Le parrain Giuseppe Falsone a été repéré à Marseille grâce à un site Web

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Julien Vinzent_
22 Juil 2010 0

Depuis les années 90, l’Italie s’était habituée aux révélations des « repentis », ces mafieux arrêtés qui négocient des remises de peine ou règlent des comptes en fournissant des informations aux enquêteurs. Une trahison qu’il paient souvent cher… Mais dans la capture le mois dernier à Marseille de Giuseppe Falsone, parrain de Cosa Nostra, la mafia sicilienne, le mouchard n’était autre que son ordinateur.

Repéré en France en avril 2009

Le Point raconte cette semaine l’ascension du capo d’Agrigente, une province du Sud de l’île, sa vendetta après l’assassinat de son père et de son frère, sa cavale de 11 ans. Et sa traque par « une équipe de catturandi, des policiers qui se consacrent uniquement à la recherche des « hommes d’honneur en clandestinité »« , explique l’hebdomadaire.

En 2009, lors de la découverte d’une de ses planques, ils mettent la main sur une liste de chirurgiens esthétiques français. Les soupçons d’un départ pour l’Hexagone se confirment en avril : « les services secrets (…) livrent une possible identité, Giuseppe Sanfilippo Fridola, et une éventuelle destination, Marseille« . Pas forcément étonnant, comme nous vous l’expliquions en juin.

Friand des chroniques d’Agrigente

La suite est à la limite du scénario de cinéma : les enquêteurs savent que les mafieux, et notamment Falsone, sont friands de la lecture de Grandangolo, un journal en ligne qui livre des véritables chroniques de la mafia d’Agrigente. « Alors que le site n’avait jamais été visité depuis la France avant avril 2009, les policiers voient, à partir de cette date, les connexions françaises à Grandangolo se multiplier« , révèle le Point. Après un passage par plusieurs villes de France, elles se fixent à Marseille.

Ce qui déclenche l’envoi d’une équipe sur place. La suite est connue : après avoir fait dans un premier temps chou blanc, ils tombent sur un permis bateau au nom de Giuseppe Sanfilippo Fridola. Quelques vérifications plus tard, le parrain est coffré et, malgré ses dénégations, identifié par un test ADN.

Début juillet, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a ordonné son extradition vers l’Italie. Là-bas, deux condamnations par contumace à la perpétuité pour assassinat et à douze ans et demi de prison pour participation à une organisation mafieuse l’attendent. Le 14, le président de la province d’Agrigente et plusieurs maires ont organisé un « jour de la libération« , avec messe et procession aux flambeaux.

Un lien (Encore) un parrain arrêté à Marseille, sur Marsactu

Un lien Pour les italophones, 50 pages d’enquête par le magazine Fuoririga

Un lien Et bien sûr le site Grandangolo, qui fourmille d’articles sur Falsone

Cliquez sur la carte pour voir la planque de Falsone :


43 Boulevard Notre Dame, 13006 Marseille, France

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