L’exposition « Ne m’oublie pas » met des visages sur les migrations qui ont façonné Marseille
De Belsunce à Belsunce. Photographiés par le studio Rex, dans ce quartier populaire marseillais entre les années 60 et 80, des centaines d'immigrés maghrébins, comoriens ou d'Afrique subsaharienne figurent dans cette exposition qui révèle leurs trajectoires, uniques et universelles, à la bibliothèque de l'Alcazar.
Exposition "Ne m'oublie pas", studio Rex, à la bibliothèque de l'Alcazar. (Photo C.By.)
Une photo de mariage. La dame, jolie et coiffée d'une tiare, tient un bouquet de fleurettes blanches ; à ses côtés, monsieur porte beau, avec son nœud papillon. Ce cliché est l'un de ceux qui ouvrent l'exposition Ne m'oublie pas, à voir jusqu'en mars 2025 à l'Alcazar, dans le cadre des vingt ans de la bibliothèque, à Marseille. Cette photo fait partie de la collection privée de Jean-Marie Donat, qui a acquis et sauvegardé il y a une dizaine d'années une partie du fonds du studio photo Rex, installé à Belsunce jusqu'en 2018.
Ce cliché, comme tous ceux exposés, raconte bien plus qu'il n'y paraît. Dans le cadre, de part et d'autre du couple de mariés : deux petites photos d'identité, le visage d'un homme, le mari, et celui d'une femme, son épouse. De ces portraits, à bords crantés, un peu fripés par le temps, que l'on glissait dans son portefeuille pour conserver trace de l'être aimé avant, bien avant les selfies stockés dans les mémoires téléphoniques. La photo de mariage est un savant et délicat montage. L'homme vit à Marseille et la femme, elle, est restée de l'autre côté de la Méditerranée. Leurs visages ont été ajoutés à un décor. Derrière le voile virginal et les glaïeuls à foison se révèlent, en fait, la distance, la séparation. Cette photo, incroyablement poignante, n . . .
Arles 2023. « Inoubliable ». A l’époque je m’étais dit « mais pourquoi n’a-t-on pas vu cette expo à Marseille ??? » Voilà chose faite. Courez-y (moi j’y retourne).
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