Commerces ouverts le dimanche dans le centre de Marseille : la CPME veut retenter le coup

Actualité
Violette Artaud
8 Sep 2017 11

Dans une volte-face, le syndicat patronal des petites et moyennes entreprises, se dit désormais favorable à l'ouverture dominicale des commerces du centre-ville de Marseille. Après une première tentative qui avait viré au fiasco en 2012, ils réclament des politiques publiques pour rendre le lieu plus attractif avant de se lancer.

Septembre est le mois du changement et les patrons ont décidé de suivre la tradition. Ce jeudi Alain Gargani, président de la CPME, la confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône a annoncé lors d'une conférence de presse qu'il était favorable à l'ouverture dominicale des commerces dans le centre-ville de Marseille. Il ne fixe pas de date précise pour se lancer mais valide une idée qu'il refusait pourtant il y a peu. "Avant nous n'étions pas favorables, c'est vrai, car le dimanche les commerçants se retrouvent souvent seuls dans leur magasin ou payent cher leurs collaborateurs. Aujourd'hui nous pensons que cela peut être bénéfique sur la zone touristique du centre-ville", a ainsi expliqué celui qui déclarait en 2014 à Marsactu que "95 % des commerçants marseillais ne souhaitent pas l'ouverture le dimanche".L'Union pour les entreprises du département (UPE 13), l'Union des entreprises de proximité (UPP PACA) et même le syndicat de salariés FO partageraient cette volonté. Volonté qui reposerait, selon la chambre de commerce et d'industrie, sur l'attractivité du centre-ville ou plutôt sur l’éventuelle amélioration de celle-ci. La formule est trait pour trait la même que celle tentée en 2012 en prévision de la capitale européenne de la culture en 2013. 132 commerces avaient tenté le coup avant de renoncer progressivement. L'opération s'était révélée un fiasco. "Un quasi échec", minimise aujourd'hui Nicole Richard-Verspieren, membre de la CPME vice-présidente déléguée au commerce à la chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence (CCIMP), qui pose les conditions pour développer une nouvelle initiative."Ouvrir le dimanche n'a de sens que si l'on prend en compte une offre globale. Pour que cela soit favorable aux commerçants, cela doit l'être aussi à la clientèle, avec des terrasses de cafés ouvertes, des espaces conviviaux ou encore un accès aux transports en commun", développe-t-elle dans un argumentaire déjà utilisé en 2012. Nicole Richard-Verspieren, vice-présidente déléguée au commerce à la Chambre de commerce et d'industrie Marseille Provence (CCIMP). Mais s'il y a un point que cette dernière défend tout particulièrement, c'est bien l'accès facilité au parking, mesure qui devrait selon elle "déclencher un cercle vertueux." Jean-Luc Chauvin, le président de la CCIMP, prendrait le dossier très à cœur, affirme-t-elle.

Un cahier des charges pour la mairie

Ces acteurs économiques locaux misent donc sur l'action des pouvoirs publics. La CCI, la CPME et des associations de commerçants ont ainsi proposé à la mairie de Marseille une sorte de cahier des charges pour rendre le centre-ville de Marseille "plus agréable", améliorer l'image de la ville et en dynamiser l'économie. "Nous laissons notre copie entre les mains des pouvoirs publics pendant 6 mois pour qu'ils la revoient et qu'ils se penchent sur les échéances et les financements de nos propositions, précise Alain Gargani de la CPME. S'ils ne suivent pas, on ne va pas se lancer mais on sent qu'il y a une volonté, c'est en tout cas la première fois que tous ces acteurs se mettent autour d'une table."En avril en effet, la Ville de Marseille faisait la promotion de son "Canebière Living Lab" pour "redynamiser" un centre-ville moribond. Si le projet est encore à l'heure des grandes intentions, il porte bien sur une approche globale de la question. L'objectif final est celui d'une "montée en gamme" du centre-ville comme est venu le souligner la volonté municipale de contenir l'implantation en série des snacks.

Des commerçants peu enthousiastes

Mais il en faudra plus pour convaincre les commerçants. Dans la rue Saint-Ferréol, ceux interrogés par Marsactu se voient difficilement retenter le coup du dimanche travaillé. "Jamais de la vie ! Les salariés ne veulent pas venir le dimanche et moi j'ai passé l'âge de travailler ce jour-là, argumente de premier abord la responsable d'un magasin de téléphonie. Nous avons aussi un magasin aux Terrasses du Port, là je dis pas, c'est avantageux, mais ici le dimanche, ça ne sert à rien. Les gens se baladent, ils n'achètent pas." Un peu plus bas dans la rue, le discours est le même : "J'ai été commerçante dans plusieurs centres-villes de France et à chaque fois qu'il y a des centres commerciaux qui ouvrent, on en pâtit. Le dimanche les gens vont acheter là-bas, pas dans les centres-villes." D'autres commerçants sont moins résignés mais restent tout de même circonspects. Dans une boutique d'une grande marque de prêt-à-porter de la rue Saint-Ferréol on se dit favorable à l'ouverture le dimanche "s'il y a du monde, ce qui n'est pas le cas les quelques dimanches où nous sommes ouverts". Et pour cela il n'y a pas de miracle possible selon la gérante de ce magasin. "Il faut que tout le monde ouvre en même temps. Que le parking soit gratuit le dimanche serait la moindre des choses, ne serait-ce que pour les salariés ! Qu'ils finissent toutes les rénovations et après oui, cela pourra être avantageux d'ouvrir tout le week-end", envisage-t-elle. Il va donc falloir patienter encore un peu car, comme l'a précisé lors du point presse Nicole Richard-Verspieren de la CCIMP, "le centre-ville de Marseille ne va pas devenir attractif en un jour".

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