Michel Vauzelle, "préfet fantôme" pour France Soir

À la une
Julien Vinzent_
5 Mai 2011 17

Depuis août 2010, Michel Vauzelle touche une pension mensuelle de 4000 euros brut, en tant que préfet. Un triple SMIC que le président socialiste du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur cumule naturellement avec ses diverses indemnités d’élu. C’est ce que révèle ce mercredi France Soir, qui revient sur le système des préfets « en mission de service public relevant du gouvernement ».

Une acrobatie « autorisée par un décret du 23 décembre 1982, à hauteur de 5 % de l’effectif budgétaire du corps des préfets », qui a bénéficié sous Mitterrand à soixantaine de « préfets fantômes » – d’après l’expression du quotidien – « des membres du PS, des élus de ce parti et des amis ou proches de l’ancien président ». Michel Vauzelle était dans la promo 1985.

L’intéressé a réagi dans un communiqué un brin gêné aux entournures publié dans l’après-midi : pour lui, France Soir « semble ignorer que les préfets ne sont pas tous affectés à une préfecture de département. Il indique qu’il y a 236 préfets, mais chacun sait qu’il n’y a pas 236 départements en France. Les préfets sont en effet des agents au service de la République, soit pour exercer des fonctions dans un département, soit, et c’est le cas de plus de la moitié d’entre eux aujourd’hui, des fonctions au service de l’Etat. »

Ephémère mission, durable rétribution

En effet, et ceux-ci sont, dans leur grande majorité, préfets maritimes, délégués à la sécurité, à l’égalité des chances…  »J’ai pour ma part été nommé préfet suivant les textes de loi en vigueur en conseil des ministres et avec publication au journal officiel pour exercer la fonction de porte-parole de la présidence de la République », explique Michel Vauzelle.

Une fonction, oublie-t-il de préciser, qu’il a quittée en 1986, soit un an après sa nomination comme préfet. Elu député, il a alors été détaché de sa fonction, tout en continuant, en plus de ses indemnités d’élus, de toucher « un tout petit salaire correspondant exactement au paiement de ses cotisations de retraite de préfet », explique le quotidien. C’est beau le service de l’Etat.

Bref, comme l’explique France Soir, « ce qui est en réalité un scandale d’Etat bénéficie d’un habillage légal dont tous les politiques s’accommodent en silence ». Brice Hortefeux en bénéficie ainsi depuis 1995. Dans un domaine voisin, Christian Gaudin, gênant sénateur Nouveau Centre de Maine-et-Loire qui pourrait être tenté de fragiliser la réélection de Gérard Larcher à la présidence du Sénat, a lui été affecté à un poste territorial : les Terres australes et antarctiques françaises. Tout comme le conseil économique social et environnement, un de ce ses postes qui, sans être un emploi fictif, assurent une confortable gratification pour services rendus ou à rendre…

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

1 € LE 1ER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.


Commentaires

Vous devez être vous-même abonné pour écrire un commentaire sur un article réservé aux abonnés.

Ajouter un commentaire

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire