Martine Vassal prise dans le piège métropolitain

Décryptage
le 8 Oct 2021
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Le conseil métropolitain de jeudi a mis fin à une séquence compliquée pour Martine Vassal, prise en étau entre une grève des déchets et les insistances de Marseille pour peser dans la réforme de l'institution. Le piège se referme sur celle qui a hérité de la métropole, aujourd'hui sommée de la faire évoluer.

Martine Vassal était entourée de son état-major métropolitain jeudi pour une conférence de presse. (Photo BG)

Martine Vassal était entourée de son état-major métropolitain jeudi pour une conférence de presse. (Photo BG)

Qu’il est lourd l’héritage. Depuis que Martine Vassal (LR) a été placée dans le rôle de l’héritière par Emmanuel Macron lui-même, elle se débat avec une métropole morte-née, syndicat des maires et additions d’intérêts, ce fardeau confié par Jean-Claude Gaudin. Sa défaite aux municipales n’a fait que renforcer le problème : sa majorité tient d’abord par les élus du reste du territoire, historiquement les plus hostiles à la grande intercommunalité.  De l’autre côté de la balance, le président de la République a posé un milliard d’euros, 250 millions en subvention, le reste en avance remboursable pour financer un projet de transports digne de la seconde ville de France. Charge à la présidente de réformer la “monstropole”, comme la qualifient ses opposants de toujours, qu’elle a installés comme vice-présidents. Et en cas de résultats insuffisants, de faire figure de cible idéale.

Sur la pelouse du Pharo, en marge de l’assemblée métropolitaine, Benoît Payan boit du petit lait. C’est ici que le maire PS a accompagné Macron jusqu’à la tribune où il devait prononcer un discours historique pour “Marseille en grand”. Avec dans une petite dizaine de jours, une seconde visite pour ramasser les copies des réformes demandées. Le rendez-vous approche à grand pas et Martine Vassal n’est pas prête. Une grève des poubelles mal finie, pas finie, un épisode méditerranéen par-dessus : la ville-centre de la métropole jonchée de déchets.

Pire, le mal marseillais a gagné les territoires. La grève se poursuit à Martigues, à Istres, à Aix… La faute à cette satanée métropole qui n’a pas su harmoniser les statuts, les temps de travail là où à la mairie de Marseille, l’aiguillon du parquet national financier a forcé Jean-Claude Gaudin à réformer à marche forcée pour respecter les règles légales du temps de travail.

L'”écocide” d’Épluchures beach

La tempête est passée, mais l’étau se resserre. Les élus marseillais montent en vagues programmées contre Martine Vassal. Sur les marches mêmes du Pharo, chez elle, les élus de Marseille dénoncent “un écocide“. Benoît Payan en ajoute une couche à la une de La Provence qui tant de fois a tendu le micro à la double présidente du département et de la métropole. Cette fois-ci, c’est le maire qui est en manchette, doigt pointé, il réclame une métropole à lui tout seul.

Ce jeudi, jour de conseil métropolitain, Martine Vassal a tenté de reprendre la main. En vain. D’abord lors d’une conférence initialement consacrée au rapport de la chambre régionale des comptes qui étrille la gestion des déchets de 2013 à 2020. Les journalistes patientent face à un pupitre et huit chaises vides. Les protagonistes s’engueulent dans une des salles du siège métropolitain. Visiblement, la stratégie tarde à se mettre en place. L’aréopage est bigarré : il y a là des vice-présidents de la métropole, Georges Cristiani (DVG), le président de l’union des maires, farouche adversaire de la métropole, Yves Vidal, maire (DVG) de Grans, Danielle Milon, maire (LR) de Cassis et chargée du tourisme, Gérard Gazay, maire d’Aubagne chargée du développement économique, Didier Réault, vice-président (LR) à la mer… Et puis Yves Moraine, qui n’occupe aucun poste dans la gouvernance métropolitaine.

Les mousquetaires, tendance 2021

L’ancien maire (LR) des 6/8 était sorti fâché de la campagne électorale ratée de 2020 durant laquelle il avait été placardisé. Le voilà revenu, un peu en retrait, en demi-teinte, lui qu’on avait très tôt désigné comme l’héritier de Gaudin. Lors d’une grève des déchets, en 2015, il faisait partie des “mousquetaires”, un quatuor d’élus missionnés par le président de la communauté urbaine finissante, Guy Teissier (LR), pour éteindre le conflit. Cette fois-ci, l’avocat est là pour porter le fer, jouer de la manche. Il tient le rôle, attaque Payan. Mais le corps parle, plus que les mots. Quand Martine Vassal prend le micro, lui ronge ses ongles, se prend littéralement la tête. Martine Vassal sourit, les yeux plissés, un masque qu’elle arbore quand elle est gênée.

