Les agents des écoles, acteurs-clés de la sécurité sanitaire de la grande rentrée du 2 juin

Décryptage
le 29 Mai 2020
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Cantinières, ATSEM ou agents de nettoyage jouent un rôle crucial dans le lourd protocole sanitaire d'ouverture des écoles. Les nombreuses absences, justifiées, avaient compliqué la rentrée du 12 mai. Pour la deuxième vague ce 2 juin, ils devraient être bien plus nombreux à leur poste.

École des Convalescents à Belsunce (1er). Photo d'illustration : Pierre Isnard-Dupuy

École des Convalescents à Belsunce (1er). Photo d'illustration : Pierre Isnard-Dupuy

Le faible nombre d’agents de la Ville de Marseille a été le point noir de la rentrée du 12 mai. Plusieurs écoles marseillaises ont dû repousser leur ouverture ou se regrouper, à cause d’un manque de personnel municipal. Alors que les élèves de moyenne section, CE1, CE2 et CM1 retrouvent à leur tour les salles de classe et les cours de récré, cette question est revenue avec force. Quelques jours avant cette deuxième vague de la rentrée, les enseignants et la municipalité se veulent rassurants.

Il faut dire que ces agents, très majoritairement des femmes, jouent un rôle crucial dans l’application du lourd protocole sanitaire que doivent suivre les écoles. Il leur revient de désinfecter les locaux, d’organiser différemment la cantine pour respecter les distances entre les élèves ou encore de superviser les très nombreux lavages de main. Ainsi le travail est rendu plus pénible qu’à l’habitude. « Pour les enfants accueillis ces temps-ci, les ATSEM ne font que désinfecter, elles ont le chiffon dans la main 9 heures par jour », déplore Samia Benchanane, déléguée syndicale CGT et membre du Collectif ATSEM 13.

La gestion complexe des autorisations spéciales d’absence

Aujourd’hui, seuls 1642 agents sur 3200 sont présents dans les écoles, selon la mairie. Une partie a dû quitter leur école à la hâte pour pallier les défections dans un autre établissement. Les autres sont en autorisation spéciale d’absence pour garde d’enfants ou considérés comme personne à risque. Comme l’explique la revue spécialisée La Gazette des communes, « ce dispositif permet aux agents publics que la crise sanitaire empêche d’exercer leur emploi, de rester chez eux sans travailler et tout en percevant l’intégralité de leur traitement ».

Selon Samia Benchanane, cette forte proportion d’agents absents s’explique car « c’est un corps de métier vieillissant », avec un personnel plus susceptible d’être vulnérable. Les nombreuses absences s’expliquent aussi par la surreprésentation de femmes, qui assure en général plus fréquemment la garde d’enfants que les hommes.

« Pour les personnes vulnérables, il y a une procédure à effectuer auprès de leur médecin généraliste. Les agents doivent ensuite donner tous leurs certificats à la médecine du travail et c’est la médecine du travail qui prend la décision pour savoir s’ils sont aptes à reprendre ou pas », détaille Arabelle Lauzat, du syndicat Force ouvrière écoles qui pointe le climat d’incertitude professionnelle dans lequel sont plongés ses collègues.

Et pour celles qui gardent leurs enfants, la mairie propose une mesure inédite. Les personnes concernées peuvent désormais amener leurs enfants sur leur lieu de travail s’ils ne peuvent pas le mettre à l’école, quelque soit l’âge. « On essaye de les persuader », résume Danièle Casanova, adjointe aux écoles à la Ville de Marseille.

« On a prévu large donc on en aura assez »

Avec ces mesures, la Ville de Marseille jure compter sur un nombre suffisant d’agents mais ne peut en fournir le nombre. « On a prévu large donc on en aura assez », assure Danièle Casanova. Une information confirmée par le syndicat d’enseignants SNUIPP-FSU, confiant pour cette seconde vague de retour à l’école. « Sur Marseille ça s’annonce un peu mieux que ce qu’on pouvait craindre, avec un fort retour du personnel municipal sur les écoles, et la fin des regroupements. On devrait être très très haut, ils estimaient à 3000 le personnel », révèle Virginie Akliouat, la secrétaire départementale. À noter toutefois que la Ville a jeté l’éponge pour l’accueil des petites sections de maternelle, faute de personnel.

Et elle ne peut pas encore dire quel sera l’effectif exact, dévolu aux autres niveaux. Les 3200 agents avaient jusqu’au jeudi 28 mai pour signifier leur choix. Une fois le nombre arrêté, la mairie devra ensuite répartir les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), agents de ménage et cantinières dans les écoles. « Chaque fois, c’est très difficile pour les services d’avoir des renseignements tardifs, c’est pour ça que nous n’avons pas pu rouvrir le 25 mai, nous n’avions pas eu les réponses suffisamment tôt », regrette l’élue aux écoles. De leur côté, les syndicats espèrent que le rôle important joué par les agents municipaux durant la crise permettra de reconsidérer leur statut. Une revendication qui attendra le nouveau ou la nouvelle maire à son arrivée.

