Marseille se met à la vignette anti-pollution mais ne s’en servira presque jamais

Info Marsactu
Lisa Castelly
13 Juin 2019 18

En retard par rapport à plusieurs autres villes de France, Marseille vient de se doter d'une nouvelle réglementation afin de mettre en place un périmètre d'interdiction des véhicules trop polluants en cas de forts pics de pollution. La mesure, délimitée au centre-ville, ne s'appliquera cependant qu'à de très rares occasions pour les véhicules particuliers.

Attendue depuis plusieurs années, la petite carte a fait son apparition dans les arrêtés préfectoraux publiés début juin. On y voit une petite zone rosée au sein de laquelle les véhicules trop anciens, trop polluants, ne seront pas les bienvenus en cas de fort pic de pollution, et ce entre 6h et 20h. La zone englobe, grosso modo, le centre-ville de Marseille, délimité au nord par le boulevard de Plombières, à l’ouest par le Jarret et au sud par le Prado II. Sans la vignette idoine, la zone sera interdite de circulation ces jours-là.

Carte délimitant la zone de circulation différenciée en cas de très forte pollution.

L’arrêté préfectoral valide en effet l’arrivée des vignettes Crit’air dans la ville, déjà effectives ailleurs en France. Un petit autocollant à réclamer auprès du ministère de la transition écologique, essentiel pour être autorisé à circuler les jours où le niveau d’alerte dépasse le niveau 2. Moyennant 3,62 euros de frais de port, les propriétaires de véhicules pourront recevoir la vignette indiquant le niveau d’émission de polluants atmosphériques de leur voiture.

La vignette Crit’air comporte 5 niveaux, et lorsque la circulation différenciée sera mise en place seul les niveaux 1 à 3 seront autorisés à rouler en centre-ville. Soit, pour résumer, les voitures électriques et à hydrogène, les voitures essence immatriculées la première fois après le 1er janvier 1997 et les voitures diesel immatriculées après le 1er janvier 2006 (voir la classification exacte ici). Des dérogations existent néanmoins, pour les véhicules avec une mission d’urgence sanitaire (SAMU, ambulances…), de sécurité ou de service public, mais aussi les véhicules de particulier en covoiturage, c’est-à-dire avec plus de trois personnes à leur bord. 

Une mesure souhaitée par les défenseurs de l’environnement de longue date, et prévue depuis 2017 qui ne devrait pourtant être déployée que de façon très rare. En effet, que ce soit pour les pollutions à l’azote, à l’ozone ou aux particules fines, le niveau d’alerte N2 n’est quasiment jamais atteint dans les Bouches-du-Rhône.

Les différentes procédures en cas de pollutions

Selon les taux de pollution constatés (azote, ozone, particules fines), la préfecture déclenche des procédures adaptées progressivement. La première étape est dite « niveau d’information recommandation ». Suivent le niveau alerte N1 et le niveau alerte N2. À chaque seuil, les mesures d’information et de contrôles sont renforcées, pour les véhicules particuliers, mais aussi pour l’industrie, les transports et les navires. En lien avec un comité dit « d’exp’Air », le préfet décide des mesures d’urgence à mettre en place.

Pour ce qui est des pics de pollution aux particules fines particulièrement réguliers à Marseille, il faudra atteindre 80 microgrammes par mètre cube d’air constatés en moyenne pendant plus de deux jours, ou 50 microgrammes en moyenne pendant quatre jours. Et concernant les pollutions à l’ozone, le niveau d’alerte 2 n’est déclenché qu’en cas de dépassement du seuil de 240 microgrammes par mètre cube pendant trois heures consécutives durant deux jours, ou 180 microgrammes en moyenne horaire pendant quatre jours. Des seuils abstraits, mais tout de même extrêmement hauts. À titre d’exemple, à l’été 2018 où Marseille a connu un épisode de pollution à l’ozone exceptionnel durant 14 jours, la préfecture n’est pas allée au dessus du niveau d’alerte N1 et le seuil d’alerte N2 n’a jamais été déclenché.

En revanche, le périmètre délimitant le centre-ville aura une utilité plus fréquente pour ce qui est des poids-lourds. Ces derniers pourront être interdits de circulation dans le centre-ville dès le seuil N1. Là aussi, la décision de mettre en place cette restriction appartient au préfet.

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