Le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) qui dit tant sur le fonctionnement métropolitain est vite évacué. Ce qu’elle a à en dire ? “Il porte sur la gestion de 2013 à 2020. Je suis en responsabilité depuis 2019”, dit-elle en préambule, en se trompant d’un an. Jean-Claude Gaudin lui cède son siège dès 2018, avant la crise de la rue d’Aubagne. Au final, ce rappel lui sert à se dédouaner : il y a eu de nombreux présidents avant elle, dont certains étaient de gauche. Soit.

Jeudi, la présidente de la métropole a tenté de montrer que la sortie de crise était maîtrisée. (Photo BG)

Les journalistes qui veulent entrer sur le fond du rapport sont rapidement éconduits. La présidente doit mettre en scène sa reprise en main. La réquisition des agents par la préfète de police ? “C’est moi qui l’ai demandée”, affirme-t-elle, comme si elle était n’était pas en mesure de demander à ses propres agents, censées ne plus être en grève, de se présenter au travail.

Alors que la loi sur le temps de travail a été votée en 2019, les négociations n’ont démarré qu’au dernier moment à la métropole.

La négociation entamée à seulement quelques mois de l’entrée en vigueur d’une loi votée en 2019 ? “J’ai engagé le dialogue social depuis un moment”, affirme-t-elle encore. Pourtant, elle n’a pas fait adopter le protocole d’encadrement de grève qui, comme à la mairie, lui aurait permis d’instituer un service minimum dans le ramassage des déchets comme la loi le lui permet. À la Ville, le syndicat majoritaire, Force ouvrière l’a signé. À la métropole, le sujet n’est pas arrivé jusqu’à la table des négociations. “Parce que vous trouvez que dans les écoles, ça se passe bien ? Demandez aux parents”, se défend Martine Vassal. Et puis si la CGT maintient encore un préavis,  jure-t-elle, c’est justement pour se venger de la petite phrase d’Emmanuel Macron sur les grèves dans les écoles…

“Une nouvelle fois”, la main tendue

Dans ce charivari communicationnel, elle tend “une nouvelle fois la main à Benoît Payan”. Mais pas question de lui tailler un territoire à la taille de la ville-centre. Comme pour tous les maires, elle souhaite lui redonner les compétences de proximité. Mieux, elle souhaite que ce soit les mairies de secteur, dont trois sont gérées par son camp, qui les gèrent.

L’après-midi de ce jeudi, le conseil métropolitain, doit être le second acte de cette reprise en main. Cette fois, c’est elle qui préside, décide de qui parle et dans quel ordre. À nouveau, c’est le rapport de la chambre régionale des comptes sur les déchets qui – décidément – sert de tremplin au débat métropolitain. Seul Gaby Charroux, le maire communiste de Martigues, se risque à en parler. Tout le reste rejoue le jeu de positions que la métropole connaît depuis sa création. Les anti-métropole historiques crient à l’hallali, se réjouissent de voir la métropole réduite aux seules compétences stratégiques. “Attention, prévient Yves Vidal, on doit être solidaires des charges de centralité mais pas en nous faisant les poches”.

Ce débat sur les attributions de compensation, les versements de la métropole aux communes qui représentent plus de la moitié de son budget, a eu lieu des dizaines de fois déjà. Mais désormais il y a un maire d’une ville de taille qui fait entendre une voix d’opposition. Benoît Payan est assis au premier rang : “Il est temps, que nous réussissions à trouver un texte qui puisse ouvrir la porte d’un changement de gouvernance. Sinon le législateur fera passer en force une réforme qui ne convient pas aux maires qui sont ici, qui ne convient pas au maire de Marseille”.

Séance du conseil, façon théâtre de boulevard

Alors que la parole continue de tourner dans l’hémicycle, un coup d’éclat boulevardier bouscule le jeu de rôles très habituel. Benoît Payan se rend à la tribune, échange avec le directeur de cabinet de la présidente et sort de la salle avec lui. Celle-ci s’étonne, envoie un collaborateur se renseigner puis explose. “C’est intolérable, fulmine-t-elle, coupant la parole à l’élu de gauche aixois Marc Pena, qui souhaitait mettre la sienne dans le débat. Le maire de Marseille a quitté la séance avant que j’aie pu m’exprimer. Si c’est comme ça je clos le débat”.

Sophie Camard qui lève la main est sèchement rabrouée : “Votre maire a parlé. Vous n’avez pas la parole.” Une fois sortie, celle-ci explique qu’elle voulait simplement intervenir sur le rapport de la CRC sur les déchets, parti aux oubliettes. Benoît Payan, a quant à lui fait un aller-retour à la mairie où l’attendait la famille Tapie avant l’enterrement de l’ancien président de l’OM, ce vendredi.

