Noailles reçoit une ministre mais se cherche toujours un avenir

Actualité
Benoît Gilles
31 janvier 2017 3

La secrétaire d'État à la ville, Hélène Geoffroy était en visite éclair à Noailles ce lundi après-midi. Au-delà de l'exercice minuté, c'était l'occasion de revenir sur l'avenir du quartier, en partie déterminé par un plan-guide qui doit repenser l'habitat, la gestion urbaine de proximité et la circulation. C'est le dernier point qui ferait obstacle. Mais les premiers coups de pioche sont attendus place des Capucins avant la fin 2017.

La secrétaire d'état à la ville, Hélène Geoffroy, flanquée du député PS Patrick Mennucci et de la vice-présidente de la métropole Arlette Fructus. Photo : B.G.

Une visite ministérielle est minutée. Chaque pas compté. Venue à Noailles à l’invitation du député socialiste Patrick Mennucci, en campagne pour sa réélection, la secrétaire d’État à la ville, Helène Geoffroy avait 40 minutes pour déambuler sur 200 mètres de la rue d’Aubagne avant de poursuivre vers d’autres étapes de sa visite marseillaise.

L’ancienne députée de Vaulx-en-Velin sait y faire pour ne pas donner l’impression qu’elle est pressée par son équipe qui lève les yeux au ciel au moindre imprévu. En rencontrant les commerçants, les responsables associatifs (Dunes, Vélos en ville, Daki Ling, Destination familles), elle a un mot pour chacun, pose une question et écoute la réponse. La vice-présidente en charge de la politique de la Ville, Arlette Fructus tente de faire valoir les actions de ses services. Le député joue les hôtes dans sa circonscription. Les habitants regardent passer le cortège, vaguement curieux ou très indifférents.

Qu’est devenu le plan-guide de Noailles ?

L’exercice est connu. Rembobinons de quelques minutes. En attendant la secrétaire d’État déjà en retard, Françoise Guyon, énonce ses attentes : « Je suis à la recherche d’information sur le plan-guide concernant Noailles, explique celle qui est membre du conseil citoyen du centre-ville. Fin 2014, la Soleam avait organisé une réunion publique pour connaître les attentes des habitants sur l’évolution du quartier. Et depuis, plus rien. » Un silence que Marsactu a déjà interrogé à plusieurs reprises.

Appuyons plus fort sur le rembobineur. Il y a près d’un an, nous consacrions une série d’articles rassemblée sous le terme Vivre à Noailles. Habitat indigne, gestion urbaine de proximité, travail social… Notre travail tournait autour d’un plan-guide en cours de réalisation par une équipe de sociologues et d’urbanistes, mandatée par la Soleam, société publique locale, pour réfléchir à l’évolution du quartier. Celui-ci promettait d’être rapidement rendu public « après validation par l’ensemble des services« .

Relire ici notre série Vivre à Noailles.

Depuis le plan-guide – et la concertation avec les habitants – est resté coincé dans cet imbroglio. Car la Soleam n’est pas le seul acteur concerné. Bras armé de l’aménagement du « grand centre-ville » pour la Ville et la métropole, la société publique locale est chargée de la réflexion globale sur cette aire. Mais pas de la réalisation de l’ensemble des travaux. Ni sur cette vaste échelle, ni même sur Noailles. C’est donc la métropole naissante qui reprend la main sur son territoire d’intervention.

La piétonnisation en question

D’après les informations que nous avons pu glaner auprès des techniciens de la Ville et de la métropole qui accompagnaient la visite, le plan-guide est toujours pris dans un jeu de ping-pong entre services municipaux et métropolitain. « C’est principalement la question du plan de circulation qui pose question et qui nécessite des travaux complémentaires, explique-t-on. Le projet urbain prévoit de piétonniser la plus grande partie du quartier. Mais cela ne peut pas se faire sans mener des études plus globales en lien avec l’aménagement de la Plaine et, au-delà, les conséquences de l’ouverture intégrale de la rocade L2 sur l’ensemble des boulevards, de Sakakini à Lieutaud. »

Cela pourrait passer pour une nouvelle façon de jouer la montre mais le technicien de la métropole qui informe anonymement l’assure : « La circulation impacte sur tout le reste. Si on décide de mettre des bornes pour rendre les rues piétonnes, il faut savoir comment organiser le ramassage des ordures. Est-ce qu’on laisse des bennes sur la voie publique ou est-ce qu’on crée des locaux comme on l’a fait rue du Musée ? Tout ceci dépend du plan de circulation. »

Une nouvelle place pour le marché des Capucins

Les habitants de Noailles ne devraient cependant pas attendre la fin du circuit métropolitano-municipal pour voir les premiers travaux. En effet, le ministère d’Hélène Geoffroy finance à 80 % la réfection des places du quartier, la places des Capucins et celle des Halles Delacroix. Et, pour que ces crédits soient consommés, les travaux doivent démarrer avant la fin de l’année. Le principe en cours de validation est de démarrer sur la place du marché, en lien direct avec la réalisation de l’hôtel des Feuillants, futur vitrine du quartier. À notre connaissance, le marché conserverait son fonctionnement actuel et sa fréquence.

Pour l’heure, la rénovation de la place des Halles Delacroix serait remise à plus tard. Ce délai serait mis à profit pour faire de la place et de l’îlot qui l’entoure un exemple de la nouvelle méthode que la Ville et l’État souhaitent mettre en œuvre dans le quartier. À savoir, ne plus procéder appartement par appartement mais plutôt à la taille de l’îlot pour travailler sur une même séquence l’ensemble du bâti puis les extérieurs. Cela passe donc par un effort d’acquisition du foncier pour maîtriser les pieds d’immeubles et se substituer aux propriétaires défaillants pour créer du logement social en plein centre. La rénovation de la place interviendrait alors en acte final d’une rénovation global de l’îlot.

Une démarche vertueuse dont la pierre d’achoppement principal est encore et toujours la place qu’occupent les habitants dans cette réflexion en cours sur l’évolution de leur lieu de vie. Depuis deux ans, ils n’ont pas été consultés, ni même informés de l’avancée du projet. En attendant, avec les élections qui s’annoncent, ils auront de la visite.

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commentaires

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  1. LaPlaine _ LaPlaine _

    20 années de mandature pour arriver à l’ébauche du début d’une réflexion et d’un début d’action pour le centre-ville, on dit impéritie?
    Où l’on apprend également que la municipalité et la métropole jouent au ping-pong sur ce dossier, on dit pétaudière?
    Où l’on apprend que le traitement du quartier ne se fera plus par appartement mais par îlot (comme cela se fait partout ailleurs en termes de rénovation urbaine), on dit lumière?

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  2. corsaire vert corsaire vert

    Il faut espérer que les clients du futur hôtel seront fans d’exotisme, fumeront les fausses Malboro, auront le nez bouché, ne seront pas dégoutés par la présence des cafards les blattes et les rats !!!
    Ce quartier commerçant, très fréquenté par une population diverse ,méritait mieux que l’abandon dans lequel il a été laissé pendant des décennies ,
    On y trouve beaucoup de touristes attirés par les produits du monde entier , mais ils en emportent une image de Marseille qui n’est pas flatteuse :
    « belle ville mais … sale  »
    J’imagine la secrétaire d’état et son staff en apnée pendant 20 mn !!!
    On en revient toujours à cette gestion calamiteuse de la propreté.

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    • LaPlaine _ LaPlaine _

      Tant qu’un syndicat gérera le travail des employés métropolitains, la situation ne pourra changer et avec un maire et président de métropole dont le courage n’est pas la principale vertu…

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