Mosquée, stationnement, les dossiers chauds du conseil municipal du 3 octobre

Actualité
le 3 Oct 2016
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Pour ce conseil municipal de rentrée, les élus examinent près de 300 rapports. Marsactu détaille les dossiers les plus chauds avec, en premier lieu, l'enterrement du projet de grande mosquée et la révolution dans le stationnement.

Les dossiers politiques municipaux ont déjà largement animé l’actualité de cette rentrée. Le téléphérique s’affiche à la Foire de Marseille, Jean-Claude Gaudin imagine le casino à la Villa Méditerranée et, si l’on élargit aux compétences métropolitaines, Dominique Tian voit le métro à Bonneveine. Mais le conseil municipal ne s’est toujours pas réuni depuis la rentrée. Ce sera chose faite ce lundi dès 8 h 30, pour un conseil que vous pourrez suivre en direct sur notre site.

S’ils seront peut-être abordés au cours des débats, les rapports soumis au vote ne portent pas directement sur ces sujets. Dans les presque 300 dossiers étudiés, plusieurs ont retenu notre attention. En voici une large sélection.

La mosquée enterrée

La nouvelle a fait l’effet d’un coup de tonnerre alors qu’il ne faisait guère de doute que le projet de grande mosquée n’avançait plus depuis plusieurs années. Cette fois-ci, c’est la Ville a décidé de mettre fin à l’inertie de l’association en charge de l’édification d’une mosquée cathédrale sur un terrain municipal, à Saint-Louis. “Depuis plusieurs années, l’association présidée par l’imam Ghoul ne payait plus le loyer de 24 000 euros annuels, affirme Laure-Agnès Caradec, adjointe à l’urbanisme qui signe la délibération de résiliation du bail. Le trésorier payeur général nous a demandé de recouvrer cette dette. J’ai envoyé une lettre recommandée en août à laquelle le président n’a pas répondu. Nous avons donc décidé de résilier le bail.” À cela s’ajoutent le bail devenu caduc 7 ans après et l’abandon manifeste du site.

De son côté, le président du groupe de la majorité municipale, Yves Moraine, n’hésite pas à ajouter des accents politiques à la dénonciation de l’association présidée par l’imam de la rue de l’Académie. “Tout allait jusqu’à qu’en 2010, juste après la pose de la première pierre, accuse-t-il. Soudain le président Nourredine Cheikh a été jugé trop pro-Gaudin. Et monsieur Ghoul a pris la présidence avec le soutien de la conseillère régionale Fatima Orsatelli. Juste après un des pays donateurs – l’Algérie- a retiré sa promesse de don.” Il oublie de souligner que le projet de mosquée telle qu’il était dessiné à l’époque avec un soutien à part égale de plusieurs pays étrangers ne pourrait plus se faire aujourd’hui.

L’adjointe à l’urbanisme a laissé la porte entrouverte en annonçant qu’un autre projet pourrait être retenu s’il faisait l’unanimité au sein de la communauté musulmane. L’opposition de gauche a fustigé ce recul de la ville. La maire de secteur Samia Ghali a évoqué un choix “indigne“. Le conseiller municipal communiste, Jean-Marc Coppola, a déclaré dans un communiqué : “Cette résiliation de bail serait un mauvais signe envoyé à tous les musulmans de Marseille et un obstacle supplémentaire à l’émergence d’un projet commun leur permettant d’améliorer les conditions d’exercice de leur culte”.

 

Mise à jour des parcmètres

Près de huit mois après son retrait in extremis, la refonte du stationnement en centre-ville est de retour. Parmi les principales mesures, la suppression de la gratuité de la pause méridienne, l’extension de la plage payante jusqu’à 19 heures, la mise en place d’une zone orange où les tarifs grimperont plus vite… L’idée est de “réguler l’emprise de la voiture individuelle sur l’espace public, en incitant, dans les secteurs où le besoin est le plus fort, à un stationnement de courte durée pour permettre un taux de rotation des véhicules”.

Si le groupe socialiste a dénoncé une ponction pour les automobilistes, ces mesures s’accompagnent aussi d’une réduction du tarif des abonnements résidents. Une politique contradictoire avec celle de la métropole, qui cherche à les faire migrer vers les parkings souterrains pour libérer des places (lire notre article)…

L’Office du tourisme se dégrade

Le bâtiment du 11, la Canebière qui abrite l’Office du tourisme se dégrade sérieusement. Après que “des fragments de béton se sont récemment détachés des corniches hautes”, la Ville s’est rendue compte du mauvais état global de l’édifice. Pour 540 000 euros, elle va procéder à “des travaux importants de mise en sécurité et de restauration […] pour garantir durablement la sécurité des personnes et la pérennité du bâtiment”. Ça ne devrait pas nuire à l’image de l’accueil marseillais.

Les cantines encore confiées au privé ?

Les procédures de commande publique se préparent longtemps en amont. Aussi, la fin de la délégation de la gestion des cantines municipales par la Sodexo prévue à l’issue de l’année scolaire 2017-2018 est-elle déjà d’actualité. Sans surprise, la majorité Gaudin entend reconduire le principe d’une délégation de service public. Elle lance ce lundi la consultation du comité technique, qui réunit syndicats et administration municipale.

Les JO 2024 au Roucas-blanc, c’est 12 millions d’euros

La candidature de Paris pour l’accueil des jeux olympiques 2024 est en bonne marche et Marseille y est désignée pour accueillir les épreuves de voile. Le dossier de candidature est constitué de trois tomes dont le premier a déjà été envoyé. Le second est à rendre au Comité international olympique (CIO) ce vendredi et il rentre dans le dur des questions pécuniaires. La délibération acte donc “le financement de la marina olympique, dans la limite de 12 millions d’euros”. Hissez haut !

Vélodrome, la facture de l’Euro

Encore une grande compétition sportive qui oblige la municipalité à passer à la caisse. 398 000 euros, c’est la somme qu’ajoute la Ville à son budget annexe dédié à son déjà fort coûteux stade Vélodrome. Mais rien à voir avec l’inauguration de ce week-end qui salue l’ajout au nom du stade de la marque Orange, pour un montant resté confidentiel. Dans le cas présent, il s’agit plutôt du coût supplémentaire lié à l’organisation de l’Euro de football au début de l’été. L’opposition socialiste devrait en profiter pour dénoncer un stade au coût important pour la Ville. Une partie du loyer versé par l’Olympique de Marseille étant indexée sur l’affluence aux matches, la désertion d’une bonne partie des supporters rend la facture toujours plus lourde pour la mairie et les contribuables. Mais la Ville a promis de renégocier le montant du loyer dès que la vente du club sera officialisée.3

Écoles, la suite des travaux

Comme Marsactu l’a déjà souligné, les 3 millions d’euros supplémentaires engagés par l’État pour la rénovation des écoles après la polémique sur leur dégradation ne sortaient pas de nulle part. Une délibération confirme qu’ils ont été piochés dans les 4,5 millions d’euros versés en 2016 dans le cadre de la politique de la ville. Trois millions seront ainsi affectés à la “réhabilitation des bâtiments scolaires”, le reste étant consacré aux équipements sportifs.

Par ailleurs, le remplacement des 32 écoles dites “Pailleron” semble plus compliqué que prévu. Alors que 500 000 euros avaient été budgétés pour réaliser une série d’études avant travaux, ce sont 400 000 euros supplémentaires qui sont ajoutés compte tenu du “caractère exceptionnel de l’opération” qui va des aspects juridiques à l’aide à la sélection des candidats pour la réalisation du chantier.

Le nouveau port antique coûtera 1,6 million

L’étude lancée au début de l’été est bouclée, mais il faudra encore un peu de patience avant de découvrir le futur visage du port antique. Premier jalon de la récente “voie historique” qui relie le musée d’histoire au Panier, le site va faire l’objet d’un réaménagement chiffré à 1,58 million d’euros. Pour l’heure, il s’agit d’approuver le lancement de l’appel d’offres pour la réalisation des travaux, à l’occasion duquel le programme devrait être présenté. Seule certitude : il permettra de faire coulisser sur ses rails la porte monumentale installée à grand frais mais fermée depuis 2010 pour des raisons d’accès aux personnes handicapées.

Commentaires

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  1. Bofort Bofort

    Je suis curieux.
    La somme versée par Orange l’est bien à la mairie par au club ? C’est une somme ponctuelle ou périodique. Pour combien de temps ?
    Cela va t-il influer (à la baisse hein ?) sur nos impôts locaux ou cela va juste continuer à financer la mafia locale ?

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    • Jean-Marie Leforestier Jean-Marie Leforestier

      Non, le montant étant inférieur à 3 millions d’euros, tout revient au partenaire privé. Il aurait fallu que ça les dépasse pour que la Ville touche une part de la somme versé par Orange…

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