Martine Vassal puise 300 millions pour la métropole dans le budget du département

Actualité
le 19 Déc 2018
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Le département a inscrit à son budget une ligne de 300 millions d'euros sur trois ans appelée à financer un "partenariat" avec la métropole Aix-Marseille Provence. Présidente des deux institutions, Martine Vassal finance ainsi avec une collectivité moins endettée les projets d'une institution sans marges de manœuvre financières.

Quelques lignes pour une grosse ligne budgétaire. Vendredi 14 décembre, le conseil départemental des Bouches-du-Rhône adoptait son budget, où figure succinctement la mention d’une subvention de 300 millions d’euros destinée aux projets de la métropole :

Un nouveau partenariat va être engagé avec la métropole d’Aix-Marseille-Provence à hauteur de 100 M€ par an, pendant 3 ans (2019/2021) afin d’accompagner les territoires métropolitains dans leur développement pour plus d’attractivité. Un effort particulier sera fait en direction de la mobilité et des projets structurants dans les domaines stratégiques de
l’environnement et des services de proximité pour les populations.

Fermez les guillemets. De fait, il n’y a pour l’heure pas beaucoup plus à en dire. « Nous travaillons avec la métropole pour déterminer les projets qui sont en phase de mûrissement, en particulier pour la première tranche de 100 millions d’euros pour 2019 », précise Didier Réault, vice-président délégué au budget au département. Lequel est prêt à aller jusqu’à 80 % de financement.

Double signature

Un tel partenariat était déjà évoqué il y a deux ans, au moment de la signature du plan pour Marseille (100 millions d’euros sur 2017 – 2019, depuis rallongé de 50 millions d’euros). Mais c’était Jean-Claude Gaudin, qui était alors à la tête de la jeune métropole. Aujourd’hui présidente commune du département et de la métropole, Martine Vassal (LR) confirme ainsi sa volonté d’« avoir les deux pieds, d’un côté et de l’autre pour plus d’efficacité, plus de résultats », selon sa formule sur le plateau de France 3 Provence-Alpes.

Le moment venu, signera-t-elle, face aux flashs des photographes, des deux côtés de la convention de partenariat ? La situation ressemble à un conflit d’intérêts au sens de la loi ; c’est-à-dire « toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou à paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif d’une fonction ». Dans ce cas, le responsable public doit confier le dossier à un des membres de son exécutif.

En attendant, la ligne est déjà ouverte, en blanc. Elle rejoint le partenariat passé avec la Ville de Marseille – 100 millions d’euros sur 2017-2019, allongé de 50 millions en 2018 – et le plan mobilité de 300 millions d’euros sur 2016-2020. « Ce partenariat avec la métropole ne vient pas grignoter sur nos engagements précédents, confirme Didier Réault. En trois ans, nous avons déjà engagé 240 millions d’euros sur les 300 du plan mobilité. »

Un soutien « financé essentiellement par l’emprunt »

Ce soutien massif à la Ville de Marseille et la métropole ne vient pas non plus rogner les autres politiques, notamment l’aide aux communes qui reste au niveau record de 140 millions d’euros par an. Comment le département fait-il pour faire face à tant de dépenses ? « Nous finançons essentiellement par l’emprunt », concède Didier Réault. Ainsi, pour 2019, si l’assise solide de la collectivité lui permet de dégager près de 150 millions d’euros d’autofinancement, plus de 450 millions seront apportés par les banques. « C’est une trajectoire budgétaire qui est soutenable et qui compense le non engagement de l’État pour les projets structurants de la deuxième métropole de France », observe Didier Réault. On est certes loin de l’autofinancement presque inexistant dégagé par la métropole pour ses investissements : 12,4 millions d’euros prévu en 2019, après 17,8 millions d’euros en 2018.

Historiquement négligeable, la dette du département devrait atteindre le milliard d’euros à la fin de l’année 2019. Comparée au nombre d’habitants, elle devrait dépasser en 2020 la moyenne des départements hors Paris, autour de 520 euros par habitant, contre 323 euros au début du mandat de Martine Vassal.

Ce coup d’accélérateur ne serait-il pas un tremplin électoral ? « Notre objectif est le développement de la métropole. On met à niveau ce que Marseille n’avait pas eu pendant des années. S’il y a un retour électoral, tant mieux », justifie l’élu.

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Commentaires

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  1. tj13 tj13

    Merci pour la clarté du tableau d’endettement. C’est à pleurer.

