L’élu LR Daniel Sperling visé par une enquête sur un emploi fictif

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le 22 Oct 2015
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L'adjoint au maire de Marseille et conseiller régional Daniel Sperling est visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier pour prise illégale d'intérêts. Les enquêteurs cherchent à connaître la réalité du poste de chargé de mission de l'élu au sein de l'assistance publique des hôpitaux de Marseille.

© Julien Vinzent

Les perquisitions ont duré jusque tard dans la nuit au conseil régional. L’institution était la dernière à être visitée dans la série de perquisitions diligentées par le parquet national financier ce mardi dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour prise illégale d’intérêts selon La Provence (1). L’infraction est passible de cinq ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende. L’enquête concerne un emploi fictif présumé du conseiller régional et adjoint au maire de Marseille apparenté Les Républicains, Daniel Sperling, comme l’a rapporté Le Point.

Le parquet national financier a ouvert cette enquête à la suite d’un signalement de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS). Chargé de mission auprès du directeur adjoint de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM), Sperling s’occupe en théorie des relations avec la région notamment en ce qui concerne les organismes de formation dépendants de l’AP-HM. Fonctionnaire territorial, il est d’ailleurs détaché de la région, sa collectivité de rattachement, pour occuper ce poste à l’hôpital depuis 2007.

Perquisitions en série

C’est donc pour vérifier l’effectivité de cet emploi que les enquêteurs de l’Office
central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) – épaulés par des policiers marseillais – ont effectué ces perquisitions, mardi. Ils ont successivement visité les bureaux de Daniel Sperling au pavillon Daviel à la mairie puis les locaux de l’institut de formation des aides-soignants Houphouët-Boigny où se situe son bureau professionnel.

Ils ont ensuite débarqué tardivement à la région notamment pour interroger le service de la formation professionnelle, une des compétences principales de la région. À ce titre, elle verse un peu plus de 12 millions d’euros à l’AP-HM qui forme des infirmiers, des auxiliaires de puériculture, etc. Dans les services régionaux, les policiers ont donc plus particulièrement recherché divers compte-rendus de réunions.

Ceux-ci espèrent a minima y trouver la preuve que l’élu LR a mélangé les casquettes de ses fonctions politiques et professionnelles. Mais les comptes-rendus de réunion entre l’AP-HM et la région, un de ses importants financeurs, doivent permettre de déterminer le degré d’implication réel de Sperling dans les activités de l’hôpital. Selon nos informations, ils auraient trouvé trace de présences de l’élu dans certaines réunions. Toutefois, de source bien informée à l’AP-HM, on glisse qu’il était absent lors de commissions censées définir l’offre de formation de l’établissement.

En 2014, l’IGAS a rendu un rapport sévère sur la gestion des hôpitaux marseillais. Dans la foulée de la chambre régionale des comptes, elle regrette notamment l’intervention excessive de la mairie dans les recrutements de l’AP-HM. “Un suivi de l’AP-HM est assuré par des collaborateurs du maire”, notait ainsi l’institut, soulignant par ailleurs que les réunions du conseil de surveillance présidé par le maire avait lieu à l’hôtel de ville.

Dans La Provence hier matin, Daniel Sperling s’est dit “serein” et n’a pas manqué de “lier cette affaire à la proximité des élections”. Le conseiller régional sortant est candidat à sa réélection à la 7e place sur la liste de Christian Estrosi et Renaud Muselier dans les Bouches-du-Rhône.

1) Contacté le parquet n’a pour l’heure pas donné suite à nos demandes.

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Commentaires

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  1. JL41 JL41

    A une époque où les emplois fictifs payaient une cohorte de personnel politique, éventuellement des membres de leur famille, Defferre aurait dit : « l’hôpital public c’est pour les emplois, l’hôpital privé c’est pour se faire soigner ». S’agit-il d’une légende ou Defferre l’a-t-il vraiment dit ?

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  2. Trésorier Trésorier

    Coupable ou innocent, cela ne fait que renforcer la méfiance des citoyens sur les élus, confrontés à des impôts et endettement qui explosent alors que les services publics ne cessent de se dégrader.

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  3. leravidemilo leravidemilo

    Coupable ou innocent,la justice le dira (en son temps). Mais ce monsieur s’épanouissant , en mairie, au conseil régional, et en milieu hospitalier, sur pas moins de trois postes, dont deux relèvent d’un plein temps, est, sans attendre aucun verdict, un bon cumulard tendance glandeur (eut égard aux salaires perçus). Circonstance aggravante, une 7eme place sur la liste semble annoncer, en cas de victoire, un poste de vice président et donc un 3ème poste/mandat à plein temps. Il serait bon que les électeurs y réfléchissent et, dans leur temps, lui évitent d’aggraver son cas!

