Municipales à Aix : LREM investit Anne-Laurence Petel, Mohamed Laqhila toujours candidat

Info Marsactu
le 24 Juil 2019
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La députée LREM de la 14e circonscription des Bouches-du-Rhône est officiellement investie par son parti. Ce qui n’empêche pas son confrère Modem, lui aussi membre de la majorité présidentielle, de briguer également le poste de maire d’Aix.

Fini les atermoiements. La commission nationale d’investiture de la République en marche (LREM) a tranché. Celle qui, dès septembre dernier lors de la visite de Christophe Castaner à la faculté de droit d’Aix, ne cachait pas en aparté son grand intérêt pour le fauteuil de maire est officiellement investie. La députée Anne-Laurence Petel, 49 ans, défendra les couleurs du parti présidentiel aux municipales d’Aix-en-Provence en mars 2020.

« Concentrée sur l’objectif », celle qui est également membre du bureau exécutif de LREM dit vouloir « offrir un nouveau souffle à la ville qui, après 18 ans d’une pratique du pouvoir de l’entreprise familiale Joissains, en a bien besoin ». La candidate dessine deux axes de réflexion. Faire, d’abord, d’Aix « une capitale verte » dans laquelle « le développement durable et l’enjeu climatique infuseraient toute décision de la politique municipale ». Rompre, ensuite, avec une gouvernance concentrée : « À Aix, le sort de 143 000 habitants est scellé par trois personnes. Ce n’est pas tenable. On ne peut pas se passer des talents des agents municipaux. Ni des initiatives de citoyens qui ont envie de faire bouger leur ville ».

Label présidentiel

La députée se laisse l’été pour « organiser le rassemblement des forces à opérer ». Pas simple. Car face à une Maryse Joissains (Les Républicains) prête à rempiler (dans l’attente d’une décision de la cour de cassation venant confirmer ou infirmer sa condamnation par la cour d’appel de Montpellier) et un bloc de gauche qui cherche à s’unir en un élan baptisé « Aix-en-partage », la bataille pourrait bien se jouer au centre. Or les candidats, portés par les 29 % réalisés par la liste LREM-Modem aux élections européennes, y pullulent. Et si Anne-Laurence Petel porte le label présidentiel, sa candidature ne fédère pas pour l’heure toutes les couleurs de la majorité à l’Assemblée nationale.

Conseillère d’opposition depuis 2014, élue sur la liste Démocratie pour Aix – PS et société civile –, Charlotte de Busschère, marcheuse revendiquée, fait partie des prétendants. Avec son mouvement « Aixpression Démocrate », elle assure « avoir pris ses distances » avec LREM… tout en restant à la tête d’un comité local de marcheurs. Opportuniste ? « Je suis libre », évacue celle qui n’est donc pas passée par la case commission nationale d’investiture.

Un temps proche de Mohamed Laqhila, député Modem de la 11e circonscription, elle s’en est éloignée « en raison de sa trop grande proximité avec le clan Joissains », cadre-t-elle. Sans pour autant donner un blanc-seing à Anne-Laurence Petel. « Elle n’a pas l’esprit fédérateur. Et puis sa candidature manque de crédibilité. Il faut avoir une ossature, maîtriser les dossiers… Elle n’a jamais fait de politique de sa vie, comme beaucoup de gens de LREM« , pilonne la conseillère municipale, qui se lance, en mode cavalière seule, sous l’étiquette société civile.

Un député suppléant qui ne s’interdit rien

Le très discret Dominique Sassoon, dont la candidature est pilotée par l’ancienne référente départementale LREM Corinne Versini, espérait lui aussi décrocher l’investiture En Marche. Il a défendu ses chances devant la commission début juillet : « Pas autour d’un projet défini, mais de valeurs : transparence, intelligence collective, compétence… » Cela n’a pas suffi. Mais le rival malheureux d’Anne-Laurence Petel – qui n’est autre que son suppléant au Palais Bourbon – ne s’avoue pas (encore) battu. Ira-t-il sans investiture ? Contacté avant son grand oral, il disait « ne rien s’interdire, se laisser le temps de la réflexion » préférant d’abord « consulter son équipe ».

Surtout, la candidate fraîchement investie devra faire avec la candidature Modem de Mohamed Laqhila. Député de la majorité présidentielle, lui aussi, a coupé l’herbe sous le pied de sa collègue à l’Assemblée nationale en annonçant ses ambitions dès septembre dernier. « Moi, je suis candidat pour Aix, pas pour Paris », lâche-t-il, sans s’émouvoir de l’officialisation de la candidature d’Anne-Laurence Petel. Mercredi soir, le Modem a rappelé qu’il reste son « chef de file » et a « vocation soit à être tête de liste, soit à intégrer une liste de rassemblement ».  Il reste donc en lice et évoque « un cas aixois particulier comme à Bordeaux ». Là-bas, Modem et LREM pourraient s’opposer sur deux listes concurrentes. Sauf si les états-majors des deux partis s’entendent.

« Pas de clash »

À moins que les négociations LREM-Modem n’aboutissent au retrait d’un des deux candidats, la guerre des centres pourrait, à Aix, avoir ses coups de poignards fratricides… « Non, il n’y aura pas de clash entre Anne-Laurence Petel et moi, veut croire Mohamed Laqhila. Une élection municipale est locale. Il ne faut pas la confondre avec ce qu’on fait à l’Assemblée ou avec le gouvernement. »

Mohamed Laqhila affirme vouloir dévoiler, à la rentrée, les premiers noms de ses colistiers et des éléments de programme. Il ambitionne de réunir autour de lui radicaux et membres d’Agir (même si Françoise Cauwel, nouvelle référente locale de cette formation ne cache pas ses visées) et lorgne vers l’UDI. Il y a quelques jours, il a publié un communiqué faisant état d’une enquête d’opinion le donnant comme favori pour battre la maire sortante, sans donner plus de détail. Il dit clairement être trop engagé pour reculer. Quitte à chercher des alliances à droite.

Un ticket Mohamed Laqhila – Sophie Joissains ? Il ne l’écarte pas. « La fille n’est pas la mère, elle ne va pas traîner les affaires familiales toute sa vie ! », s’enflamme-t-il. Cette éventualité fait bondir Anne-Laurence Petel. « Ça, c’est une ligne rouge infranchissable ! On ne peut pas avoir voté la loi sur la moralisation de la vie publique et s’allier avec quelqu’un qui a contribué à une telle pratique du pouvoir dans cette ville ! », s’agace-t-elle.

La marcheuse aura fort à faire si elle veut s’imposer au centre. Raison pour laquelle, sans doute, elle se cherche des alliés. Certains élus de la majorité sortante sont dans son viseur. L’élu Les Républicains Jean-Marc Perrin (lire son portrait), 9e adjoint de Maryse Joissains, pourrait faire partie « de ceux avec qui [elle] pourrait travailler ». Comme la présidente du conseil départemental et de la Métropole, Martine Vassal, dont Jean-Marc Perrin est proche, ce dernier ne dédaigne pas l’idée d’une union du centre et de la droite. « Peut-être pas pour une alliance de premier tour. Mais pour empêcher certains de prendre le pouvoir au deuxième tour, pourquoi pas ? », fait-il mine de s’interroger. Fini les atermoiements. Les grandes manœuvres peuvent débuter.

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