment travailler correctement dans des classes dépassant souvent les 30 élèves sans présence d’une ATSEM ? Pour une ATSEM, comment être à la fois en train de changer un petit et en train de surveiller une classe aux toilettes ? Comment faire l’accueil des petits dans les classes quand il faut surveiller l’entrée et que le personnel manque ? Et une ATSEM par classe, serait-ce encore suffisant pour couvrir le ménage, l’aide pédagogique et la surveillance du temps cantine ?”

Rappel au programme

Un peu plus près du centre-ville, ce sont des parents d’élèves des 4e et 5e arrondissements qui font tourner une pétition depuis plusieurs semaines, autour d’eux et plus largement, pour réclamer l’embauche immédiate de personnels et un plan pluriannuel pour améliorer le taux d’encadrement. “De 1/10 en maternelle et 1/20 en élémentaire comme annoncé dans votre programme de campagne”, comme ils l’écrivent dans leur lettre aux élus. Ce taux d’encadrement régulièrement mis en avant concerne la seule pause méridienne pour laquelle le programme du Printemps marseillais promettait effectivement “de répondre à cette norme”. Au sein de ce collectif, certains ont sorti la calculette et réclament 300 à 400 embauches par an pour atteindre ce taux.

Cette convergence des appels ne doit rien au hasard. Le Printemps marseillais vote ce vendredi son premier véritable budget. La place que l’alliance de gauche va consacrer à l’école est donc scrutée avec attention. “Il faut être clair : à la rentrée prochaine, il n’y aura pas d’agents en plus, estime Yannis Darieux, secrétaire général de la FSU. Le budget ne prévoit pas d’embauches supplémentaires, en dehors de celles qui ont été faites à la rentrée 2020“.

La honte de la République, versant personnels

Avec d’autres syndicats de la Ville, la CGT, la FSU et le collectif des écoles organisaient lundi une conférence de presse commune pour réclamer un plan d’embauche immédiat. “Il y a quelques années, Libération faisait sa Une sur la honte de la République en parlant du bâti des écoles, se souvient Sébastien Fournier, du SNUIPP. Aujourd’hui, on pourrait faire la même Une en parlant du personnel. Nous sommes conscients qu’ils ont hérité d’une situation intenable, mais ils ont la possibilité de modifier cette réalité. Et en, 15 mois, ils ont la possibilité de commencer à le faire“.

Jusqu’ici, la règle observée est celle du “un agent de moins qu’il n’y a de classe de maternelle dans l’école”.

Les syndicats se refusent à avancer un chiffre global sur l’ensemble de la Ville, tant la réalité des effectifs est en elle-même opaque. “D’une école à l’autre, les situations sont très différentes, explique encore Yannis Darieux. C’est pour cela que nous préférons parler d’une embauche de un à deux agents par école, uniquement pour faire face aux manques”. Ce calcul à la louche répond à un mode de calcul purement marseillais qui prévoit systématiquement une Atsem de moins qu’il n’y a de classe de maternelle dans les écoles. Ce constat était décrit dans le programme du Printemps qui entendait y mettre fin, sans poser d’horizon précis à cette attente.

La brigade volante tant espérée

Même chose pour la reconstitution d’une brigade dite “volante” regroupant des agents remplaçants censés pallier les manques d’une école à l’autre. Avant son arrivée aux affaires, la coalition de gauche évoquait un chiffre de 300, rarement rappelé depuis. Or, pour tous les acteurs de l’éducation, c’est la priorité des embauches. “Dans mon école, les Atsem sont rarement absentes, explique Aline, une enseignante en maternelle dans les 13/14, syndiquée au SNUIPP. Plusieurs fois par semaine, elles sont donc appelées en renfort sur d’autres écoles où les personnels sont absents. Du coup, l’enseignant se retrouve seul dans sa classe de 10 heures à 14 heures“. Et dans certains cas, l’agent des écoles se retrouvent avec 34 élèves à la cantine quand “la règle” en prévoit 25… Et le service municipal appelle en catastrophe une autre agente d’une autre école à la rescousse.