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  2. Brallaisse Brallaisse

    Je ne pensais vraiment pas que nous étions à ce niveau d’endettement , et vu la pente de la courbe cela fait vraiment peur.
    Alors certains vont m’avancer que la Région et le Département ne sont pas des organisations à but lucratives (sauf pour certaines ou certains) , mais là les limites du délire sont largement dépassées. Les campagnes électorales de Martine commencent à couter cher et les résultats au quotidien ne sont toujours pas là.

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  3. Renaud Marie Leblanc Renaud Marie Leblanc

    Je croyais naïvement que la droite détenait la maîtrise des dépenses !! Mais quelle hypocrisie…

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  4. Happy Happy

    A mon sens, présenter un graphique avec une courbe qui s’envole, sans plus de commentaire, est une erreur qui entretient les propos en boucle sur « la dette que nous laissons à nos enfants ». On ferait mieux de parler du patrimoine (ici un territoire et ses infrastructures, ses équipements) que nous laissons à nos enfants et qui nécessite des investissements pour l’entretenir et l’améliorer.
    Financer des investissements par des emprunts n’a rien d’inquiétant, au contraire, c’est ce que font tous les acteurs économiques, sauf quand ils arrivent à un stade où ils ne se projettent plus dans l’avenir. Ce serait plus inquiétant d’avoir une collectivité qui refuse d’investir, sous prétexte d’une gestion de « bon père de famille », selon l’expression consacrée mais trompeuse : un bon père de famille prépare l’avenir de ses enfants en investissant. Si le Département est capable de payer les intérêts de ses emprunts, je ne vois pas de problème. A la différence d’un ménage, une collectivité peut renouveler sans limite de temps ses emprunts, elle peut rembourser le capital sans cesser de ré-emprunter, donc de maintenir voire augmenter sa « dette ».
    Le vrai débat devrait porter sur les choix d’investissement du Département : sont-ils tous utiles pour améliorer le fonctionnement du territoire ?
    Un autre point qui m’étonne dans l’article est l’insinuation d’un conflit d’intérêts entre la présidence du Département et celle de la Métropole. En quoi la situation diffère du cumul généralisé des fonctions de maire et de président d’EPCI ? Là aussi, la vraie question à poser me semble plutôt être celle des méfaits du cumul des mandats, donc une question politique et non juridique.

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    • Brallaisse Brallaisse

      Vous avez raison mais malheureusement les chiffres sont les chiffres . Nous passons en dix ans de 100 millions à 1 milliard d’investissement , c’est à dire d’impôts. Une bricole.
      Deux observations , si vos revenus ont suivis la même pente vous êtes une personne chanceuse et heureuse . Deuxièmement , faites un rapprochement ou plutôt calculez le coefficient de corrélation entre cette courbe et le niveau de colère des gilets jaunes et vos aurez quelque part la réponse à la source de leurs courroux

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  5. Input-Output Input-Output

    Merci encore à Marsactu de mettre à jour les petites magouilles de nos « représentants », dont MV n’est même pas. Elle est coutumière du fait puisque dès qu’elle a pris les rennes du CD13, elle a copieusement arrosé la ville de Marseille. Guerini avait fait de même à l’époque en doublant l’aide aux communes pour assurer sa réélection en tant que sénateur. Bref, c’est blanc bonnet et gros bonnets. Il est temps que cela change et que nous écrivions nous même notre futur : #Fuck5 http://evolut10nnaire.blogspot.com/2018/12/fuck5-exigeons-une-vie-republique.html

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  6. Félix WEYGAND Félix WEYGAND

    D’accord avec Happy. Toute dette n’est pas de la mauvaise dette, surtout en ce moment où les taux d’intérêt sont bas pour une collectivité dont la signature reste « solide ». Ce qui compte c’est la nature des projets financés et leur rentabilité sociale (pour le service public, comme pour une entreprise ce sera sa rentabilité économique).
    Par exemple doter la Métropole de moyens de transports collectifs cohérents et modernes est très au-delà de la capacité d’autofinancement des collectivités publiques mais il est raisonnable de s’endetter pour doter le territoire d’une infrastructure qui va durer des décennies. celle-ci créera non seulement de la valeur d’usage mais aussi de la valeur économique qui contribuera à payer des impôts qui participeront au remboursement de la dette (hélas, un tel projet dépasse aussi la capacité d’endettement …).
    La fusion Département Métropole fait sens si elle permet de rationaliser les dépenses de fonctionnement en supprimant des doublons et des politiques inutiles et clientélistes (dont certainement une bonne partie de l’aide au commune) et de recentrer les capacités d’investissement public vers de véritables politiques publiques d’intérêt général au long cours.

