Les transports de la métropole sur une voie (d’arrêt) d’urgence

Actualité
le 22 Mar 2017
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L'État et les collectivités ont présenté mardi un programme de 30 kilomètres de voies réservées aux transports en commun sur autoroute, en utilisant les bandes d'arrêt d'urgence. Ils s'ajouteront aux 5 kilomètres existants. L'occasion pour les élus locaux de mettre en avant des réalisations prochaines, tout en maintenant la pression sur le financement par l'État d'un grand plan pour les transports.

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Photo Charlotte Ayache

Photo Charlotte Ayache

C’était au départ une expérimentation, c’est devenu un pilier de la politique de transports de la métropole. Depuis 2013, cinq kilomètres de voies d’autoroute réservées aux cars ont progressivement été mis en place afin de les libérer des bouchons sur les tronçons les plus problématiques, au départ et à l’arrivée de la gare Saint-Charles ainsi qu’autour de Plan-de-Campagne. « Ce sont 13 000 personnes par jour qui gagnent entre 10 et 20 minutes, en fonction de l’heure », s’est félicité le préfet Stéphane Bouillon. Ce temps de trajet réduit profite aussi à la métropole, qui peut augmenter la cadence avec le même nombre de cars et de chauffeurs.

Convaincus par ce système, qui n’existe par ailleurs qu’à Grenoble et à proximité des aéroport parisiens, l’État et les collectivités partenaires ont validé la mise en place de quatre nouvelles portions entre 2017 et 2020. À Plan-de-Campagne, celle de 3 kilomètres sur l’A51 s’étendra dès cette année jusqu’à la jonction avec l’A7. Toujours sur cette colonne vertébrale Aix-Marseille, l’entrée d’Aix sera traitée en 2018, tandis qu’à l’autre extrémité la voie réservée entre Saint-Charles et Plombières sera prolongée jusqu’à la L2 Nord après sa mise en service fin 2018. Enfin, au nord d’Aix, la descente de Célony sera traitée en 2019-2020.

En parallèle, des études seront menées pour faire la jonction entre la L2 et Plan-de-Campagne et s’attaquer aux axes stratégiques que sont la desserte de l’aéroport de Marignane et l’A50 entre Marseille et Aubagne.

Il s’agit de la concrétisation d’une enveloppe de 30 millions d’euros ajoutée en juillet 2016 dans le contrat de plan État-région négocié par le nouvel exécutif de Christian Estrosi. À côté des grands travaux, comme la modernisation de la ligne ferroviaire Aix-Marseille et la gare souterraine Saint-Charles, ce système qui utilise les bandes d’arrêt d’urgence a l’avantage de la légèreté. « Comme les délais sont longs, nous mettons l’accent sur ces voies réservées car l’objectif c’est d’améliorer le quotidien maintenant », a insisté la présidente du conseil départemental Martine Vassal (LR). Et encore, à l’écouter, « 2020 c’est trop loin, il faudrait gagner une grosse année ».

Calendrier accéléré

À un mois de l’ouverture de la séquence de la présidentielle et des législatives, les représentants – tous de droite – des collectivités se sont montrés à la fois pressés et ambitieux sur ce dossier, très en retard, des transports métropolitains. Pour le vice-président de la métropole Jean-Pierre Serrus, cet ensemble de 35 kilomètres de voies réservées ne sera pas encore au niveau des 100 kilomètres promis par l’agenda de la mobilité métropolitaine, le grand plan de son institution. « Les voies réservées, c’est le cœur de Métro Express. C’est une anticipation, qui a été lancée avant même l’agenda de la mobilité métropolitaine, s’est-il réjoui. Mais le temps que nous n’avons pas perdu dans cette étape, ne le perdons pas dans la deuxième, qui est la généralisation de ces voies. »

Dans un coin de la tête, tous ont la promesse répétée à divers niveaux de l’État d’un financement massif de ce plan transports à 3 milliards d’euros via une structure dédiée, sur le modèle de la société du Grand Paris. « Il faut que nous ayons cette agence, cette société de projet, appelez-la comme vous voulez », a glissé Martine Vassal. Comme l’a relevé Go-met’, la mission interministérielle chargée de plancher était de passage à Marseille la semaine dernière.

S’il n’est pas impossible qu’un point d’étape soit (opportunément) présenté avant les élections, son calendrier officiel ne prévoit pas que le dossier sera soldé avant l’arrivée du prochain gouvernement. Dans cette optique, des députés socialistes ont pris soin de faire inscrire dans la loi la présentation par le (nouveau) gouvernement d’un rapport sur le sujet « avant septembre 2017 ». Histoire que les grands projets de transports de la métropole ne restent pas bloqués sur une voie de bus.

