Les dossiers chauds du conseil municipal du 17 juin 2019

Décryptage
Rédaction de Marsactu
17 Juin 2019 2

Avant la trêve estivale, le conseil municipal débat et adopte près de 350 délibérations. Au programme, quelques dossiers chauds et encore et toujours l'habitat indigne.

« Foisonnant, touffu… Un vrai jeu des sept familles avec du financier, des infrastructures, de l’école, de la santé, du sport, des parcs et des rapports post-crise rue d’Aubagne« . Le directeur général des services Jean-Claude Gondard sait choisir ses mots à l’heure de commenter les quelques 350 rapports à l’ordre du jour de ce conseil municipal estival. « Permettez-moi de sortir de la rue d’Aubagne !« , lançait le maire en janvier lors de ses vœux à la presse. Mais si le patron des services met en avant la diversité des sujets, la crise de l’habitat indigne et ses conséquences continuent d’occuper une bonne part des débats.

Les représentants du collectif du 5-novembre et les associations militantes appellent d’ailleurs à manifester devant l’espace Bargemon pour « maintenir la pression » sur la municipalité alors que le conseil s’apprête à adopter la charte du relogement, accouchée dans la douleur quelques jours avant cette séance (lire notre article). Embauche d’ingénieurs pour la direction de prévention et de gestion des risques, nouveau marché pour les travaux d’office, imposant projet partenarial d’aménagement et ses 1000 hectares de périmètre d’intervention… Tout ceci montre que la lutte contre l’habitat indigne continue d’être une priorité qui s’impose à l’agenda de la Ville.

De la même manière, la question de écoles continue d’alimenter les débats entre oppositions et majorité. Les groupes communiste et socialiste vont une nouvelle fois tenter de mettre à l’ordre du jour une délibération sur la rénovation des écoles, après le refus de la Ville de prendre en compte la pétition qu’ils portaient. En attendant, passage en revue des délibérations qui vont nourrir la chronique municipale.

Suivez en direct la séance avec Marsactu

Miss France, 150 000 euros pour l’organisation

Il y avait eu les 400 000 euros, finalement retirés, pour un concert de David Guetta en 2013. Il y avait eu les 165 000 euros en 2014 pour l’émission TV américaine The Bachelorette. On pourrait encore ajouter les 150 000 euros pour le Red Bull Crashed Ice. Au nom de l’attractivité, la Ville de Marseille compte ajouter une nouvelle subvention à cette liste : 150 000 euros pour l’organisation du prochain concours Miss France.

Originalité du montage, la somme ne sera pas versée directement au comité Miss France mais à l’Office du tourisme. Celui-ci « a décidé de porter l’événement, permettant ainsi un accueil sur-mesure pour l’occasion ». Il espère ainsi contribuer à construire « un support international puissant pour l’image de Marseille ». Particulièrement attendue par les responsables municipaux, « une promenade des Miss aux détours des plus beaux lieux de Marseille » aura lieu.

La CMA CGM pourra faire de la pub sans être taxée

Que représentent 16 014 euros pour la CMA CGM, quatrième armateur mondial aux 21 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018 ? C’est le montant de l’exonération que veut lui offrir la Ville de Marseille. La compagnie aurait dû régler cette somme pour installer pendant six mois une bâche publicitaire sur le chantier de la tour de bureaux qu’elle construit sur le port.

Cette ristourne est officiellement attribuée pour récompenser « l’action sociale conduite par la CMA CGM » via sa fondation d’entreprise. Les dons d’une société à une fondation d’intérêt général ouvrent déjà le droit à des déductions d’impôt. « Il est tout de même très étonnant qu’on exonère de taxes des structures qui n’ont absolument pas besoin de ça, réagit l’opposant socialiste Benoît Payan. En revanche, vous trouverez rarement trace d’une exonération du même type pour une association ou une ONG qui œuvre pour l’intérêt général. »

JO 2024 : on pourra donner son avis sur les aménagements à la rentrée

30 millions d’euros, c’est le budget prévisionnel alloué pour réaliser les aménagements nécessaires à l’accueil des épreuves de voile des Jeux olympiques 2024 à Marseille. Un investissement et des modifications sur lesquels vous pourrez donner votre avis à la rentrée. Du 5 au 25 septembre, une concertation sera organisée avec notamment « deux réunions publiques de présentation ». Le conseil municipal doit en voter le principe.

Un nouveau parc à Vauban

Ce n’est pas tous les jours que la Ville annonce l’ouverture prochaine d’un parc ou même d’un jardin. Après la préfiguration de celui de la porte d’Aix, la Ville s’apprête à ouvrir au public l’ancien jardin du couvent des sœurs franciscaines, en haut de la rue Breteuil. Une ouverture portée par le maire de secteur et président du groupe majoritaire, Yves Moraine : « Je souhaite que ce jardin puisse ouvrir au public dès septembre. Je suis en discussion avec l’association Montevideo qui organise le festival Actoral pour qu’elle puisse investir ce lieu de manière éphémère. Je souhaite également qu’à terme ce lieu puisse accueillir un équipement culturel de secteur dont nos arrondissements sont aujourd’hui dépourvus. » Le maire de secteur réaffirme également sa volonté de céder une partie du parc à l’école privée voisine pour éviter que l’établissement scolaire ne quitte le quartier faute de place.

