Métropole : le donnant-donnant financier de Macron déjà oublié ?

Actualité
le 13 Oct 2021
24

Le chef de l'État avait en septembre conditionné toute subvention pour la métropole à une réforme drastique de ses financements aux communes. Mais aujourd'hui la tendance serait plutôt à leur maintien, pour le plus grand bonheur des maires.

Ce mardi 12 octobre, Martine Vassal a réuni les maires du territoire, dont celui de Mimet Georges Cristiani pour étudier les pistes de réforme métropolitaine. (Photo JML)

Ce mardi 12 octobre, Martine Vassal a réuni les maires du territoire, dont celui de Mimet Georges Cristiani pour étudier les pistes de réforme métropolitaine. (Photo JML)

C’était une des piques du discours d’Emmanuel Macron le 2 septembre au Pharo. “C’est le seul endroit où on a créé une métropole qui passe beaucoup trop de temps à redistribuer, qui a gardé la complexité d’avant et qui en quelque sorte, du coup, elle aussi, a du mal à porter les projets d’intérêt métropolitain, ce qui est un problème. […] Nous [l’État] devons financer pour débloquer la situation, mais nous devons financer à la condition qu’on règle les problèmes d’organisation et de gouvernance.”

La formule visait les attributions de compensation, “les AC” dans le jargon métropolitain, qui caractérisent la grande intercommunalité aixo-marseillaise. Elles témoignent de la part très importante du budget de l’institution, près de 60 %, consacrée à des reversements aux communes. La volonté initiale du Président est de les voir baisser pour revenir à leur niveau d’origine. C’est-à-dire, les faire correspondre à la part de fiscalité perçue par la métropole pour des compétences en réalité exercées par des communes. En échange, l’État appuierait la volonté d’investir de la métropole.

Selon nos informations, un courrier particulièrement sec du préfet de région Christophe Mirmand adressé à la présidente LR de la métropole Martine Vassal le 27 septembre rappelait cet enjeu spécifique. Il y développait un argumentaire tiré d’un rapport publié l’an dernier par la chambre régionale des comptes. Cette manne, estimait-il n’a fait que croître sur les dix dernières années et relève bien d’une mesure visant à dévitaliser la métropole. Pour désigner ce processus, il utilisait un mot choc qui a filtré : “manœuvre”.

“C’est fini, on n’en parle plus”

Mais depuis ce courrier, la tendance se serait pourtant largement inversée à en croire plusieurs élus métropolitains, suite à la réunion des maires de la métropole, à laquelle assistait Christophe Mirmand. “Le préfet a fait un discours de clôture confirmant le besoin de ressources, mais il est très ouvert sur les solutions et pas forcément arc-bouté sur la question des attributions de compensation. Cela voudrait dire que nos budgets ne seraient pas à nouveau bousculés”, se félicite Sophie Joissains, maire UDI d’Aix. En réunion, les élus ont préféré effleurer le problème que le prendre de face. Il n’y a pas eu un seul mot sur le rapport de la chambre des comptes. Ces pudeurs de gazelle, ces non-dits sont épuisants”, s’agace un maire.

Martine Vassal qui a, comme le maire de Marseille Benoît Payan, rencontré le Premier ministre Jean Castex lundi 11 octobre, est restée plus mesurée devant la presse mardi. Priorité à la nouvelle répartition des compétences entre la métropole et les communes avec un droit d’option pour ces dernières puis un examen de l’enjeu budgétaire reporté à plus tard, lors d’une “conférence fiscale”. À la sortie de la réunion de ce mardi, plusieurs édiles ont quand même insisté sur l’aspect financier. “Les attributions de compensation, c’est un sujet tabou, assure Martial Alvarez, maire (sans étiquette) de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Les diminuer, c’est faire baisser les services publics de proximité.” “Lors du précédent mandat, ce sont neuf millions d’euros de dotation globale de fonctionnement sur 70 millions que l’État a versés en moins à Vitrolles. Sans les attributions de compensation, je ne sais pas comment j’équilibre mon budget”, souligne Loïc Gachon, maire socialiste de Vitrolles.