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  7. LaPlaine _ LaPlaine _

    En regard de ces sommes colossales, humblement et au ras du bitume, aucune amélioration constatée depuis les annonces de MV à sa prise de fonction métropolitaine, notamment en termes de propreté ou rien n’a changé.

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  8. Brallaisse Brallaisse

    L’endettement positif à la belle affaire.
    Quand vous louez pour des sommes folles quelques étages dans la nouvelle tour la Marseillaise pour 10 ans , effectivement voilà un bel exemple d’endettement positif.
    Quand créez des stations d’épuration qui n’épurent rien , voila de l’endettement positif ( je ne sais d’ailleurs si cela concerne VASSAL , mais de toutes les façons mairie département, région se sont les mêmes).

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  9. leravidemilo leravidemilo

    Eh bien!!!
    Tout en partageant pleinement les arguments de Happy sur » les raisonnement » complètement bidons dont nous abreuvent les partisans/artisans du gouvernement par la dette, à savoir l »u ».E et dans son sillage les partis de « gouvernement » PSUMP et autres macronies (ses arguments de seconde partie sur le « cumul de mandats » sont le type même de la fausse route), il y a la de quoi crier au fou!
    Parce qu’on est ici, à Marseille, dans son parc de premier voisinage MPM et dans SA grooosssee , et ingérable, métropole, et qu’on a tous pu constater la pertinence et l’efficacité de leurs  » choix » d’investissements et de fonctionnement (l’exemple des services municipaux et autres servant à remplir, en se ruinant, les tours de la Sky line, et à habiller la faillite économique d’euromed est probant). Ces choix reviennent à gaver les Bouygues véolia Vinci Sodexo et autres constructa… , puis, dans un second temps, à constater qu’il n’y a plus de pépettes dans la bourse et que la situation est difficile, qu’il y a plus de 400 écoles et que ma pôvre dame, on fait ce qu’on peut…
    Cet article donnent un flash, un peu éblouissant mais fort révélateur, sur la situation à laquelle nous voila confrontée. Que dit il, selon moi, si on veut bien le situer parmi tous les éléments « contextuels ». Que me rappelle t il à moi, qui en était déjà convaincu :
    – Que la chose est ingérable plombée par la dette marseillaise, l’officielle et la planquée dans les les PPP bétons et les contrats aquatiques à 25 ou 30 ans, les 40000 appart dangereux ou insalubres (les deux tiers d’une ville comme Aix ou Nîmes), et les dysfonctionnement structurels et chroniques des « services » marseillais….
    – Que cette métropole ne pouvait être mise en place comme cela fut fait par hollande/valls/macron/débranchue/gaudin… sans une dotation/correction initiale lui permettant un espoir de mise à niveau et de développement.(Plan Marshall pour le coup!)
    – Que ses capacités d’investissement sont nulles ( et non avenues).
    – Que la seule solution consiste à noyer la chose dans un maelström plus grand et à endetter, au delà de la dose prescrite, la seule institution locale qui ne l’est pas (encore).
    – Que toute personne qui ne cautionnera pas, au moins par son silence, cette fuite en avant (dans le mur) sera virée. (voir le sort fait au vice président et adjoint aux finances de la ville d’Aix qui voulait utiliser abusivement la sonnette d’alarme).
    Que la chose sera encore aggravée par la présidence de Mm Vassal, authentique représentante de la fine équipe marseillaise, et des méthodes de gestion délétères et irresponsables dans lesquelles elle a été élevée.
    – Que le seul résultat garanti là dedans est l’extension des mauvaises manières marseillaises à l’ensemble de la métropole/ du département,(c’est d’ores et déjà pareil, en tout cas pour Vassal, et elle le montre crument ici.)
    – Que Mm Vassal est bien la fille ainée de Gaudin et la métropole la fille illégitime de la Nullicipalité marseillaise et du gouvernement Valls.
    _ Que la seule solution est dans l’éclatement ou dans la fuite.
    – (strictement in peto): Qu’il va pas falloir tarder à repasser le Rhône avant que des bouchons très significatifs ne s’accumulent sur les ponts (hors de toute problématique gilets jaunes).

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  10. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    De toutes façons c’est toujours dans la même poche que « puisent » nos décideurs :la notre !

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