Le « Voyage accidentel » de Sharon Tulloch ou le récit poignant de 1524 jours de délogement
Illustratrice et graphiste, Sharon Tulloch vit à Marseille depuis 37 ans. Son livre Un Voyage accidentel revient sur l'évacuation de son logement après sa mise en péril autant qu'il questionne la notion de racines. Elle porte désormais son texte sur scène avec une lecture musicale et une pièce de théâtre en cours de création.
Sharon Tulloch, autrice du livre Un voyage accidentel. (Photo C.By.)
"On a frappé à la porte très lourdement / sur le palier des silhouettes en uniforme en civil / des mots des phrases un ordre partir au plus vite / imagine tu as seulement deux heures / pour évacuer ton logement et plier toute ta vie." Ainsi commence le jour un, ce 6 mars 2019, rue Clovis-Hugues à la Belle de Mai, d'Un voyage accidentel de Sharon Tulloch. Ce joli livre, paru aux éditions Commune, galope jusqu'au jour 1524 et raconte, sous la forme d'un récit mi-poétique mi-réaliste, plus de quatre années de délogement. Du foyer qu'elle doit quitter en toute hâte parce que l'immeuble dans lequel elle vit est placé en péril, jusqu'à la signature d'un nouveau bail.
Sharon Tulloch a une présence solaire, un sourire lumineux et un rire irrésistible. Derrière cette gaité apparente, elle recèle, dit-elle, "un fond de mélancolie". Que l'expérience traumatique du délogement a nourri. D'ailleurs, le mot de délogée ne convient pas à cette Franco-Britannique, aux racines jamaïcaines et sud-américaines, qui fêtera ses 61 ans en décembre prochain. "Ce mot est trop neutre, trop petit. Il ne laisse rien à l'imagination", pose-t-elle de son phrasé singulier, délicieusement teinté d'accent anglais. Elle lui préfère le terme de déracinée : "Dans l'action de déraciner, il y a une violence. Un arrachage. Tu peux déloger une voiture. Mais tu déracines un homme."
Évacuations et lourdes chaînes
C'est donc le journal d'une déracinée qu'elle a d'abord écrit. R . . .
grande force de vie.
toute mon admiration pour ce courage, obligatoire quand on n’a pas le choix.
bon vent, Sharon !
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