“Il y a d’autres possibilités”, assure Georges Cristiani

Positionné aux côtés de Martine Vassal en premier soutien, le président de l’Union des maires, vice-président de la métropole et maire (sans étiquette) de Mimet Georges Cristiani se veut très confiant : “Le préfet n’est plus adepte du serrage de ceinture des communes. Il a compris, il y a d’autres possibilités.” Parmi ces autres possibilités figure notamment le versement transports, une taxe payée par les entreprises et les communes qui pourrait être augmentée. Les budgets des conseils de territoire, l’échelon intermédiaire entre la métropole et les communes, pourraient aussi être regardés, cette fois dans l’esprit des paroles d’Emmanuel Macron.

Ce dernier est attendu vendredi 15 et samedi 16 octobre pour un point d’étape avant la date limite fixée au 6 décembre pour intégrer ces modifications dans la nouvelle loi, dite 3DS, de décentralisation qui sera alors examinée par l’Assemblée nationale. Confirmera-t-il avoir renoncé à réformer les attributions de compensation ? Dans les couloirs de la métropole, on se montre particulièrement confiant. On susurre même que le chèque d’un milliard, 250 millions cash et 750 millions en avance remboursable pourrait être “signé” dès cette fin de semaine.

Article en accès libre

Soutenez Marsactu en vous abonnant

OFFRE DÉCOUVERTE – 1€ LE PREMIER MOIS

Si vous avez déjà un compte, identifiez-vous.

Commentaires

L’abonnement au journal vous permet de rejoindre la communauté Marsactu : créez votre blog, commentez, échanger avec les autres lecteurs. Découvrez nos offres ou connectez-vous si vous êtes déjà abonné.

  1. Brallaisse Brallaisse

    Nous avons les politiques les plus bêtes de France, à jamais les premiers.Ils n’ont rien compris, et le premier d’entre eux, Cristiani le toujours préoccupé par sa coiffure, a trouvé LA solution, mettre en place une taxe.Après avoir coulé les finances marseillaises, départementales et maintenant métropolitaines ,la seule solution c’est l’impôt.
    Et ils s’étonnent que beaucoup les prennent pour des mauvais.

    Signaler
  2. jemamo13 jemamo13

    Comme d’habitude l’essentiel est que rien ne change… chacun sa petite marmite pour sa petite soupe.

    Signaler
  3. Pierre - Yves B Pierre - Yves B

    J’espère bien que le président de la république va recadrer tout ça lors de sa visite de fin de semaine.
    Je lui suggère de donner un petit cours d’économie à ces élus de la métropole qui en ont vraiment le plus grand besoin !!

    Signaler
    • Zumbi Zumbi

      Un cours d’économie par Macron, par exemple supprimer définitivement tout impôt sur les plus riches ?

      Signaler
  4. Mars, et yeah. Mars, et yeah.

    Aucun espoir pour notre territoire si les cartes ne sont pas profondément rebattues. Nous resterons dans ce marasme clientéliste à bout de souffle, sans perspectives d’amélioration d’une situation qui va finir de pourrir lentement en paupérisant chaque jour un peu plus ce territoire d’où vont s’enfuir nombre de ceux qui veulent juste bosser et vivre une vie digne, et surtout tous ceux qui pourraient apporter quelque-chose (compétence ou argent) pour changer la donne. Désespérant. Lamentable. Minable.

    Signaler
  5. Brallaisse Brallaisse

    Je suis impatient de connaître la teneur de la prochaine douceur envoyée de Joissains à Vassal qui ne prendra pas la forme de calissons, mais d’une lettre ouverte , car la Maryse ne va pas en rester là .Confrontée à la vacuité de ces politiques locaux , et elle en connait un rayon , l’ex d’Aix en Provence et malgré tous ses défauts , a tout compris de ce qui va se passer , et tant mieux pour nous.
    Ce barnum métropolitain devrait exploser .
    D’ailleurs il faudra se poser la question de la baisse de rémunération de ces élus qui vont se voir “dépouiller” de responsabilités. Cela fera des économies, plutôt que mettre en place une taxe comme le préconise Cristiani , qui vient de redécouvrir l’eau chaude, afin de maintenir le train de vie de ces pitres.

    Signaler
  6. Timelike_these Timelike_these

    Il y a quand même une certaine dichotomie entre le fait de conspuer une institution qui “ne marche pas et n’as jamais marché” et en même temps vouloir que surtout rien ne change. S’ils n’acceptent pas de revoir la copie en profondeur, à quoi bon en dire tant de mal alors ? C’est comme si l’insatisfaction était le fond de commerce et qu’ils y étaient très attachés.

