Michèle Rivasi : "Liquides ou solides, il faut arrêter le rejet des boues rouges"

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le 6 Fév 2015
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Michèle Rivasi : "Liquides ou solides, il faut arrêter le rejet des boues rouges"
Michèle Rivasi : "Liquides ou solides, il faut arrêter le rejet des boues rouges"

Michèle Rivasi : "Liquides ou solides, il faut arrêter le rejet des boues rouges"

Bientôt une Zone à défendre (ZAD) de Gardanne aux Calanques ? L'histoire n'en est pas encore là mais les élus verts et militants environnementaux ont décidé de faire un symbole de l'arrêt des rejets de boues rouges chargées en métaux lourds au large d'un parc national. Députée européenne, Michèle Rivasi était en visite au sud de sa circonscription à l'occasion de la Grande rencontre euroméditerranéenne de Marseille sur l'eau (Gremme). L'occasion pour Marsactu de l'inviter à faire le point sur quelques principaux dossiers chauds du territoire métropolitain. 

Depuis plusieurs jours la consommation des eaux issues de la nappe phréatique est interdite à Bouc-Bel-Air et autour du site de mange-garri, où Altéo stocke ces résidus de la transformation de bauxite en alumine. L'entreprise doit y réaliser des analyses de l'eau polluée issue de la nappe phréatique qui affleure à cet endroit. Pour la députée EELV, c'est là une preuve supplémentaire de la dangerosité de ces résidus pollués.

"Nous savons depuis longtemps que ces boues rouges sont très toxiques dû notamment à la présence de métaux lourds. Nous avons toujours dit que sur ce site de mange-garri, il y avait un risque de pollution de la nappe phréatique". Elle pointe également l'absence d'enquête sanitaire auprès de la population environnante alors "qu'il y a une recrudescence des cancers dans la zone". Autant de signes pour elle d'une dangerosité qui n'est pas assez prise aux sérieux par les autorités.

Divergences avec le député Lambert

Or, le sujet est d'autant plus sensible que la poursuite du rejet des boues rouges ou de leurs effluents liquides est toujours suspendue à une étude demandée par la ministre de l'environnement après une prise de position tranchée en septembre dernier. En effet, après 50 ans de rejets, Altéo a demandé à pouvoir continuer à utiliser l'émissaire de Port-Miou en utilisant un procédé de "filtres-presses" qui retiennent la partie solide des boues rouges. "Depuis un arrêté préfectoral de 1996, nous savons que dans le cadre d'une convention internationale les rejets doivent s'arrêter en décembre 2015. D'autant plus que cela a été reconnu depuis comme parc national. Je suis donc intervenue pour dire qu'il fallait arrêter le rejet de ces boues, solides comme liquides."

Une position qui ne fait pas l'unanimité chez les écologistes puisque le député de Gardanne François-Michel Lambert est sensible aux efforts de l'industriel pour améliorer ses rejets comme il est attentif aux effets qu'une fermeture de l'usine aurait sur l'emploi dans sa circonscription. Sans méconnaître cette divergence, Michèle Rivasi indique que le parti a pris une position unanime pour l'arrêt des rejets même si elle juge leurs points de vue "complémentaires". "C'est bien la sauvegarde de l'emploi, mais la sauvegarde de la santé des milliers de riverains qui vivent autour est tout aussi importante."

En septembre dernier, Ségolène Royal a demandé que le bureau de recherche géologique et minière (BRGM) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire diligentent deux études complémentaires pour juger de la dangerosité des effluents une fois les boues pressées. Pour l'heure, l'étude du BRGM commence à circuler sans que son contenu ne soit rendu public.

Correction : mardi 10 février à 16 heures. "continuer à utiliser l'émissaire de Port-Miou et non celui de la calanque de Cortiou.

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Commentaires

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  1. Anonyme Anonyme

    Vous souhaiter objectivement vous informer un site “la loupe de simiane collongue”
    Au plus près des riverains, à l’heure d’aujourd’hui le lien entre cancers et les résidus n’est pas encore établi par les professeurs en toxicologie, il existe des suspicions. Affirmer n’est pas prouver et c’est bien la problématique. Actuellement on cherche laissons travailler, l’accès au média ne justifie pas le scoop. J’ai bien fait de ne pas me rendre sur le site vendredi avec votre journaliste. Il faut relater les faits pour être crédible. Pourquoi il y a eu divergence SUR LA PUBLICATION avec cette dame et Hexagones des analyses biologiques? A suivre.
    En cours de publication, l’environnement économique et financier ce que nos politiques n’ont même pas tenter de découvrir.
    Que tous les politiques arrêtent de jouer leur propres cartes.
    Mange Garri a été totalement ignoré. Il aura fallu qu’une source et non une résurgence soit pollué pour en parler par nos écologistes de tous bord;

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  2. Michel Mazoleni Michel Mazoleni

    Les politiques à l’œuvre une fois de plus, tous les élus se mangent le foie en voulant dire je suis plus au courant que les autres. des inexactitudes, silence nombreux dans l’article.
    Mange Garri totalement oublié pendant un siècle au profit des rejets en mer. Résurgence non, mais il s’agit d’une source.
    Le lien définitif entre cancers et déchets n’est pas encore avéré. Des professeurs en toxicologie y travaille. Attendons leur conclusions même si cela est très angoissant pour les riverains.
    Il n’y a pas que cela, les poussières fines et ultra fines les plus dangereuses, concerne 7 communes, 200 000 habitants. Les normes PM 10 et 2,5 obsolètes d’après le corps médical.
    Mon blog “La loupe de simiane collongue” suffisamment consulté vous donne les informations prouvées pas de baratin.
    Les prochaines parutions économiques et financières sur l’avenir de l’usine et sa rentabilité un virage.

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  3. Anonyme Anonyme

    Une précision : le rejet des boues rouges se fait par une conduite terrestre de 40 km de Gardanne à Port-Miou (la calanque de Cassis) puis par une conduite sous-marine de 7 km de Port-miou à la fosse de Cassidaigne. Et ceci depuis 1966 soit prés de 50 ans!
    Dans la calanque de Cortiou ce sont les rejets des eaux usées de Marseille qui sont effectués depuis plus d’un siècle avec des traitements qui restent encore à améliorer.
    Tous ces rejets se font au coeur même du tout jeune Parc National des Calanques!
    Pauvre Méditerranée! Pauvre de nous!

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  4. Anonyme Anonyme

    Donc pas besoin de tirer la chasse d’eau.

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  5. Marius Marius

    La preuve que l’eau résiduelle des boues rouges n’est pas chimiquement polluante, elle tarde à venir, cette preuve !

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  6. Anonyme Anonyme

    On se demande comme des pollutions à terre sur le site de Mange-garri ne seraient pas également des pollutions au fond de l’eau. La différence ? Balancer en mer au fond d’une fosse de grand fond c’est moins évident pour faire des prélèvements de contrôles.

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  7. Anonyme Anonyme

    Ça fait plus de 20 ans qu’ALTEO doit cesser de rejeter boues rouges et eaux résiduelles en Méditerranée. Un petit coup de chantage à l’emploi et ils veulent pouvoir continuer comme ça pour une durée illimitée! Ahhhhh le Parc National des Calanques quel joyau mais merci de ne pas soulever le tapis vous seriez dégoutés de voir tout ce qui se trouve en-dessous.

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  8. Monsieur Test Monsieur Test

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