Seulement un élève sur six attendu le 2 juin
La difficulté de l’organisation de la rentrée au 2 juin tient aussi au nombre d’acteurs à coordonner. Les parents doivent faire remonter aux directeurs s’ils souhaitent inscrire leurs enfants. Puis les directeurs font remonter l’information à l’inspection académique, qui recense le nombre total d’enfants et l’envoie aux communes. Elle estime qu’environ 13 000 élèves sur 80 000 petits Marseillais seront à l’école le 2 juin, dont environ 4000 en maternelle et 8900 en élémentaire. Des chiffres qui ont été communiqué à la Ville de Marseille dès le 27 mai, et qui sont affinés de jour en jour.

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Commentaires

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  1. Brallaisse Brallaisse

    Que dit l’Ingeniore Rué, directeur général des services ?

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  2. Tarama Tarama

    J’aime bien l’absence totale de remise en cause du protocole sanitaire, qui n’est pas justifié, que ce soit par la presse (encore ici), les enseignants ou les agents. On dirait que tout le monde est sidéré (ou alors satisfait de la situation avec des écoles qui tournent à 10% de leurs effectifs).

    Je ne suis pas pour que l’on impose aux gens de mauvaises conditions de travail, mais là il y a quand même des abus et une désertion en rase campagne, probablement accentuée par le système FO à Marseille…

    Force est de constater que l’éducation n’est pas un secteur « essentiel » de la nation, d’après ses propres acteurs mêmes. C’est triste.

    (Le protocole sanitaire est tellement peu justifié que même le premier ministre a évoqué son « assouplissement », mais tous les « responsables » sont tétanisés et personne ne bouge, chaque maillon de la chaîne transmettant les ordres reçus des supérieurs, sans jamais les remettre en question).

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    • juH juH

      Il n’appartient pas aux agents de remettre en cause le protocole sanitaire. Peut-être que Tarama a des certitudes mais le conseil scientifique a déconseillé la réouverture des écoles. Je ne suis pas expert donc je ne me prononcerai pas. Il est expliqué que le personnel qui ne peut pas retourner au travail est empêché pour raisons médicales ou garde d’enfant. Les directeurs qui ont fait savoir qu’ils ne pourraient pas respecter le protocole sanitaire et donc engageraient leur responsabilité en remettant en cause les ordres reçus ont été sommés de rouvrir. Tarama, vous devriez aller faire un tour dans les écoles pour vous rendre compte que l’école dans ces conditions n’est plus l’école. D’autres pistes auraient dû être envisagées. Mais que voulez-vous, il fallait que les parents retournent au travail. Les conditions actuelles dans les écoles sont correctes car une petite partie des parents on envoyé leurs enfants à l’école. A partir du 2 juin, ce sera on accueille tout le monde et on ne respecte pas le protocole ou on limite le nombre d’enfants accueillis et on essaie de l’appliquer. Je constate que les experts assis derrière leur souris ont toujours réponse à tout et accable toujours ceux qui subissent des décisions des technocrates. Les agents ne sont pas responsables, c’est le gouvernement et les collectivités locales qui sont à blâmer.

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  3. Brallaisse Brallaisse

    Poil dans la main, payé à rien foutre.
    Jacques Higelin

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    • juH juH

      En tout cas vous, vous n’avez pas de poil dans la main lorsqu’il de déverser vos lieux communs. Allez faire le boulot d’une ATSEM, vous ne tiendriez pas une semaine. Pauvre type.

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    • juH juH

      Posez plutôt la question des 5 Meuros qui ont été engagés par la mairie pour la désinfection des classes et dont les écoles à qui j’ai demandé n’ont toujours pas vu le moindre « nettoyeur ».

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  4. Brallaisse Brallaisse

    Et oui quand l’on appuie là où cela fait mal, cela pique. Quand vous parlez de technocrates, vous en avez un beau avec Rué, qui est le vrai patron de ce foutoir et cela fait 15 ans que cela dure. La situation actuelle est tout simplement un retour de bâton de la gestion du personnel de cette municipalité co- gérée avec FO . La brigade de Gendarmerie n’est pas venue pour rien pour y fourrer son nez sans parler de la cour des comptes régionale.
    Mais que voulez vous beaucoup à Marseille se vautrent dans ce système.
    Et puis le pauvre type, ne l’est pas tant que cela, car à la vue de mes impôts locaux qui financent certains fatigués de naissance employés à la ville, vous auriez dû employer un autre qualificatif j’allais dire plus judicieux, mais j’emploirais plus intelligent. Mais je ne sais si vous allez pouvoir sentir la nuance.

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