    Signaler
    • leb leb

      Il faut surtout prendre en compte le fait que sans la métropole, les 3/4 des politiques y exerçant n’auraient aucun avenir, Vassal en tête, incapable de se faire élire dans sa propre circonscription. Ne rien changer, c’est surtout un moyen de s’accrocher jusqu’au bout.

      Signaler
    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      Leur fond de commerce n’est pas l’insatisfaction mais l’incompétence.

      Signaler
  7. Christian Amiraty Christian Amiraty

    J’ai déposé par écrit mon avis personnel sur ma page FB.
    Bonne journée à tous.
    Christian Amiraty
    Maire de Gignac la Nethe.
    Conseiller Métropolitain

    Signaler
    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      A croire que porter Vassal (qui n’est pas maire mais préside la Metropole donc la conférence des maires) à la présidence a été un coup monté pour couler la Metropole.

      Signaler
  8. gastor13 gastor13

    Pour ce qui est de trouver de l’argent, il y a déjà une bonne piste avec le rapport de la CRC au niveau du prix de revient du ramassage des déchets. Comme Benoît prônait toujours le respect des recommandations quand il était dans l’opposition, il est évident qu’il va donc réduire ce coût de 47% au moins, autant qui pourra rester à la Métropole.. On attends de voir.

    Signaler
    • Avicenne Avicenne

      J’ai lu le rapport de la CRC et j’ai appris que les taxations sur les déchets étaient de 183 euros / habitant alors que la moyenne pour le reste de La France, c’est 124 euros et cela pour un service minable.
      La création de cette métropole avait pour but de mutualiser certains services afin de faire baisser les dépenses : Raté ! chez nous; chaque année , nous avons immuablement droit à notre augmentation, mais qu’importe puisque ceux qui produisent les plus gros volumes de déchets ( restaurateurs et autres entreprises ) signent des conventions avec la métropole et paient ainsi comme vous ou moi .
      1) la Commune
      2) le Conseil des territoires
      3) la Métropole
      4) le Département
      5) la Région
      6) l’Etat
      ????

      Signaler
  9. ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

    Plutôt sur d’augmenter le versement transport (quelle idée géniale que de diminuer un peu plus l’attractivité de la Metropole) et si les économies commençaient pas la suppression des conseils de territoires ? Je veux bien comprendre que l’indemnité de maire de Gemenos ne soit pas très importante, mais elle est largement suffisante en regard des compétences de Giberti, qui ne connait même pas les règles élémentaires régissants une séance. Quant à la ribambelle de petits vice présidents de CT, entre les petits maires à qui sont confiés des dossiers trop importants pour eux (Mouren qui onvoque la pluie pour justifier les déchets partis dans la mer… il aurait pu aussi invoquer la mer : si Marseille n’était pas un port, les eaux n’auraient été pas polluées) et les élus marseillais de droite à peine capables de rassembler 3000 voix dans des quartiers qui pourtant, de La Cadenelle au Roucas Blanc, ne sont pas de gauche, qu’on s’en débarrasse une bonne fois pour toutes. Et là les économies seront réelles.

    Signaler
    • Andre Andre

      Supprimer les Conseils de territoire, c’est bien. Supprimer la Métropole, c’est encore mieux.

      Signaler
  10. Brallaisse Brallaisse

    Royer-Perreaut , Lionel de son prénom était déjà pas mal , gratiné à souhait. Mais avec Cristiani , nous en tenons un bon aussi. Les dettes de la métropole pourraient étres reprises par des banques d’Etat, dit’il. Mais bien sûr coco, Vassal et son orchestre dézingent financièrement entre autres la métropole, s’endettent et l’on se tourne vers l’Etat, et l’on efface tout. . Nous connaissons maintenant au passage la prochaine idée de Vassal pour le département qui financièrement n’est pas au mieux, et c’est peu dire. Mais bien sûr Georges, pourquoi pas? . Tu fais bien au grattage ou au tirage l’on ne sait jamais. Pôvre de nous.

    Signaler
  11. MPB MPB

    Le feuilleton metropolitain est tout simplement affligeant. Aucune hauteur de vue, aucune notion de solidarité, chacun son clocher, chacun sa caisse, chacun son médiocre pouvoir et les émoluments inhérents.
    Que des bouches, comme on dit ici.
    Nombreux sont ceux qui rêvent en fait depuis toujours de monter un mur à la Trump entre Marseille et “leur” territoire. A chacun son gymnase, sa salle des fêtes, son pouvoir sur le club de boules et l’attribution des (rares) logements sociaux car à chacun ses pauvres.
    Avec la complicité active de “leurs” électeurs….
    Une seule solution, la mise sous tutelle de ce monstre de Métropole, donc le jacobinisme.
    Et l’élection directe de ces élus métropolitains pour que les enjeux véritables soient enfin clarifiés pour la population.
    Mais surtout arrêtons de pleurer, d’être des victimes de nos irresponsabilités.

