L’école de la Busserine prend ses quartiers dans un chantier

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le 23 Jan 2015
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photo Élodie Crézé

photo Élodie Crézé

L'adieu à l'école de la Busserine devait se faire dans la fête. Celle-ci doit être détruite pour céder sa place au chantier de la future rocade L2 qui borde l'ancien groupe scolaire. Pour faire passer réseaux détournés et engins de chantier au ras de l'école, un bâtiment tout neuf a été construit sur une partie du terrain de foot voisin. Lundi, les minots devaient y migrer en une joyeuse procession. Il n'en sera rien.

A la place de cette kermesse hivernale, lundi matin, les parents d'élèves ont prévu de bloquer l'accès à l'école dans une ambiance nettement moins bon enfant. La raison de leur colère ? Ils estiment – tout comme les professeurs – que les conditions ne sont pas encore réunies pour accueillir leurs bambins. En clair, ils refusent de laisser les enfants emménager dans un lieu jugé encore en chantier, dans la poussière et les cartons non déballés. Cela sous prétexte que la Ville refuse d'octroyer quelques jours de délais.

"D'abord, il n'y a eu aucune communication de la Ville sur le changement d'école aux parents", regrette Sébastien Fournier, enseignant à l'école de la Busserine et représentant syndical SNUipp-FSU. Selon ses dires, l'inspection académique a simplement autorisé les enseignants à demander aux parents de garder leurs enfants chez eux vendredi matin, pour que le déménagement puisse commencer. Mais leur demande de banalisation de la journée de lundi a été rejetée. "Nous n'avons aucune raison de l'accorder. Nous n'allons pas priver les enfants d'une journée d'école et mettre les parents en difficulté, contraints dans ce cas de garder leurs enfants chez eux. La commission hygiène et sécurité de la Ville a décrété que les conditions étaient réunies pour l'ouverture de l'école", explique Michelle Petris, chef de cabinet du directeur d'académie, qui renvoie ainsi la balle du côté de la Ville.

"De la poussière partout"

Pourtant, des problèmes de sécurité ont été identifiés tant par les professeurs que de celle des parents d'élèves qui ont pu visiter le chantier. "Il y a eu des fuites d'eau et du coup il y a des flaques à l'intérieur, une barrière censée empêcher les enfants de sortir de l'établissement mais qui ne les empêche pas de se glisser dessous, une porte de sécurité incendie bloquée qui ne laisse aucun échappatoire", énumère exaspéré Sébastien Fournier. "Tant qu'on a pas réglé les problèmes de sécurité, on ne peut accueillir les enfants ! Et puis on n'a pas eu le temps de mettre des affiches, de rendre ça joli," se désole l'instit'.

Une collègue enchérit : "la cour des maternelles domine celle des primaires, six mètres plus bas. Il y a un marche-pied sur lequel les enfants peuvent grimper et se retrouver à la hauteur de la balustrade. Comme on a signalé le danger, des planches ont été posées devant, histoire de faire patienter," ironise-t-elle. Au-delà des questions de sécurité, elle pointe des problèmes de propreté : "Il y a de la poussière partout, comme dans tous les chantiers. Certes, une entreprise de nettoyage doit passer ce week-end, mais ça risque de ne pas suffire. On veut nous faire entrer à tout prix lundi. C'est trop précipité. Normalement, on déménage pendant des vacances, pas en plein milieu d'une période scolaire !".

Quelques parents d'élèves préparent des banderoles, bien décidés à bloquer l'école lundi matin dès 8 h 30. Car jeudi, si une réunion a eu lieu avec la Ville, l'inspection académique et les directeurs de l'école, la municipalité serait restée campée sur ses positions. Djamila Mostafa, mère de trois écoliers, a visité les lieux. Elle regrette d'abord l'absence de communication municipale : "Le seul message que nous ayons reçu de la mairie tenait en cinq mots. Il indiquait que le déménagement aurait lieu le 26 janvier…" Elle aussi évoque les infiltrations d'eau, les malfaçons, les problèmes d'hygiène et de sécurité. "Mais la tour située derrière l'école doit être démolie très vite, alors la Ville veut nous faire partir," croit savoir cette déléguée des parents d'élèves. La SRL2 conteste cette information. Pour l'entreprise en charge du chantier qui bouleverse le quartier, le déménagement n'a rien à voir avec la démolition de la tour, pas plus qu'il ne serait question de pénalités appliquées à la Ville – rumeur circulant – si elle ne libérait pas l'école à temps. Seul impératif, le déménagement doit être fait avant le 1er mars afin de commencer le travail sur les réseaux.

A cette heure, Marsactu n'a pu joindre Danièle Casanova, adjointe en charge des écoles pour connaître sa version des faits. Lundi matin, une ultime visite de l'école est prévue avec les directeurs de l'établissement, afin de déterminer si les conditions sont réunies pour réaliser le transfert. Enseignants comme parents en doutent fortement. "Ce n'est pas possible de découvrir la situation lundi", tempête Sébastien Fournier. Une école en chantier dans un quartier bouleversé : ton sur ton.

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