Une situation rendue encore plus prégnante avec la crise du Covid et la difficulté de faire respecter le protocole sanitaire. Adjointe déléguée à la place de l’enfance dans la Ville, Sophie Guérard comprend cette impatience. D’autant plus qu’elle s’est engagée en politique à partir de sa situation personnelle d’enseignante de maternelle et directrice d’école. En revanche, elle refuse de s’engager sur un chiffre précis d’embauches. “Nous ne pouvons pas décorréler les embauches du nombre d’agents en maladie, en attente de reclassement ou absents, explique l’élue. Je comprends l’impatience de chacun, mais nous ne pourrons régler les choses que sur le temps long“.

“Un secteur déjà massacré”

Depuis son arrivée aux affaires, Sophie Guérard reconnaît une “début de mandat bien difficile” avec une épidémie qui a fait monter le taux d’absence en flèche “dans un secteur déjà massacré”. La nouvelle majorité emploie donc le système D pour limiter la casse. “Je le vois dans mon école, ce sont des bouts de ficelle, parfois c’est un maître-nageur qui remplace une Atsem, mais on n’est pas abandonnés”.

Comme son collègue adjoint Pierre Huguet, Sophie Guérard met en avant les 400 embauches de la rentrée dans les écoles et les crèches. “Mais quand on prend les 300 autorisations spéciales d’absence liées au Covid à l’automne, on arrose le sable. Sans compter que dans cette ville, quand une agente veut obtenir un reclassement parce qu’elle est usée par un travail dur, elle doit se mettre en maladie longtemps. Or, elle est toujours comptée dans nos effectifs”.

On est sur la refonte d’un système, cela prend du temps.

Sophie Guérard, adjointe

L’élue donne 2022 comme horizon possible d’une reprise des embauches. Le temps de laisser se finir la commission d’enquête sur les écoles annoncée par le maire lors du dernier conseil municipal et dont les conclusions pourraient être connues à la rentrée de septembre. Dans le même temps, une phase de concertation a débuté il y a quelques semaines avec l’ensemble des acteurs de l’école et doit permettre de repenser les métiers et les rôles de chacun. “On est sur la refonte d’un système, cela prend du temps”, insiste l’adjointe. “Mais la réorganisation des services ne suffit pas, si on veut que cela fonctionne, il faut faire les deux et recruter en même temps”, estime Pascale Beaulieu, secrétaire générale de la CGT des territoriaux. En face, Sophie Guérard soupire mais ne désarme pas : “pour moi, cela reste la priorité, mais je préfère dire que cela prendra les cinq ans du mandat”.

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Commentaires

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  1. Gregoire13 Gregoire13

    400 embauches pour les écoles? C’est le chiffre annoncé, le 19 février, par Benoît Payan, dans une interview à La Provence. Regardons-y de plus près…
    Les recrutements ne concernent pas que les écoles, on y a ajouté les crèches: encore une originalité marseillaise, on affecte des ATSEM, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, dans les crèches…
    Une partie des embauches sont (ou seront) des remplacements de départs à la retraite, des reclassements et des promotions. Enfin, près de la moitié des contrats est constituée de contrats précaires et à temps partiel. Allez voir par exemple sur le site de la mairie cette offre: https://www.marseille.fr/sites/default/files/recrute/offres/FichesOffres/OFFRE_00002938.pdf
    Un CDD de quelques mois de 10 heures par semaine! Est-ce avec des offres comme celle-la que la mairie pense remédier d’une façon durable à la situation?
    C’est triste à dire: le Printemps marseillais fait à peine mieux que la municipalité Gaudin, les années précédentes. Voir le rapport de la Cour régionale des comptes de novembre 2019 sur la gestion du personnel à la ville de Marseille pour la période 2012-2018.

