L’écrin vert de Miramar, un jardin privé devenu laboratoire du lien social à l’Estaque

Échappée
le 14 Mai 2022
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Depuis un peu plus d’un an, des habitants de l’Estaque et de Saint-Henri investissent régulièrement le terrain de l’ancienne villa Miramar. Potager, ateliers autour de la nature pour les enfants, chorale… Le terrain appartient pourtant à un propriétaire privé. La Ville réfléchit à une solution pour pérenniser le lieu.

Au pied des containers, le petit bout de verdure est devenu un lieu de vie communautaire dans le quartier. (Photo : Nina Hubinet)
Au pied des containers, le petit bout de verdure est devenu un lieu de vie communautaire dans le quartier. (Photo : Nina Hubinet)

Au pied des containers, le petit bout de verdure est devenu un lieu de vie communautaire dans le quartier. (Photo : Nina Hubinet)

À quelques mètres d’un bouquet de pins majestueux, une table a été dressée et des nattes colorées posées par terre. Dans la lumière dorée de fin d’après-midi, ce samedi, une dizaine de personnes partagent un goûter et échangent les dernières nouvelles de Miramar. Désigné par ce nom qui rappelle sa vue sur la mer, ce bout de nature des hauteurs de l’Estaque où la villa du même nom a depuis longtemps disparu, semble avoir gagné une identité propre. "Il y a quelque chose de spécial ici, une atmosphère charmante de campagne dans la ville", sourit Agnès Jouanaud, la soixantaine, qui aime faire découvrir aux visiteurs les essences rares de Miramar : arbousier de Chypre, sequoia, nerprun alaterne…

La botaniste fait partie de ceux qui se sont interposés, le 22 avril 2021, pour empêcher l’abattage des pins centenaires. "Les bûcherons envoyés par le propriétaire disaient qu’ils les coupaient « pour éviter les incendies, pour notre sécurité »… Mais j’ai moi-même été bûcheronne et je sais que ce n’est pas une raison suffisante pour couper un arbre !" Une dizaine de personnes, qui connaissent et fréquentent déjà les lieux, accourent ce jour-là sur le terrain pour défendre les arbres de Miramar. Deux pins sont malgré tout coupés, mais une fois l’alerte donnée, les services de la Ville interviennent pour mettre un terme à l’abattage. Suite à cet événement fondateur, le collectif informel Sauvons Miramar est créé et commence à coordonner les différents usages déjà existants de ce terrain privé, racheté il y a dix ans par l'entreprise TCSI, spécialiste des containers.

Le jardin sert depuis toujours de raccourci buissonier aux habitants pour rejoindre la gare.

Cet espace naturel d’un peu plus d’un hectare est connu depuis longtemps par les habitants d’un quartier qui s’est densifié ces dernières années, avec la construction de plusieurs résidences au pied . . .

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Nina Hubinet
Ancienne correspondante de journaux français en Egypte, Nina Hubinet est journaliste indépendante, membre du collectif Presse-Papiers. Elle est co-auteur du documentaire « Fos, les fumées du silence », diffusé sur France 3 en février 2019.

Commentaires

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5 commentaires


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  1. marie josé MATHIEU

    bel article qui confirme que les donations de Jules Cantini et ses volontés posthumes
    n’ont jamais été respectées mais transformées en argent spéculatif . Le dernier vestige de son atelier et de sa maison à l’angle du Prado et du boulevard de Louvain sont devenus un immeuble…. merci monsieur GAUDIN

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  2. MarsKaa

    J’étais dans l’ambiance herbes, pins, chaises de jardin, potager, insectes, pique-nique amicaux, rencontres entre voisins, pedibus mères enfants instit,…
    quand soudain, tel le propriétaire du Château de ma mère et son chien, a surgi cette phrase :
    “Ce terrain est depuis un an l’objet d’occupations sauvages dans le total irrespect de la loi et de la propriété privée”.
    Me voilà réveillée. Douloureusement.

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  3. Mathilde HAEGEL

    Merci pour cet excellent article qui décrit bien tous les bienfaits de ce bout de nature en pleine ville pour les habitants et les amoureux des arbres. Miramar est aussi un lieu historique, peint par Cezanne, en témoigne encore le pigeonnier, créé par un riche marseillais et acheté comme d’autres par Jules Cantini, emigré italien ayant fait fortune et reconnaissant envers sa ville d’accueil, dans le but d’offrir aux marseillais pauvres et malades les moyens d’être accueillis dans un hôpital et lieu de repos.

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  4. julijo

    la donation de cantini pour un usage à vocation sociale ou sanitaire, par la grâce de l’APHM et de gaudin a été particulièrement galvaudée.
    il est heureux que la maire de secteur souligne “C’est vraiment un dossier co-construit avec les habitants, ce qui le rend encore plus pertinent”,
    je trouve ça essentiel.
    peut-on espérer avoir un suivi ?

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  5. Paul

    Je n’avais pas lu ce reportage à l’époque. Très beau, merci !

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