Le tribunal comme seule issue pour les salariés sous-traitants, victimes du « système Amazon »
Les salariés de la plateforme de traitement de colis ID Logistics (15e) ont décidé de poursuivre leur employeur aux prud'hommes pour contester leur licenciement pour faute grave. Ils estiment avoir été victimes de fausses propositions de mutation.
Les salariés grévistes lors de leur piquet de grève, le 9 novembre 2024. (Photo : CM)
"C'est une histoire de lutte des classes", démarre l'avocate marseillaise Mathilde Lanté, pour raconter les dernières semaines qu'ont vécues ses clients. Dans cette histoire, similaire à tant d'autres, elle a choisi de défendre les petits. Soit la vingtaine de salariés de l'entreprise de logistique et de livraison ID Logistics, en grève depuis plus d'un mois suite à l'annonce de la fermeture de leur site à la Madrague-Ville (15e).
Mercredi 20 novembre, les agents de tri ont décidé de poursuivre leur employeur aux prud'hommes. "Les propositions de mutation qu'ID nous propose ne sont pas acceptables. Et comme nous les refusons, ils veulent nous licencier pour faute grave, résume Alexandre, l'un des salariés concernés. Nous n'avons d'autre choix que de les poursuivre en justice, c'est une question de dignité, on demande juste nos droits."
"Ils nous demandaient de changer totalement de vie"
Dans ce conflit, l'incompréhension et un fort sentiment d'humiliation résonnent chez les salariés. "On était une super équipe et le site fonctionnait bien", témoigne Alexandre. Entre 10 000 et 21 000 colis, principalement ceux d'Amazon, y transitaient chaque jour. Or, début septembre, le géant américain annonce ne pas renouveler son contrat de trois ans avec la plateforme de la Madrague. Les dirigeants d'ID Logistics décident alors de fermer ce site. "Ils auraient pu chercher un autre client, estime Mohamed, chef de l'équipe du matin. Mais non, ce n'était pas assez rentable pour eux. Ils ont préféré nous envoyer à des centaines de kilomètres de chez nous."
La direction propose dans un premier temps aux 47 salariés de l'entrepôt de se rendre à Bollène (Vaucluse), un autre de ses sites, situé à 135 km de Marseille. "C'était un changement de . . .
Il y a plusieurs sujets dans cet article, notamment : les causes réelles et sérieuses du licenciement (objet de la saisie des prud’hommes), les conditions de travail des salariés, la sous-traitance etc.
Sur le licenciement, le conseil des prud’hommes se prononcera.
Sur la sous-traitance, il faut bien comprendre que le sens de l’histoire contemporaine va dans son sens. Amazon – comme les autres – n’internalisera que le jour où ça sera plus rentable pour eux. Se battre contre cela c’est vider l’océan à la petite cuillère. Le combat est vain.
En revanche, s’agissant des conditions de travail et des difficultés que les salariés semblent avoir rencontrées pour exercer les droits syndicaux les plus élémentaires, le constat dressé par Marsactu est accablant. Donc, qu’a fait la DIRECCTE? A-t-elle été informée? Saisie?
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