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    • Zumbi Zumbi

      La rumeur dit que le secteur le plus opaque et le plus infesté de clients des anciens et actuels édiles gaudinovassalesques, c’est les “Ressources Humaines”. Et que pas mal de titularisations de “tatas” à l’automne dernier ont bénéficié… à des colleuses d’affiches de cette triste bande. Quand on voit que lorsque le PM essaie d’appliquer la loi, seulement la loi, au chef du syndicat qui corecrutait les personnels du maire ” syndiqué d’honneur”, cela soulève un tollé, on voit que nous ne sommes pas sortis de l’auberge. D’aucuns estimaient qu’il devait bénéficier des mêmes passe-droits que les proches collaborateurs de Gaudin, pourtant dénoncés par la Cour Régionale des Comptes !
      Bref il faut recruter, et vite, mais qui le fait, qui le fera, selon quelles règles et dans la transparence ? Bon courage, et rêvons d’une fonction publique débarrassée de l'”exception marseillaise” !

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  2. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    La priorité du Printemps Marseillais doit être l’école « Communale »,qui est au cœur des compétences d’une commune. Comme disait Victor Hugo : « une école qu’on ouvre c’est une prison qu’on ferme » . Il est inadmissible que l’argent public serve à financer des équipement somptuaires, tels la patinoire ,le grand stade, (Rénové deux fois en 20 ans sous prétexte de normes FIFA), le tramway qui fait doublon avec le métro, les JO maritimes Etc.. Ces équipements ont coûté ou couteront un pognon dingue et son rarement utilisés. La crise du Covi19 révèle l’inanité des choix économiques du professeur de collège privé Gaudin et de sa garde rapprochée de seniors. La preuve en est apportée par les HLM de croisière, à l’arrêt dans les bassins du grand port maritime tout en polluant l’atmosphère. Ça aurait de la gueule si PAYAN osait dire : mes priorités ce sont,: Les écoles, l’habitat indigne, les transports en commun. La crise du COVI 19 est un cas de force majeure ,pas un euro pour les J.O. nautiques, .Pourquoi Nice ne les récupérait-t-il pas ?C’est une ville riche .

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    • Pierre12 Pierre12

      Payan le dit…, il ne fait que ça d’ailleurs, renseignez vous
      Après le dire, c’est très facile, financer c’est un autre problème.
      Si les précédentes majorités avaient pu financer, elles ne se seraient pas privées de le faire.
      Pour les transports en commun, ce n’est pas Payan, mais Martine, chère aux lecteurs de Marsactu 😉.
      Pour les jo, vous avez raison, il ne faut pas rénover le stade, pas accueillir les jo, pas faire de patinoire, de piscine…financer seulement les écoles, la Ville va beaucoup mieux avancer.

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  3. Brallaisse Brallaisse

    Pierre 22 si la précédente avait pu financer dites vous Elle l’a fait,mais au bénéfice du privé depuis 25 années.
    Et vous les trouvez nos belles écoles marseillaises.
    Mais svp ne me parlez ni des jésuites ou des dominicains.

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Et vous les trouvez comment nos belles écoles marseillaises ?

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  5. Hde mars Hde mars

    Je ne pense pas que nous ayons moins de personnel municipaux que les autres villes .ils seraient bien de voir comment ils sont répartis

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    • Gregoire13 Gregoire13

      Contrairement à une idée reçue, Marseille “est dans la fourchette basse concernant le ratio d’employés municipaux par rapport aux habitants”, a rappelé Joël Canicave, qui sait de quoi il parle puisqu’il est adjoint aux finances.

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  6. Minh Derien Minh Derien

    Je ne comprends pas bien : “Un agent Atsem pour huit élèves en maternelle à Rennes, un pour 14 à Montpellier pour la même classe d’âge. En primaire, c’est un pour 18 à Lyon et un pour 14 à Lille. Loin, très loin, des taux marseillais où l’ordinaire est d’un agent pour 25 en maternelle et un pour 50 en primaire.”
    En primaire, ce ne sont pas des ATSEM, puisque les les ARSEM sont des “”agents territoriaux spécialisés des ÉCOLES MATERNELLES”!
    Alors, de quels personnels (nettoyage-entretien ? animateurs?) est-il question pour ces écoles primaires?.
    Sinon, pour les écoles maternelles, avez-vous le ration à Paris ? Je serai intéressé. Merci.

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    • juH juH

      A Paris: 1 adulte pour 14 enfants en maternelle et 18 en élémentaire.

