Le multiplexe de Luc Besson fait son come-back sans les dauphins

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le 4 Sep 2013
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Comme le dauphin refait surface pour respirer, le multiplexe de Luc Besson fait un retour discret du côté d'Arenc. A peine un panache de vapeur à fleur de l'eau, sous la forme d'une demande déposée fin juillet par Christophe Lambert, le directeur général d'Europacorp auprès de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) en vue de la réalisation d'une étude d'impact. Nul besoin de filer la métaphore delphinée, la coque en hommage au Grand bleu dessinée par l'architecte Massimilliano Fuksas ne figure plus dans les images du dossier.

Quant aux vues d'architecte qui circulent, c'est encore sous le manteau : contacté, le concepteur du projet, Christian Marina, décline toute proposition d'interview tout comme son client, Europacorp. C'est qu'il y a un signe indien à conjurer. Présenté comme l'emblème de l'opération Euromed Center, symbole de l'audace architecturale d'une ville qui bouge, le projet de multiplexe de 14 salles faisait ricaner toutes les Cassandre. Sous le coup d'un recours déposé devant le tribunal administratif par son concurrent, UGC Méditerranée, le projet semblait destiné à l'oubli. Le voilà donc remis à flot : l'étude d'impact est l'étape obligatoire pour tout projet dépassant les 10 000 m2. Elle précède le dépôt d'un dossier devant la Commission départementale d'aménagement commercial (CDAC) et la demande d'un permis de construire.

"Procédure relancée" 

"L'ensemble de la procédure est relancé, se félicite Paul Colombani, directeur général adjoint de l'établissement public Euroméditerranée. Europacorp a changé de directeur général il y a près d'un an et demi. Sa situation financière s'est considérablement améliorée. La société veut asseoir ses activités sur un triptyque : la production, la distribution et la diffusion. Ils viennent de lancer les travaux d'un multiplex à Roissy dans le cadre du projet Aéroville. Le concept est plus ou moins le même à Marseille"

L'idée est d'aller à rebours des cinémas des bords d'autoroutes basés sur le flux continu de spectateurs, du parking aux salles. Dans le futur cinéma d'Euromed Center, au contraire, les 3400 spectateurs (pour 2803 sièges) sont invités à rester. L'offre se veut diversifiée avec des salles prestige, des salles lounge et d'autres plus petites. Certaines salles possèderont un bar et le multiplex, une boutique. "Leur idée est de dissocier l'offre, reprend le cadre d'Euromed. De sortir de la seule vente de pop corn et de cornets de glace".

U​n phasage encore flou

Au-delà de la stratégie commerciale, Europacorp doit encore contourner quelques obstacles. Ainsi alors que le recours déposé par UGC est en cours d'examen devant le Conseil d'Etat, Europacorp relance une nouvelle procédure en parallèle. "Ils peuvent bénéficier du changement de procédure, explique encore Paul Colombani. Désormais les projets de ce type passent devant la CDAC mais les recours ne passent plus par le tribunal administratif mais devant la commission nationale d'aménagement commercial". Cette nouvelle procédure permettrait donc de réduire le délai de recours et d'envisager un permis de construire validé courant 2014 pour une livraison fin 2015.

Pour l'heure, ces dates restent très hypothétiques, tout comme la possibilité d'un recours. UGC a lancé un projet de multiplexe à Vitrolles et a même envisagé de s'associer à Europacorp dans la gestion de la salle d'Euromed. En revanche, MK2 continue d'envisager d'installer un cinéma en haut de la Canebière et pourrait faire la course avec Europacorp pour ouvrir en premier. 

Dans le dossier de l'étude d'impact, la facture générale du bâtiment reste floue. On devine plusieurs bâtiments disjoints mais point de dauphins. "Massimiliano Fuksas a été consulté sur ce projet. Il a une mission de coordination sur l'ensemble des projets d'Euromed Center, indique-t-on à Euroméditerranée. L'idée du signal a été conservé". Sur le plan de masse, celui-ci ne saute pas aux yeux. Le multiplexe s'ouvre sur le jardin d'Arenc et le projet est passé du bleu au vert. Des plantations devraient occuper les abords et le toit d'un des trois bâtiments prévus. "Effectivement, les toitures doivent être plantées ou carrossées, précise-t-on encore à la Joliette. Les toits seront visibles depuis les tours d'Arenc. Il n'est pas question qu'on puisse y voir les blocs techniques. Cela pourrait être recouvert d'une sorte de résille"

Quant au parking souterrain, il a été supprimé pour améliorer l'économie générale du projet. Les cinéphiles utiliseront le parking d'Euromed Center ou les transports en commun tout proche. D'ici la livraison du cinéma, ils pourront même venir en train…

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