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Commentaires

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  1. mrmiolito mrmiolito

    Quand on est dans un bouchon, il y a deux possibilités :
    – soit on est dans une voiture, et on fait (modestement) partie du problème,
    – soit on est dans un bus, et on fait (modestement) partie de la solution…

    Je crois aussi à l’aspect pédagogique de voir filer le bus dans sa voie quand on est soi-même coincé sur la voie d’à côté, ça donne à réfléchir… tandis que de voir des bus coincés dans les bouchons avec tout le monde, est tout à fait démotivant.

    Donc un grand OUI à ces politiques volontaristes, ne serait-ce que pour faire gagner 10 minutes par jour à celles et ceux qui parviennent à ne pas prendre la voiture. : il convient d’encourager ces pionniers !

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  2. corsaire vert corsaire vert

    Ce sera surtout utile quand on se rend à l’aéroport et que l’on stresse dans un bouchon , même si on peut le prévoir !
    Ce moyen de transport pour s’y rendre et revenir est très pratique , moins cher que le taxi qui lui pourtant se débrouille pour éviter les embouteillages ….
    La gare St Charles n’ est pas mal desservie par les transports urbains et interurbains mais bien sûr, tout est perfectible et il faudra y arriver si l’on veut encourager les voyageurs à abandonner la voiture .
    Et pourquoi pas un train Marseille St Charles-Aéroport ? la ligne existe, juste une navette électrique pour se faire déposer devant les départs et plus d’embouteillages …bien sûr Macron ne serait pas content …pas assez polluant !
    Tout est volonté politique .

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    • Brigitte13 Brigitte13

      Corsairevert ils fonctionnent les trains Saint Charles – aéroport Marignane pour les voyageurs et les salariés. Plus des stress des bouchons depuis plusieurs années

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  3. CAN. CAN.

    Ne nous y trompons pas.
    Même si le changement d’affectation des bandes d’arrêt d’urgence va contribuer à offrir une alternative possible aux déplacements pendulaires au bénéfice des Transports Collectifs, cela reste une solution « petit bras ».
    Dans le cas des axes autoroutiers nouveaux comme la L2 (A507), il serait plus en phase avec l’objectif poursuivi et décrit dans les Projets de Lois de Finances 2015 et 2016, de réserver une voie dédiée dès l’origine, aux déplacements en mode collectif ( Dénommé voie Diamant aux Etats Unis)
    La L2 en service sur l’unique tronçon Est et encore avec un accès volontairement contrarié est au dernier pointage à 55 000 véhicules jour.
    Il serait souhaitable avant qu’elle ne soit saturée sur ses 3 voies, d’en réserver une voie sans attendre aux déplacements collectifs.

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    • neomars neomars

      En effet, quand on voit l’embouteillement de l’A50 côté marseillais depuis l’ouverture de la L2, c’est plutôt de ce côté là qu’il faudrait commencer sans attendre des études d’au moins 2 ans !

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  4. Piou Piou

    En tant qu’usagère régulière des bus au départ et à l’arrivée de la gare Saint-Charles, je confirme que ces voies réservées permettent un vrai gain de temps.
    On est donc sur la bonne voie (au sens figuré… comme au sens propre !)
    En revanche, à quand un élargissement des horaires de fonctionnement des lignes ?

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  5. N SV N SV

    A noter que dans le sens Aix -> Marseille, avant d’arriver sur Plan de Campagne, c’est très dangereux l’après-midi avec un soleil rasant. En effet, ces travaux low-cost ont essentiellement consisté à faire de l’effacement des bandes blanches et à en retracer (mal) d’autres à côté. Moralité, par soleil rasant les nouvelles bandes sont pratiquement invisibles et les anciennes ressortent, ce qui fait que les gens qui respectent la nouvelle signa risquent en permanence de se faire rentrer dedans par les distraits qui suivent l’ancien marquage au sol !!! Constaté plusieurs fois, et très dangereux. Un nouveau tapis d’enrobé ne serait pas du luxe.

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  6. PromeneurIndigné PromeneurIndigné

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Tout cela est du bricolage ? Ne serait-il pas plus efficace, et surtout moins fatigant notamment pour ceux , qui doivent se déplacer entre Aix et Marseille, quotidiennement, de doubler surtout son parcours la ligne ferroviaire entre la gare Saint-Charles et celle d’Aix . Ne serait-il pas aussi plus efficace de prolonger jusqu’à l’aéroport la voie ferrée,(au besoin en souterrain), pour permettre à des navettes de desservir directement la Gare Saint-Charles ? Et en attendant desservir la halte de Vitrolles Marignane par des navettes automobiles électriques.

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    • patatra4 patatra4

      je crois que le doublement des fréquences de la ligne aix-marseille est contratrié par les voies uniques sur une partie du trajet, notamment au niveau du grand pont ancien avec de jolies arcades qu’on aperçoit à droite en montant vers st antoine sur l’A7.

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  7. Trésorier Trésorier

    Ce système économique, efficace et rapide est à lancer au plus tôt, puisque nous n’avons ni les financements ni l’aide de l’Etat pour les grosses infrastructures.

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