Moins de points de deal, toujours autant de drogue : la police piétine face au trafic
Malgré les 300 renforts affectés à la police nationale marseillaise, cette dernière peine à contenir des trafics toujours plus volatils. Qui nécessiteraient encore plus de moyens, au-delà des coups de communication.
Il y a six ans presque jour pour jour, le 17 septembre 2019, quatre ministres se déplaçaient à Marseille pour dévoiler le nom du nouvel organe policier de lutte contre la drogue : Ofast, pour Office anti-stupéfiants. La visite était pilotée par le ministre de l'Intérieur d'alors, Christophe Castaner. Le nom, pied de nez aux "go fast" pratiqués par les trafiquants, avait provoqué quelques rires amusés lors de la conférence de presse de lancement. Six ans plus tard, en cet été 2025, à Marseille, il s'est retrouvé associé à l'un des plus gros scandales policiers de ces dernières années. Un "fiasco sans précédent", titre le journal Le Monde, à l'origine de ces révélations au mois de mai.
L'affaire est digne d'un scénario de série Netflix. Elle se noue autour d'une opération baptisée "Trident", dont le but initial était de faire tomber Mohamed Djeha, dit "Mimo", patron supposé du réseau de la Castellane (15e), réputé comme l'un des plus solides de France. Pour ce faire, les policiers de l'antenne marseillaise de l'Ofast organisent une "LS", comprendre, une "livraison surveillée", de 360 kilos de cocaïne débarqués au port de Marseille après avoir traversé l'Atlantique. Problème : les indicateurs mis sur le coup ne parviennent pas, contrairement au plan initial, à revendre le produit au réseau de Mohamed Djeha.
Au lieu d'arrêter la mission sur cet échec, les policiers de l'Ofast se lancent dans ce qui ressemble à une fuite en avant. Et décident de refourguer, coûte que coûte, la marchandise à d'autres réseaux marseillais. Le bilan est catastrophique. Aucune interpellation n'en découlera. On ne sait pas à qui, ni comment, ont été revendus les 360 kilos de drogue. Alertée, la justice saisit l'inspection générale de la Police nationale (IGPN). L'enquête est confiée à la division nationale de cette dernière, spécialiste de l'anti-corruption et basée à Paris. Le dossier a mené ces derniers mois à la mise en examen de deux informateurs, deux policiers et d'un capitaine pour trafic de stupéfiants. Deux commissaires sont aussi poursuivis pour faux en écriture publique.
L'affaire ne provoque pas de levée de boucliers au sein de la profession, qui sait pourtant se montrer corporatiste. Une source de la police judiciaire reconnaît sans d . . .
Un pognon de dingue, comme disait l’autre camé.
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Marsactu mais comment pouvez vous avoir des titres et des parti pris si pourris malgré le fait que vous soyez un média indépendant, on mérite mieux !!!
dans votre titre on comprend qu’il faut encore plus de fric, alors que la question de la pénalisation et des inégalités (qui poussent au trafic) ne ressortent même pas. je pense sérieusement à me désabonner si ça continue…
pas même une mention critique de la politique anti drogue répressive dans cet article (pourtant très long), rien sur les inégalités criantes et la pauvreté qui va augmentant… svp répondez moi je trouve cela très grave dans le système ambiant, de participer à la surenchère ultrasécuritaire
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Bonjour, merci pour votre retour critique. Je n’ai pas voulu défendre un parti pris, mais plutôt un angle : le travail policier. Et sur ce qui occupe, de fait, la majorité des agents en poste : la répression sur la voie publique. Cette répression est le fruit d’un choix politique, évidemment, comme je tente de le démontrer.
D’autres épisodes de notre série « L’emprise » peuvent être plus éclairants sur les autres thématiques que vous abordez.
Sur la répression des consommateurs :
https://marsactu.fr/cest-tellement-facile-a-marseille-dans-la-tete-des-consommateurs-de-cannabis-et-cocaine/
Sur la précarité qui pousse au trafic :
https://marsactu.fr/casting-sauvage-et-candidature-spontanee-les-petites-mains-racontent-lentree-dans-le-deal/
Cordialement
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merci pour votre réponse… Mais pourquoi aucune question par exemple sur le contrôle au facies ? dont la police à Marseille fait un usage massif (et hors la loi…), on espère un article là dessus, sur les victimes (en nombre), des multiples controles hebdomadaires, et l’effet psychologique et matériel que cela entraine….
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Juste un petit commentaire la cité de la Castellane est dans le 16e.
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Cette série aussi unique que remarquable a démarré en mai 2023 grâce à un travail (et non un pognon) de dingue de @Clara, et également de @Coralie et @Benoît. Une multitude d’aspects de « L’Emprise » – puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, et non de faits divers – y sont abordés, sous des angles multiples (et pas des plus faciles : on mesure le travail nécessaire avant d’amener certains des témoins à se laisser approcher et à accepter de vous répondre).
https://marsactu.fr/agora/raconter-lemprise/
Le seul reproche qu’on peut faire à @Marsactu est peut-être de ne pas mettre (encore) plus en avant l’ensemble de la série (pardon je radote mais c’est suite à la réflexion de @kukulkan 😁)
Par exemple dans le cartouche « Série l’Emprise » en haut, faire un lien sur l’ensemble des articles de la série ?
https://marsactu.fr/tag/lemprise/
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Et sinon, hasard du calendrier qui prêche pour l’utilité du parc auto :
https://www.laprovence.com/article/faits-divers-justice/7400004453061414/55-kilos-dor-des-dizaines-de-millions-deuros-la-blanchisseuse-de-la-dz-mafia-demantelee-par-les-gendarmes
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