      Effectivement, les ATSEM ne travaillent qu’en maternelle (dans les villes normales… a Marseille ils travaillent aussi dans les crèches).
      Dans les écoles élémentaire, à Marseille, il s’agit d’agents d’entretien (ATE) et d’ASIC (agent de surveillance inter classes CDD de quelques mois pour 10h/semaine).
      A Paris, il s’agit d’animateurs, la plupart du temps personnel statutaire.

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  7. Minh Derien Minh Derien

    ratio !

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  8. raph2110 raph2110

    Pour supporter les coûts de ces recrutements en nombre, peut-être faudrait-il que les ATSEM ne soient plus des Tatas et ainsi il serait envisageable de leur confier aussi des enfants sur les garderies du matin et accueil périscolaire du soir. Cela ne pourrait-il pas diminuer considérablement le marché du périscolaire ? Et peut-être augmenterait le volume horaire de ces personnes recrutées. Il faut revoir la mission des ATSEM comme c’est déjà le cas dans d’autres villes.

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  9. julijo julijo

    Commentaire pour « pierre12 » même si ça ne sert pas à grand chose….
    je trouve sa conclusion parfaite !! mais, gaudin a rénové le stade pour cher, gaudin a accepté les JO pour cher , a fait une patinoire pour cher… et moi, contribuable marseillais je ne suis pas content , pas de piscine par contre le sinistre et incompétent miron pourrait en parler…..!
    Alors oui je veux bien que la ville FINANCE « SEULEMENT » LES ECOLES, et oui, on va beaucoup mieux avancer !

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    • juH juH

      Pareil. Malheureusement, le nouveau budget prévoit: 0 embauches pour les écoles… Pendant ce temps, les enfants et le personnel subissent. Où sont les engagements de campagne Mr Payan ? La restriction du droit de grève signée avec FO a été la première et la seule mesure en (dé)faveur des écoles pour ce qui est de l’encadrement des enfants. Rien sur le budget de fonctionnement. La part de la caisse des école a même été diminuée de moitié alors qu’il s’agit d’un bon moyen d’aider les plus fragiles. Il faudrait qu’on nous explique ce qui a changé depuis l’élection du Printemps Marseillais. Il y a peut-être eu l’espoir mais on a tous un peu l’impression d’avoir été floués. La com’ ne pourra pas fonctionner indéfiniment.
      Au mois de juillet, vote du budget de Gaudin, 0 € pour le fonctionnement des écoles en ces temps de crise sanitaire. On allait voir ce qu’on allait voir pour le premier vrai budget du PM. Résultat: que dalle. Combien de temps allez vous encore accuser Gaudin (à juste titre au début) ? Ça commence à se voir. La continuité emballée dans un joli papier cadeau.

      https://www.facebook.com/CollectifEcolesMarseille/posts/3848673195209572?comment_id=3851756048234620&notif_id=1617111021953231&notif_t=feed_comment&ref=notif

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  10. Brallaisse Brallaisse

    Juh, je suis d’accord sur le fait que PM ne va pas assez vite.
    Être floué non. Pourquoi, cette ville vit à crédit depuis des décennies pour des investissements pas forcément intelligents, une organisation défaillante,des gabegies, des gaspillages pour être sympa. Nous ne parlons pas de centimes mais de 1.5 milliard d’euros.
    Alors il n’y a pas 36 solutions . Augmentation des impôts,emprunts supplémentaires,aides de l’État ou rétablir la situation mais sur le long terme en n’investissant pas.Ou bien encore,faire un braquage.
    Les additions se payent toujours ,vous venez de le découvrir et nous la payons.Merci Gaudin.
    Alors Pierre12 qui est amnésique qui ne donne pas d’avis sur l’héritage Gauguin en matière d’écoles,sur l’endettement,sur la qualité morale de certains éléments de la vassalie joue son rôle de troll.
    Marseille est en quasi cessation de paiement et cela n’est pas Payan et son orchestre qui ont générés cette Désolé.
    Rendons à Jean Cloooode et Martinnneeeuu ce qui leurs appartiennent.Mais comme dab c’est pas leurs fautes.

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