L'ex ministre des transports Bussereau au board de la CMA-CGM

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Jean-Marie Leforestier
20 Août 2012 2

Dans les tous prochains jours, la CMA-CGM – troisième armateur mondial – va annoncer un renouvellement de son conseil d'administration. Si les administrateurs représentant les actionnaires, la famille Saadé et les Turcs de Yildirim ne bougent pas, ce sont les trois administrateurs "indépendants", qui vont être  remplacés. Comme à son habitude, le PDG Jacques Saadé a concoté un casting très politique avec des recrues de choix dont l'ancien secrétaire d'État aux transports à la mer sous Chirac (2002-2004) puis Sarkozy (2007-2010), Dominique Bussereau, un proche de Jean-Pierre Raffarin.

Le député et président du conseil général de Charente-Maritime avait d'ailleurs remis en 2009 la rosette sur canapé d'Officier de la légion d'honneur à Jacques Saadé. Un joli pantouflage, parfaitement légal mais un peu limite, surtout pour un administrateur dit "indépendant". La CMA n'a pour l'instant communiqué qu'au Liban sur ces nouvelles nominations, et principalement autour de l'ancien ministre des finances du gouvernement de Rafiq Hariri, le Libanais Jihad Azour, comme l'a révélé le site internet du quotidien L'Orient-le Jour.

Avec un camarade de promo de Hollande

Pierre Mongin, actuel PDG de la RATP va également fréquenter la salle du conseil de l'armateur du quai d'Arenc en haut de la tour Zaha Hadid. Ce haut-fonctionnaire, né à Marseille et qui fut directeur de cabinet du premier ministre Dominique de Villepin, est à droite, mais il fait partie de la célèbre promotion Voltaire de l'Ena, où il a croisé François Hollande et son ami Jean-Pierre Jouyet, patron de la Caisse des dépôts. Ça peut toujours servir.

Voilà pour les entrants, côté sortants, Tristan Vieljeux, 88 ans, grande figure de l'armement français, qui fut président du conseil de surveillance de la CMA-CGM jusqu'en 2010 va laisser son fauteuil. L'X-Mines Denis Ranque, ex patron de Thomson/Thales est lui aussi sur le départ. On s'en souvient, c'est sur pression de l'État et de ses banquiers que Denis Ranque était entré au board en 2009 quand le groupe était au plus mal. Il était même question que Ranque en devienne le directeur général, mais les Saadé n'ont jamais accepté, lui préférant un autre polytechnicien plus accommodant, Philippe Soulié, avant que Jacques Saadé ne reprenne définitivement les commandes quelques mois plus tard, grâce à un spectaculaire redressement. Enfin, Christian Garin, ancien président du port de Marseille et du syndicat des armateurs de France va devoir abandonner lui aussi ses jetons de présence.

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