Marseille 2013 le Off dans la mélasse financière

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le 24 Avr 2012
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Marseille 2013 le Off dans la mélasse financière
Marseille 2013 le Off dans la mélasse financière

Marseille 2013 le Off dans la mélasse financière

Lors de la présentation officielle du programme de Marseille 2013 le Off, Jean-François Chougnet, directeur général de Marseille-Provence 2013 – le In – a déclaré  qu'il leur offrait son amitié. Si celle-ci est de nature à réchauffer le cœur, elle ne suffit pas à beurrer les épinards. Le même jour, Patrick Mennucci, vice-président du conseil régional des Bouches-du-Rhône et maire du premier secteur de Marseille avait déclaré qu'il souhaitait débloquer 30 000 € pour le démarrage du Off. "Cette proposition sera votée lors de la commission permanente qui aura lieu fin mai", a-t-il réaffirmé aujourd'hui même. Seulement voilà, tant que rien n'est voté par le conseil régional, les organisateurs du Off restent sceptiques. "Il les sort de sa chaussette ces 30 000€ ?"  ironise Stéphane Sarpaux, journaliste au Ravi.

Pour l'instant, en plus des adhésions à l'association "qui nous ont permis d'acheter les merguez", et les ventes de produits dérivés – essentiellement des tee-shirts qui rapportent entre 2 et 3 € par mois – les instigateurs bénévoles du Off comptent sur un événement en particulier. Le speed dating Fokonsvoi #7, organisé le 22 mai prochain à la Boate, destiné à organiser une rencontre entre les artistes, les PME et les collectivités. "Le véritable enjeu est de trouver un moyen pour que davantage de projets soient financés, en partie grâce au soutien des entreprises locales. Quant aux collectivités, nous leur demandons à chacune 125 000 € d'aides, soit 1% de la somme des 12,5 millions d'euros versée au In". Proposition jugée inacceptable par Michel Pezet, conseiller général délégué à la culture, qui se montre pour l'heure catégorique : "il n'est pas question de prélever quoi que ce soit sur l'aide accordée à Marseille-Provence 2013. Nous avons déjà été saisis par le Off pour une demande de subvention loin d'être faramineuse et disproportionnée (50 000 € pour cette année, à reverser en 2013 – actuellement en cours d'examen, ndrl), nous ne reviendrons pas là-dessus."

Black listés

La partie n'est pas encore gagnée : "la pratique du mécénat est nouvelle en France, et en général, les riches prêtent aux riches… Le In est passé par la Chambre de commerce pour obtenir le soutien de grosses entreprises, alors que nous sommes black listés par celle-ci" estime l'organisateur du Off. Selon la Chambre de commerce et de l'industrie, l'accusation est un peu forte, "il n'y aucune inimitié à l'égard du Off". "Ma porte est ouverte à tout le monde, d'ailleurs, même si la CCI investit dans la réussite de Marseille Provence 2013, nous considérons avec sympathie et humour le Off. De toute façon mon métier n'est pas de rabattre les entreprises comme ça", a enchéri Laurent Carenzo, directeur de cabinet de Jacques Pfister, président de la CCI et… président de l'association.

Pour l'instant, les entreprises contactées directement leur ont fermé les portes. Rien de surprenant pour Stéphane Sarpaux. "C'est symptomatique de la méconnaissance du monde de l'entreprise concernant le Off. On souffre aussi un peu du In." Loin d'être amer, le journaliste engagé auprès du Off relativise la situation : "Il n'y a rien de révoltant dans tout ça, ce n'est pas scandaleux."

Le FMI de 2013

Réalistes plutôt que fatalistes, les organisateurs du Off ne sont pas de nature à rester les deux pieds dans le même sabot. Plan B déployé, le "FMI de 2013", le Gaston – clin d'oeil à Gaston Defferre et Gaston Lagaffe – une monnaie culturelle utilisée dans le cadre des événements du Off et dans les lieux labellisés. "L'idée est de créer un modèle économique destiné à alimenter un fond de dotation pour les artistes. " Acquis pour un euro, le Gaston permet de réaliser des profits pour acheter les oeuvres des artistes. Les commerçants marseillais se montreraient déjà conquis par cette monnaie intra muros à la capitale de la culture.

Reste enfin le système de levée de fond participative obtenu par un partenariat avec le site Kisskissbankbank. Cet "outil" aide les artistes à réaliser des micro-levées de fond, mais ces derniers ont la charge de fixer les montants des donations en échange de contreparties. Au bout de 90 jours, si la récolte a fonctionné, l'argent est versé aux artistes, sinon, rien n'est débité des comptes des donateurs. "La logique est anglosaxone. On introduit une pratique nouvelle sur la scène marseillaise. Le problème est que quand on parle d'argent aux artistes, ils voient comment le dépenser mais pas vraiment comment le récolter…"

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