Lionel Franc : "J'aimerais faire renaître le plongeon de tête"

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Eva Mostaert
27 Sep 2012 2

Marsactu: Comment vous êtes-vous intéressé au plongeon de tête ?

Lionel Franc: Vers l’âge de 10 ans, j’ai rencontré Jean-Michel Beaujon. Il faisait des spectacles de plongeon, seul, dans le but de récolter des fonds pour venir en aide aux enfants handicapés. Il a plongé d’une grue dans le port de Cassis, et j’ai immédiatement été séduit. Je suis allé vers lui pour lui demander de m’apprendre, et il a accepté ! Mon premier vrai plongeon, je l’ai fait à 10 ans, de 9 mètres de haut. Je me sentais en sécurité avec lui, on a tissé des liens très forts, il était comme mon père spirituel. Il m’a initié au plongeon, et c’est là que je me suis rendu compte que j’y étais prédisposé.

Vous plongez toujours à ses côtés ?

Non. Tout cela a duré dix ans. Les choses de la vie ont fait que nos chemins se sont séparés. Une fois les bases acquises, j’ai cherché à analyser la technique du plongeon plus précisément. Et je me suis construit une technique personnelle, très différente de celle de mon mentor. C’est ce que tout plongeur se doit de faire, car chacun est différent et a un corps différent. Il faut adapter sa manière de plonger en conséquence. Après m’être séparé de Jean-Michel Beaujon, j’ai continué à plonger, pour le plaisir, sans forcer. Et il y a 5 ans, j’ai revu Philippe, quelqu’un avec qui je plongeais avant, et on s’est trouvé des atomes crochus. Après 15 ans de "pause", j’ai enfin recommencé l’entraînement, et la motivation est revenue.

Quel est votre objectif aujourd’hui ?

Je cherche un sponsor pour m’aider à réaliser un plongeon de 40 mètres. Cela n’a jamais été fait, en tout cas pas pour un plongeon tête la première. Seul un indien a tenté le coup, à 38 mètres depuis une grue hydraulique, et de ce que j’en sais il est mort un mois plus tard des suites de son plongeon, qui était très mal réalisé. J’ai besoin d’un sponsor pour organiser l’événement, et pour mettre en place toute la sécurité nécessaire : plongeurs sous-marins avec bouteilles, médecin urgentiste, spécialistes de l’évacuation en mer… L’idée n’est pas de se balancer de manière suicidaire, au contraire. Il ne faut pas lésiner sur la sécurité.

Vous cherchez donc à battre un record ?

Oui et non. Je fais surtout cela pour moi, parce que je veux être au sommet de mon art. Je sais que je peux y arriver, je suis à deux doigts… Ce serait bête d’abandonner maintenant ! Et puis, la validation d’un record dans un sport extrême est très compliquée, c'est assez décourageant. Ce n’est reconnu par aucune fédération. Le seul moyen est de passer par un huissier sportif. Et encore, même cela n’a pas tellement de valeur, à part peut-être pour le Guinness des records, qui est difficile à contacter. J’aurais vraiment aimé un peu de reconnaissance de la part de la Fédération de Natation, mais ils ne veulent pas en entendre parler.

Ça ne vous terrorise pas, de vous élancer de 40 mètres de haut ?

Malgré les années de plongeon derrière moi, j’ai toujours peur avant de m’élancer. Mais c’est bon signe : ça veut dire que je suis conscient de ce que je vais faire, ce qui permet de prévenir un accident. J’ai appris à gérer cette peur, à faire baisser mon rythme cardiaque… Ça n’empêche pas qu’au dernier moment, je peux très bien avoir la trouille. Et si je ne me sens pas prêt, peu importe le nombre de spectateurs, je laisse tomber. Bien-sûr, avant de gros plongeons, l’idée que je puisse me tuer me traverse l’esprit. Mais je sais ce que je fais.

Les risques doivent être très nombreux.

Oui. On met en avant les vertèbres cervicales : c’est très dangereux. Les accidents de plongeon de haut-vol par la tête sont plus risqués que ceux du plongeon par les pieds.  Mais ils sont plus rares également, puisqu’on est si peu à plonger tête la première. Tout ce qu’on trouve sur internet en terme de sauts – et la confusion est là -, ce sont des sauts par les pieds. Je pense notamment au Redbull Cliff Diving, qui met en avant le plongeon par les pieds et y ajoute des figures. Dans tous les cas, les risques sont présents, et c’est pour ça qu’aujourd’hui je fais des actions préventives auprès des jeunes et que je donne des cours. Beaucoup sautent sans connaître les risques.

N’importe qui peut-il s’adonner au plongeon de tête, du jour au lendemain ?

Il vaut mieux ne pas faire de plongeon de tête seul, du moins pas sans avoir eu au moins quelques conseils au préalable. ll faut acquérir les bases, avoir une introduction au plongeon. Ça ne prend même pas une journée, et ça me paraît indispensable. N’importe qui peut apprendre à plonger, mais tout le monde doit être prudent et raisonnable. Une fois les bases acquises, libre à chacun de tester ses limites et d’affiner sa technique, comme je l’ai fait.

Vous avez des projets, en dehors du plongeon de 40 mètres ?

Je prévois un plongeon de 33 mètres pour le Téléthon. Je ne sais pas encore si ça va marcher, mais je vais me rapprocher de l’organisation du Téléthon de Marseille. En espérant que ça fasse du bruit ! Mais le record de 40 mètres, j’y tiens. C’est mon but principal. Je me dis que je pourrais peut-être, grâce à ça, faire renaître ce sport, voire organiser une compétition, à des hauteurs plus raisonnables… Et prouver aux fédérations que c’est possible. Ce serait extraordinaire ! Je me donne trois ans avant d’arrêter de plonger d’aussi haut, j’espère pouvoir réaliser mon grand plongeon d’ici-là !

Plus de vidéos sur la chaîne Youtube "Plongeurs de Nature"

[youtube http://www.youtube.com/watch?v=Nr6IFKSKvps]

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