Voyons-nous, les yeux dans les yeux, je suis dans une démarche d’unité.

Martine Vassal à Benoît Payan

Quand il revient, Martine Vassal l’accueille d’un “Ah… monsieur le maire de Marseille” qui lui fait ouvrir de grands yeux. Avant la fin de la séance, elle reprend le dialogue avorté. “Voyons-nous, les yeux dans les yeux, je suis dans une démarche d’unité, dit-elle à Benoît Payan. Je vous invite dès demain, en tout cas avant mardi matin, pour que nous puissions travailler avec un crayon à la main sur vos retours de compétences”. Le maire accepte, dit “chiche”. Les deux élus marseillais se verront sans doute avant le conseil des maires comme ils se sont déjà vus cet été. Peu importe, Benoît Payan a gagné cette manche, laissant le piège métropolitain se refermer sur Martine Vassal.

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Commentaires

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  1. Benoît Benoît

    Nos élus sont-ils seulement conscients du piteux spectacle qu’ils nous offrent ? Je me fout de savoir qui est contre qui, je veux une ville propre. L’intérêt général, ça leur dit quelque chose ?

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Non !

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    • carole joseph carole joseph

      tout a fait d’accord, moi citoyenne de base, je ne vois que des “nananères” de cours d’école d’enfant de 4 ans…c’est pa smoi, c’est elle….c’est pathétique! et pendant ce temps là, nous, ont reste sous les poubelles et les poubelles vont dans la mer! bravo à tous nos politiques 🙁

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  2. SeagullOnTheRoof SeagullOnTheRoof

    Merci pour cet article, qui souligne une fois de plus les ambiguïtés de notre métropole, une ambition d’unification d’un territoire mise à mal en partie par les répartitions budgétaires entre Marseille et les autres communes (entre intérêts politiques et les besoins de la population)… C’est historique, et les politiques qui la dirigent (et l’ont dirigé), ont joué de ces divisions pour l’obtenir… (

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  3. Brallaisse Brallaisse

    Et vous n’avez rien vu de cette déliquessance ,Vassal qui charge Gaudin, les chiens ne font pas chats.L’equipe de sauvetage avec tatie Danielle de Cassis, Cristiani dont son principal soucis étant sa coupe de cheveux et le meilleur,excusez la faute de frappe,le pire pour la fin ,Moraine,vont finir le sabordage.
    Cela sent le sapin.
    L’arrivée du Préfet ,missi dominici de Macron , me fait penser à la fin du premier semestre en classe préparatoire quand le prof principal convoque les plus faibles et leurs indique qu’ils n’ont pas le niveau.C’est le cas de Vassal,pas au niveau.

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  4. Dark Vador Dark Vador

    Sous Louis XIV déjà, les canons qui devaient défendre la ville étaient pointés sur elle…
    Aujourd’hui, le Président de la République (Le Souverain?) est obligé de venir en personne régler les problèmes et distribuer les baffes puisque les “zélus” en charge ne savent (veulent) pas s’en occuper. Une CRC qui dit et redit “halte à la gabegie”. Sortirons nous un jour de cette souricière… 😪

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  5. Luciole Luciole

    Excusez moi Marsactu, mais qu’a gagné le Maire de Marseille ? Tout ce spectacle est affligeant, de tous bords . Et pour quoi au final ? Un échelon administratif supplémentaire ( CT zéro )? Une gestion de compétences dont le retour à l’échelon municipal prendra à minima deux ans ? Des fractures entre collectivités encore plus marquées qui entérinent définitivement le fait qu’elles sont incapables de travailler ensemble ? Vraiment , au-delà de la tactique politique court termiste , qui gagne quoi , j’aimerais vraiment savoir .

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    • ruedelapaixmarcelpaul ruedelapaixmarcelpaul

      Devrait-on rester dans le merdier actuel ?

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    • Luciole Luciole

      Non c’est certain . Mais je ne vois aucun gagnant aujourd’hui au regard des postures adoptées.

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  6. Brallaisse Brallaisse

    Moi je peux vous dire en tous cas le nom des perdants,c’est nous.

