Législatives : les cinq enjeux du premier tour dans les Bouches-du-Rhône

Décryptage
le 11 Juin 2022
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Ce dimanche, c'est jour de vote. Retour sur plusieurs semaines d'une campagne à forts enjeux pour la recomposition du paysage politique local.

Un bureau de vote à Marseille lors des élections de 2021. (Photo Emilio Guzman)

Un bureau de vote à Marseille lors des élections de 2021. (Photo Emilio Guzman)

Les dés sont jetés. Les près de 200 candidats aux législatives ont achevé leur campagne de premier tour. Dimanche à 20 heures, ou un peu plus tard, ils sauront si leur chemin vers le Palais Bourbon se poursuit. Avec une participation annoncée faible, les seconds tours du 19 juin n’opposeront vraisemblablement que deux candidats dans chacune des 16 circonscriptions du département. Avant de se retrouver ce dimanche soir à 19 h 45 pour un suivi en direct des résultats, Marsactu dresse les enjeux de ce premier tour.

La délicate mission des sortants de la majorité

Qu’il semble loin le boulevard sur lequel évoluaient les candidats macronistes en 2017. Usés par cinq ans de pouvoir, confrontés cette fois à la gauche unie, les sortants ne sont pas tous bien lotis. Si Jean-Marc Zulesi ou Anne-Laurence Petel peuvent partir confiants, d’autres comme les Marseillais Saïd Ahamada et Cathy Racon-Bouzon pourraient avoir la partie plus difficile dans des circonscriptions où la gauche est forte. Au point de chuter au premier tour ? La division de l’extrême-droite entre Reconquête et le Rassemblement national (RN) pourrait leur éviter pareille déconvenue.

Reste le cas particulier de Claire Pitollat, candidate dans une circonscription sur le papier très favorable. Le 19 mai, Marsactu a révélé les récits de ses nombreux assistants parlementaires successifs décrivant un management brutal. Nous dévoilions aussi que l’élue a été épinglée pour la gestion de ses frais de mandat par la déontologue de l’Assemblée nationale. Depuis, si son parti lui a maintenu sa confiance, Claire Pitollat doit subir les attaques, notamment de son opposant de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), Alexandre Rupnik. L’écologiste a dénoncé à plusieurs reprises “le sentiment d’être au-dessus des lois au service d’une carrière politique”. Au point de convaincre les électeurs de bouder la sortante ?

La Nupes pour concrétiser les bons scores de Mélenchon

Dans quatre circonscriptions, la Nupes apparaît en bonne position pour décrocher le siège en jeu. Elle n’en possède aujourd’hui qu’un, détenu par Jean-Luc Mélenchon dans le centre-ville de Marseille (4e circonscription). Manuel Bompard qui lui succède peut même espérer l’emporter dès le 1er tour ce dimanche. Dans d’autres parties de la ville, Sébastien Delogu, Hendrik Davi et Mohamed Bensaada – des Insoumis eux aussi – peuvent croire en leurs chances. Ils ont reçu ce vendredi 10 juin un dernier coup de pouce de Jean-Luc Mélenchon qui a prononcé son ultime discours du premier tour face à son local de la rue Louis-Astouin dans le 2e arrondissement.

Le Rassemblement national espère une première

Jamais le Front national (FN) n’a réussi à envoyer un candidat du département à l’Assemblée nationale, hors scrutin à la proportionnelle. Cette fois, le Rassemblement national, sous son nouveau nom, espère transformer les excellents scores locaux de Marine Le Pen à la présidentielle. “Remporter une circonscription serait déjà un signe de victoire”, avouait Franck Allisio, secrétaire départemental, lors de la présentation des 16 candidats investis.

Une circonscription qui pourrait être la sienne. Précédemment candidat à Marseille, Franck Allisio se présente dans la 12e, qui s’étend de la côte Bleue à Vitrolles. La direction nationale du parti mise beaucoup sur lui : Marine Le Pen a fait le déplacement sur le marché de Marignane pour le soutenir.

Malgré les candidatures Reconquête, le parti peut espérer envoyer plusieurs candidats au second tour, comme Éléonore Bez à Marseille (6e circonscription), Hervé Fabre-Aubrespy à Aix-ouest (11e circonscription) ou encore Emmanuel Tache de la Pagerie à Arles (16e circonscription).

LR joue sa survie

Même Jean-Claude Gaudin a quitté le navire. En se présentant jeudi aux côtés de Sabrina Agresti-Roubache, l’ancien maire de Marseille a montré à quel point le parti Les Républicains (LR) ne tient plus qu’à un fil, encore plus à Marseille. Ce soutien à une candidate très proche d’Emmanuel et Brigitte Macron, dans une circonscription détenue par LR, intervient après les départs du président de région Renaud Muselier, mais aussi de son homologue du département et de la métropole Martine Vassal.

Pour le parti, largement majoritaire en sièges dans le département il y a encore cinq ans, les législatives font figure de stage de survie. Seul Éric Diard semble assuré de figurer au deuxième tour dans une 12e circonscription où la Macronie lui a fait la fleur de ne pas présenter de candidat. Ailleurs, le sortant Bernard Reynès (15e circonscription) ou le successeur désigné par Guy Teissier, Didier Réault (6e ciconscription), croient en leur chance de bien figurer, mais ne sont sûrs de rien. Une bonne part des autres aimeraient déjà dépasser les 5 % pour être remboursés de leurs frais de campagne.

Partie chez Zemmour, la maison Ravier face au test électoral

En choisissant de rejoindre Éric Zemmour et son parti Reconquête, Stéphane Ravier a fait un pari risqué : celui d’une union des droites extrêmes qui, pour l’heure, ne se concrétise d’aucune façon dans les urnes. Ce pari idéologique se double d’une équation personnelle pour celui qui a porté les couleurs du FN puis du RN à chaque élection municipale depuis 2008. En effet, l’annonce de son ralliement s’est doublée de celle de la création d’un mouvement intitulé Marseille d’abord, taillé à la mesure de ses ambitions locales. Le sénateur n’a pas souhaité se porter candidat comme il l’avait fait à plusieurs reprises dans la 3e circonscription, qui recoupe en grande partie son ancien fief des 13e et 14e arrondissements. C’est Sandrine D’Angio, à qui il avait laissé la mairie de secteur, qui porte les couleurs de “l’union nationale” à sa place. Elle affronte Gisèle Lelouis qui siégeait à ses côtés au conseil municipal.

Cette double candidature à l’extrême-droite réduit la possibilité d’une présence au second tour pour ses deux représentantes. Mais la hauteur du score de Sandrine d’Angio pourra être lue comme un avertissement ou un encouragement pour son mentor et oncle. Il a fait campagne à ses côtés, mis son visage sur les tracts à même hauteur qu’elle. Si son score dévisse, ce sera le signe que le nom de Stéphane Ravier, associé à une nouvelle étiquette politique, ne suffit pas à faire gagner.

Jean-Marie Leforestier, Marie Lagache et Benoît Gilles

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Commentaires

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  1. vékiya vékiya

    aux électeurs de mettre de l’ordre dans ce panier de crabes en dégageant ceux que l’on voit à l’œuvre depuis 30 ans

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