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  4. JL41 JL41

    « Ce qui est nouveau désormais c’est qu’à côté du savoir et du pouvoir, apparaît le vouloir, c’est-à-dire «le citoyen» ». Pour Daniel Sperling, dans cette citation prise sur la page d’accueil de son site, le citoyen concerne l’homme politique et ses mandats électoraux : http://www.danielsperling.com/

    Y a-t-il eu népotisme ? Je n’ai pas trouvé dans les articles disponibles d’histoires d’embauche de membres de sa famille dans les institutions publiques et leurs filiales associatives. Pour le clientélisme, c’est sans doute autre chose, mais ça relève d’une activité institutionnelle partagée par la plupart des hommes politiques « qui font du bien » autour d’eux.
    Qu’ils fassent le bien à l’égard de leur propre famille est courant aussi et là on retombe dans le népotisme, dont on découvre aussi qu’il est institutionnel, une légalité de face cachée. Mediapart révélait qu’en 2014, au moins 20 % des députés avaient rémunéré un membre de leur famille proche : http://www.mediapart.fr/journal/france/270714/lassemblee-remunere-52-epouses-28-fils-et-32-filles-de-deputes-en-2014?onglet=commentaires&sort=mine
    Daniel Sperling n’est pas député, donc pas de recherche possible sur ses revenus dans le site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique (HATVP) : http://www.hatvp.fr/

    C’est plutôt dans la confusion des genres qu’il faut chercher, entre le drapeau de l’élu et ses casquettes de haut fonctionnaire polyvalent. Une partie visible plutôt surexposée en raison de la personnalité de l’individu et d’une chevauchée rapide vers les sommets de la vie publique locale. L’article de Mediapart cité par Clémentine Vaysse va assez loin dans le décorticage du sujet. Beaucoup d’anciens fonctionnaires de la Région parlent. Daniel Sperling est/était la passerelle, le pont transbordeur, entre la ville de Marseille et la région de Vauzelle, là où se réglaient les modi vivendi et les affectations de crédits aux opérations à financement conjoint ou tolérance conjointe de l’une et de l’autre de ces institutions. C’est un pan de la face cachée du pouvoir à Marseille, où se mêlent les intérêts de l’Etat et la personnalité des grands élus et de leurs projets personnels. Certains se sont demandé comment on avait pu planter l’équerre de Vauzelle au J4 ? Sans doute personne n’a voulu contrarier cette enflure orientée vers la Méditerranée chérie de la politique vauzélienne. La symbolique du porte-à-faux est d’ailleurs géniale.

    Dans un article de Benoît Gilles dans Marsactu en 2012, on apprenait que Daniel Sperling faisait l’objet d’un examen d’Anticor dans le cadre des affaires de corruption au Conseil général : http://marsactu.fr/lassociation-anticor-se-porte-partie-civile-dans-laffaire-guerini/

    Dans cet article récent de Jean-Marie Leforestier, Marsactu évoque l’enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier pour prise illégale d’intérêts. C’est la structuration objective des statuts à rémunération qui est prise en compte, pas l’arrière-plan.

    Les revenus de Daniel Sperling, ou le coût de cette équerre, sont dans l’ordre courant des choses à ces niveaux. Pendant ce temps là, un projet cher à Vauzelle et combien utile, aboutit face à la tour de la CMA CGM : l’Université Régionale des Métiers.
    « Destinée à promouvoir à grande échelle, l’apprentissage et la formation continue, cette université des métiers et les logements qui l’accompagnent va nécessiter 87 M€ d’investissements. », lit-on dans le Moniteur : http://www.lemoniteur.fr/article/a-marseille-le-conseil-regional-met-sur-les-rails-son-projet-d-universite-regionale-des-metiers-30404500
    « Cette ensemble de 18 500 m² de plancher, une future vitrine de l’apprentissage et de la formation continue réunis dans un même espace, va permettre d’accueillir 1 200 jeunes et adultes à l’année dans sept filières économiques, du bâtiment à l’écoconstruction en passant par la santé, les services administratifs, le tertiaire, l’électricité, l’électronique et l’électrotechnique et jusqu’aux métiers d’art. Un « Institut régional des formations à l’environnement et au développement durable » sera également intégré à l’ensemble qui va nécessiter 72 millions d’euros d’investissements. 62 millions seront financés par le conseil régional PACA et 10 millions d’euros apportés par l’Etat et la Caisse des Dépôts au titre du Programme d’investissement d’avenir (PIA). »
    C’est une révolution à Marseille dans la prise en compte des problèmes d’une partie de la jeunesse par des formations qui leur sont accessibles et qui leurs donneront un accès certain à l’emploi. Un bon point pour Vauzelle dans cette opération qui aurait mis 15 ans à sortir selon La Marseillaise (site non accessible depuis hier) mais qui ne devrait s’achever qu’en 2019 selon le Moniteur.

    Pourquoi l’affaire Daniel Sperling arrive maintenant dans l’actualité judiciaire, c’est peut-être la première question à laquelle il faut répondre ? Y a-t-il un lien entre la fin de règne de Vauzelle et le risque d’une prise de la région par le FN ? On apprend dans les commentaires de l’article de Mediapart (Spahi) qu’un nouveau parti, Société Civile (allez chercher sur internet, des sociétés civiles il y en a pas mal, où d’ailleurs le patronyme de notre élu apparaît de temps en temps) associerait LR et PS en vue de gagner face au FN ? Ou est-on à un étage supérieur a celui d’où Sylvie Andrieux est tombée ?

    On atteint ici une limite dans l’information, un peu repoussée dans Mediapart et Marsactu, mais où commence la censure dans La Provence lorsqu’on évoque ces sujets dans un commentaire. Voilà, Leravidemilo pour faire écho à ton commentaire et en prolonger les lignes de fuite.

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