Comment EDF se débarrasse de Nexcis et de ses panneaux solaires
Fin septembre, après sept ans d'investissements publics, EDF a fermé sa filiale spécialisée dans le photovoltaïque. Alors que deux projets de reprise s'affrontent, le géant de l'énergie tarde à donner une réponse, laissant 17 brevets en suspens.
Comment EDF se débarrasse de Nexcis et de ses panneaux solaires
Commentaires
L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.
Vous avez un compte ?
Mot de passe oublié ?Ajouter un compte Facebook ?
Nouveau sur Marsactu ?
S'inscrire
Peu de commentaires, ici comme après l’article de Mediapart. Le lecteur aura bien du mal se mettre à la place des salariés très qualifiés de ces entreprises de haut niveau, qui mettent au point des produits qui n’existeront pas s’ils ne peuvent pas mordre sur un marché international extrêmement disputé. Mais on sursaute lorsqu’on lit que « selon les salariés, le produit est prêt à être commercialisé ». Tandis qu’on comprend que personne n’en veut. N’y a-t-il pas une faille quelque part ?
Y avait-il dans l’entreprise, chez EDF, à la CCIMP ou à la Région, quelqu’un qui pouvait situer le produit à sortir par rapport à la demande et à l’offre internationale ?
Avait-on défini un produit fini, évalué son coût de production, la marge à prendre pour continuer à investir dans la recherche, et les produits concurrents ?
L’Etat, les régions, sont à l’affut de ce type de projet où l’on crée des emplois en se plaçant haut en international. Une responsable de pépinière m’avait un jour expliqué qu’ils analysaient un projet de moteur automobile à eau. Je n’ai plus eu de nouvelles et il se trouvera sans doute des analystes pour dire que cet inventeur a été victime du lobby pétrolier. Toujours est-il qu’on y met des millions. L’exemple le plus calamiteux de ces pertes en ligne est celui d’Areva.
Il y a semble-t-il plusieurs types de « couches minces » (CIGS : cuivre-indium-gallium-sélénium-soufre à Rousset), tandis qu’on nous apprend que les panneaux solaires traditionnels continuent à voir leur coût de production baisser. Une surprise ? Qu’on nous dise un peu ce qu’on peut faire avec ces couches minces : quelle est la transparence qui reste, comment chacune est stable dans le temps, comment réagit l’installation et comment on remplace un de ces « vitrages » s’il se trouve brisé. Quelles objections formulent les utilisateurs potentiels du bâtiment ?
Une des premières entreprises implantées sur le site de Rousset après la guerre a voulu inonder le marché de fenêtres standard, fabriquées à la chaîne, depuis les bassins de stockage et de vieillissement du bois, jusqu’au vernissage en sortie. Aussi inexplicable que cela paraisse, le bâtiment n’en a pas voulu et la faillite a mis au tapis 450 salariés. L’inventeur était génial, il a été aidé parce qu’il apportait des emplois aux mineurs en surnombre (on avait maintenu les emplois à la mine durant la guerre), mais aussi incroyable que cela paraisse, il ne s’est semble-t-il pas sérieusement questionné sur le format à donner à ses produits pour que le secteur du bâtiment les utilise.
Dans un article de « l’Usine Energie », Jean-Christophe Barla nous dit : « Selon le syndicat, 24 salariés ont trouvé un emploi externe en CDI ou CDD, 16 ont été reclassés chez EDF, 10 œuvrent à créer leur entreprise, 11 sont en formation ou poursuivent un projet personnel sans emploi à clé et 14 restent sans solution, contraints d’accepter le congé de reclassement pour éviter le chômage immédiat ». C’est donc plié ?
Mais où sont les responsabilités de cet échec ? Un partenaire ingouvernable pour EDF dans l’entreprise, ce qu’on ne saura jamais ? Un manque de sérieux d’EDF dans l’accompagnement de ce projet ? EDF a pourtant été capable de financer pas mal d’aventures. Sur les hauts de la centrale de St-Chamas, où sont dérivées les eaux plus ou moins boueuses de la Durance, avant de changer la salinité de l’Etang-de-Berre, se trouve tout un cimetière de paraboles expérimentales qui devaient faire chauffer un circuit où un échange de calories produirait de l’électricité. Ce n’est pas les avions renifleurs de Giscard, puisque la Tunisie va faire cela en grand. Mais c’est quand même parfois un peu chaotique chez EDF.
Si l’on prend un peu de hauteur sur ce que devait être la Silicon Valley à la française de Rousset, où LFoundry n’a pas été le seul échec, on est en face d’un tonneau des Danaïdes de l’investissement public. La Région s’est entourée, elle a impliqué toutes les instances concernées, l’université et des chercheurs ont même apporté la touche finale de validation.
Un autre article de Marsactu met sur la piste d’une explication. C’est l’aventure de Wiko qui a été inventif dans sa démarche commerciale et fait fabriquer ses smartphones en Chine, selon son cahier des charges. Les grands fabricants se font la guerre avec des produits de plus en plus sophistiqués, séduisants et chers. Une petite partie seulement des fonctionnalités, une fois la séduction passée, se révèle être utilisée. Et pendant ce temps là, Wiko comprend, et surtout le fait, qu’un produit moins cher, comportant seulement les fonctionnalités essentielles, va faire un malheur sur le marché montant des pays émergents. Et finalement chez nous aussi : http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/30/wiko-ligne-directe-marseille-shenzhen_4800075_3234.html
L’article instructif de Clémentine Vaysse sur Wiko (80 salariés à Marseille en 2014) : http://marsactu.fr/wiko-nos-telephones-sont-fabriques-en-chine-mais-tout-est-concu-ici-a-marseille/
Se connecter pour écrire un commentaire.