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  7. didier L didier L

    Et tout ça pendant qu’on mettait en terre Tapie … ironie ( si j’ose dire) de l’histoire marseillaise, de quoi en faire une tragi-comédie, car et là Vassale n’a pas complétement tort , les grands anciens – Defferre et Gaudin – leur ont laissé un vrai chaos à gérer. On ne va pas reprendre encore une fois l’histoire, mais si ni l’intercommunalité, ni la Métropole de ne fonctionnent ici, alors qu’elles fonctionnent ailleurs c’est pour des raisons strictement politique. L’urbanisme, l’aménagement du territoire, les transports, une vision pour leur ville n’ont jamais été les préoccupation principales des deux anciens parrains l’un socialiste l’autre de droite : leur préoccupation était de se maintenir au pouvoir par clientélisme interposé … et en 2021, le résultat est là. Payan et Vassal auront-il/elle le courage de tuer les pères ? Il semblerait que Vassal a déjà commencé … au tour de Payan

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  8. Brallaisse Brallaisse

    La photo de la conférence de presse sise en tête de l’article est terrible.
    Moraine soit est en train de dormir ,ou bien les yeux clos , il ne veut pas voir la scène, le toujours bien coiffé Cristiani à un regard d’horreur ou de haine , Reault est livide , les cheveux dréssés sur la tête , non c’est pas la peur , c’est le gel, 1 pot par semaine, et Vassal surveille bien le texte du sémillant Didier pour voir si il se tient bien aus “éléments de langage” autrement dit aux conneries à raconter.Les autres hagards ou bien effrondrés., putain , on va être obligés à bosser.
    Mais bien sûr , c’est la faute “à” Gaudin et “à” l’Etat, nous n’y sommes pour rien , sauf à prendre l’oseille, le flouz, la caillasse, les biftons, la tune, le picotin , les pascalounés. Enfin en un mot , nos impôts

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  9. didier L didier L

    En effet …l’Etat major est dans un drôle d’état, une sorte de déroute !

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  10. Manipulite Manipulite

    Le rapport de la Chambre régionale des comptes concerne la période 2016 et suivants et non 2013 à 2020 comme le prétend Martine Vassal dans une piteuse tentative de reporter les responsabilités à plus loin. Le fiasco de la Métropole finit dans un comportement caricatural de nos élus d’Aix-Marseille-Provence. Droite principalement mais la gauche ne peut pas s’exonérer des ses responsabilités historiques. Je n’ose dire « tous pourris ». A voir sur les RS un petit extrait filmé des propos de beaufs tenus par des élus du conseil de territoire de Marseille : Giberti, Mouren And Co. Vomitif.

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  11. Oreo Oreo

    La Métropole hors Marseille déteste Marseille parce qu’elle est pauvre, et que les pauvres sont détestés par les riches, (surtout, bizarrement, ceux qui se font les hérauts des racines chrétiennes de l’Europe). Macron qui a voulu jouer au plus fin, a allumé la mèche en disant aux élus de régler leurs “chicayas” (dans ce contexte, cet emploi sent le racisme et le néo-colonialisme pour un mot d’origine arabe, histoire de bien rappeler d’où et à qui il parlait?). Le résultat ne s’est pas fait attendre, les élus s’étripent. Or, l’État qui a déconstruit son administration ne pourra rien faire, si ce n’est faire légiférer à nouveau l’Assemblée aux ordres. Ce ne fera que rajouter des couches au fameux millefeuille et rendra la Métropole encore plus ingouvernable.

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  12. Brallaisse Brallaisse

    Oreo, avec votre raisonnement sur la chicaya, comment vais je faire pour demander un café ( mot arabe), qualifier nos zėlus de zéro ( mot arabe) sans passer pour un colonialiste ?.
    Le mot chicaya veut bien dire ce qu’il veut dire ,et il est parfait à ce titre.Alors oui , les mots de querelle,dispute, contreverse,plaintes, différents , auraient été plus corrects selon Maître Capello,mais dans ce souk ,oh pardon,ce bordel qu’est la politique marseillaise ,le terme de chicaya était de bon aloi.

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    • Félix WEYGAND Félix WEYGAND

      Sans oublier le besoin d’un amiral (emir el bahr) pour nous piloter entre les récifs (ar-raṣīf ) !

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    • barbapapa barbapapa

      C’est que Martine et sa smala veulent garder le flouz

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    • Electeur du 8e Electeur du 8e

      Ce qu’il faudrait au chevet de cette métropole en état de mort cérébrale, c’est un bon toubib (“tebîb”) un peu baroudeur (“barud”), capable de guérir le seum (“semm”) des élus qui ne kiffent (“keif”) pas les Marseillais. Mais pour réussir, il faudrait qu’il ait la baraka (“barakah”).

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    • vékiya vékiya

      sans compter le nombre de toubib qui entourent vassal, qui à voir sa tronche doit vraiment en avoir besoin en ce moment.

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  13. petitvelo petitvelo

    Il ne reste plus qu’à Nationaliser la métropole AMP ;o)

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