Vers une extension de Borely

Voilà une délibération qui sent déjà les élections. Proposition des listes socialistes durant la campagne de 2014, l’extension du parc Borely vers la mer est désormais une promesse de la majorité actuelle. Ainsi le conseil municipal est appelé à approuver les « grands principes » d’un « grand Borely » qui associerait dans un même espace l’actuel parc de 18 hectares, l’hippodrome qui doit revenir à la Ville après 2022 et le « parc balnéaire » de 22 hectares. Le tout composerait un ensemble remarquable que la ville compare au « parc de la tête d’Or à Lyon, Central Park à New-York, Hyde Park à Londres… »

En parallèle, la municipalité a lancé une étude pour la gestion du parc pour les dix prochaines années, dont le cahier des clauses techniques prévoit bien deux périmètres englobant l’hippodrome et ses dépendances, sans s’étendre jusqu’à la plage et « la mer de sable » citée par la délibération mise en discussion. Lors du repas de presse préparatoire au conseil, Yves Moraine allait jusqu’à évoquer un parc du stade Vélodrome jusqu’à la mer « en comptant les allées arborées du Prado ». Il pousse également l’utopie jusqu’à imaginer la mise en souterrain de la voie littorale pour laquelle il annonce que Martine Vassal est prête à financer une étude.

Tickets resto au lieu du resto U pour les évacués hébergés à l’hôtel

Le 5 juillet, le restaurant universitaire de la Canebière fermera ses portes pour l’été, et avec lui le service de repas aux délogés. Jusqu’à présent, le sort de ce dispositif mis en place par la Ville de Marseille, à l’origine gratuit puis payant, était resté incertain. « Je considère qu’au nom des Marseillais, nous avons eu la générosité la plus large, que jusqu’à l’été nous pourrons poursuivre cela mais qu’il y a un moment quand même où nous devrons arrêter », avait lancé Jean-Claude Gaudin lors du conseil municipal du 1er avril.

Finalement un nouveau dispositif va prendre le relais jusqu’à la fin de l’année. La délibération prévoit « la distribution, par quinzaine, de chèques-services à raison de 7 euros par jour et par personne aux ménages hébergés à l’hôtel ». Cette « allocation de subsistance » sera délivrée à l’espace d’accueil des personnes évacuées de la rue Beauvau, géré par l’association France Horizons, sous conditions de ressources. Un effectif maximum de 500 personnes est budgété pour une dépense de 600 000 euros, dont 150 000 pris en charge par la Ville, le reste étant réparti entre l’État, la métropole et le département.

Habitat indigne : du renfort et une enveloppe pour les travaux d’office

La Ville va recruter quinze ingénieurs pour tenter de faire baisser la pression au sein du service chargé des immeubles en péril au bord de l’implosion (lire notre enquête). Côté relogements, l’enveloppe confiée à l’association Soliha par la Ville et l’État continue à gonfler : 4,4 millions d’euros, contre 2,9 millions auparavant. De 300 relogements temporaires et 100 relogements définitifs, l’objectif passe respectivement à 500 et 200.

En parallèle, la Ville rouvre une enveloppe de 2 millions d’euros pour la réalisation de travaux d’office dans les immeubles en péril dont les propriétaires sont récalcitrants. La dernière mission, supervisée par la société Territoires & habitat, s’était soldée par un bilan famélique (lire notre enquête). Dans une énième réorganisation de son organigramme, la mairie crée ce lundi un service Travaux, dont les agents seront spécifiquement affectés à cette tâche.

13 Habitat se positionne pour racheter 16 immeubles municipaux

Le projet avait été annoncé dès le mois de décembre par la présidente du conseil départemental Martine Vassal (LR) : son bailleur social 13 habitat va racheter 16 immeubles de la Ville de Marseille. La liste est communiquée lors de cette séance du conseil municipal pour accord de principe.

À la parcourir, le terme d’immeubles est parfois flatteur. On y trouve ainsi le 15 rue de la Fare, qui n’est plus qu’un terrain nu après une démolition d’urgence. Toujours à Belsunce, les 78, 80 et 82 rue Bernard du Bois ont été récemment promis au même sort. Quant au 25 boulevard National, il est muré depuis des années et le Secours catholique a récemment renoncé à son projet d’achat pour y installer des bureaux et logements, jugeant l’immeuble trop dégradé et les travaux trop importants. Le prix de rachat par 13 Habitat de ce patrimoine vétuste est encore à déterminer…

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