    Signaler
    • Andre Andre

      La Métropole est quand même une invention de l’État. Les communautés de communes et la communautés urbaine marseillaise commençaient à trouver leurs marques et voilà qu’on nous colle cette usine à gaz! Les citoyens n’y comprennent plus rien, les élus n’ont de toute manière pas le niveau pour se trouver face à de telles responsabilités. Certains n’y voient qu’un accroissement de leur pouvoir inutile.
      Qu’on en finisse!

      Signaler
  12. MPB MPB

    Merci André
    Mais je ne pense pas que les communautés de communes frontalières soient à la hauteur des enjeux (1,6 million d’habitants).
    On l’a bien vu avec l’attitude des aixois et leur poissonière de Maryse qui ont vidé les caisses avant l’émergence de cette monstrueuse métropole.
    Que les citoyens n’y comprennent rien est logique quand on ne veut pas expliquer les véritables enjeux.
    Et arrêtons d’accuser l’état de tous les maux pour lui demander l’aumône ensuite. Balayons devant nos portes (et nos poubelles, merci FO, Gaudin, Martine)

    Signaler
  13. Electeur du 8e Electeur du 8e

    Le niveau de l’armée mexicaine de président•e•s et de vice-président•e•s qui font semblant de diriger la métropole tout en se regardant le nombril apparaît en creux dans cet article : https://www.20minutes.fr/economie/3134963-20210929-marseille-prolongera-lignes-tramway-existantes-argent-president-annonce-catherine-pila-presidente-rtm

    C’est la présidente de la RTM qui s’exprime sur les projets de développement des transports collectifs. Or la RTM n’est pas l’autorité organisatrice : elle est l’exploitante du réseau marseillais, elle exécute le contrat qui lui a été confié par la métropole, et ce n’est pas elle qui décide les projets d’extension. Où est le vice-président de la métropole chargé des transports ? Pourquoi n’est-ce pas lui qui parle ? Maîtrise-t-il ses dossiers (question rhétorique) ?

    Signaler
    • Avicenne Avicenne

      ++++ à tous commentaires.
      J’ aimerais que l’on exige un bilan de compétences des personnes postulant sur tel ou tel service voire une expérience dans un métier en rapport, le ou la DRH de la Métropole ( comme celle de la Commune de Marseille ) sont incapables de connaître vraiment le nombre de fonctionnaires, de CDI, de CDD, d’intérimaires, des présents, des absents, des détachés etc etc etc , comment voulez-vous qu’ils puissent convenablement gérer efficacement nos collectivités ?

      Signaler
  14. Brallaisse Brallaisse

    Henri Pons ,maire d’Eyguieres,6000 habitants c’est dire l’envergure du bonhomme,19 e vice président de la métropole en charge des transports et de l’immobilité,c’est dire l’importance que Vassal donne à ce sujet et fait gérer le dossier par sa copine Pila , qui est encore plus pire que la Martine, Pila directrice d’école au Roucas donc d’une compétence rare en matière de flux .Pons pendant ce temps doit préparer son marché de Noël avec les associations folkloriques locales,ou bien faire un saut à la RDT 13 avec un CA qui n’est pas piqué des vers où l’on retrouve des figures bien connues.Toujours les mêmes.
    Comment voulez-vous que cela fonctionne.
    Mais je ne suis pas inquiet,un audit sera demandé à VINCI, comme dab,au prix fort.

    Signaler
  15. Brallaisse Brallaisse

    Un Scoop, Royer Perreaut n’est pas au conseil d’administration ni de RDT13,ni à la RTM.En revanche, le Reault est bien administrateur à la RTM.Il droit travailler sans doute au projet d’hydrolyse de l’eau de mer des calanques ou du canal de Marseille où il est aussi administrateur au passage pour alimenter en hydrogène le 44,ou le 81.Encore un génie le Didier.

    Signaler
  16. michel michel

    michel

    Signaler

Vous avez un compte ?

Mot de passe oublié ?


Ajouter un compte Facebook ?


Nouveau sur Marsactu ?

S'inscrire